‹ Les soirées parisiennes de 1874- 1884Chapitre 57 sur 112 · TROISIEME CONVERSATION · texte numérisé non relu

TROISIEME CONVERSATION

Vl. CASTELLANO, directeur des Théâtres-Historique et du Châtelet, et MM. RITT et LARO- CHELLE, directeurs de la Porte-Saint-Martin.

M. Castellano. — Votre situation m'inspire de séieuses inquiétudes.

MM. RiTT ET Larochelle [effrayés). — Les- [uelles ?

M. Castellano. — On assure que vous voulez coninuer à jouer le drame.

M. RiTT et Larochelle. — Sans doute. Notre héâtre n'est-il pas un théâtre de drame? Nos acteurs le sont-ils pas des acteurs de drame?

M. Castellano. — Et qu'importe? Ne voyez-vous

'as que le drame se meurt, que le drame est mort?

MM. RiTT et Larochelle. — Tel n'est pas notre

; vis. D'ailleurs, nous varions notre programme. C'est

jinsi que nous reprenons le Tour du Monde, une

^ ierie.

\ M. Castellano. — Ah! mes pauvres amis, quelle \ )lie ! Je vous en conjure, il en est temps encore, re- I oncez à ce funeste projet. Reprendre le Tour du ^ fonde, mais c'est insensé! Vous allez faire des frais t msidérables pour réaliser des recettes infimes! ; MM. RiTT et Larochelle. — Il faut bien pour- > nt que nous jouions quelque chose!

M. Gastellano (d'un air fin). — Ah! si j'étais di recteur d'un magnifique théâtre comme le vôtre, j^ sais bien ce que je ferais.

MM. RiTT et Larochelle. — Que feriez-vous?

M. Gastellano. — J'y monterais immédiatemen l'opéra. Ne voyez-vous pas que ce qui manque aujour d'hui, ce sont les théâtres lyriques? Ge que veut 1 public, c'est de la musique, toujours de la musique encore de la musique!

QUATRIÈME GONVERSATION

M. GOMTE, directeur des Bouffes-Parisiens^ et M. KONING, directeur de la Renaissance.

M. Gomte. — Mon cher confrère, je ne vous dissi m nierai pas que c'est avec un véritable chagrin qu je vous vois persister à jouer l'opérette.

M. KoNiNG {surpris). — Pourtant, mes recettes soi excellentes.

M. GoMTE. — Pour le moment peut-être. Mais vous continuez, vous finirez infailliblement par voi ruiner.

M. KoNiNG. — Rien ne le prouve. J'ai de nombreu traités avec Lecocq, Meilhac et Halévy, ils ont di engagements avec moi; je possède une étoile qui ; vaut bien une autre : Jeanne Granier...

— M. GoMTE. — G'est précisément là ce qui m'e fraye pour vous. Supposez un instant que Lccoi tombe malade, que Meilhac et Halévy cessent d'écrir que M"'' Granier perde sa voix. Voyez votre siiuaiio elle est terrible. En moins d'un an, vous êtes ruiné i fond en comble.

M. KoNiNG. — Selon vous, que dcvrai^-jc laire?

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M. Comte. — A votre place, je renoncerais à l'opé- •ette. Du reste, c'est un genre condamné! Voilà dix ins que Sarcey annonce toutes les semaines que l'opéette vient de rendre le dernier soupir. Croyez-moi, ibordez la comédie dramatique.

Les directeurs ainsi conseillés suivront-ils les ex- ;ellents avis de leurs confrères ?

Entre nous, il est permis d'en douter.

JUIV^.

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