LA REVUE DES VARIETES
14 novembre.
Pour peu que vous soyez joueur et que vous croyiez
la série, vous comprendrez la confiance illimitée ivec laquelle M. Bertrand vient de monter sa Revue le fin d'année.
Jusqu'à présent, le directeur des Variétés ne nous ivait pas habitués à tant de luxe pour ces sortes de spectacles.
Il donnait tous les ans timidement, bourgeoisement,
pour ne pas manquer à la tradition, une petite revu de proportions modestes, qui durait une heure ai plus et dans laquelle on pouvait admirer trois décors dont deux toiles de manœuvre. Quelques rares cos tûmes et le dessous du panier de la troupe, c'était aux yeux de M. Bertrand, plus qu'il n'en fallait pou payer son tribut aux amateurs de flonflons, d'imita tions et de parodies.
Mais cette fois le directeur des Variétés n'a vouli reculer devant aucune dépense.
Niniche lui avait créé de longs loisirs et lui avai fait empocher de gros bénéfices; ce sont les auteurs d' la Revue qui en ont profité.
Plus le succès du vaudeville de Hennequin et Millaud se prolongeait et plus M. Bertrand tenait à pro diguer les tableaux, les trucs, les changements à vue les effets de costume.
M. Raoul Toché, un débutant en fait de revues associé à M. Ernest Blum, un vétéran du genre, a ei le bonheur de faire ses premiers pas sur un terrain o( tous, directeur, administrateur, régisseur, décorateur costumier, artistes, s'ingéniaient à semer des fleurs.
Ajoutez à cela la chance inappréciable qu'il a eui d'arriver bon premier, avant tous les autres reviewer. concurrents, d'avoir eu à exercer sa verve sur les millt et un événements pittoresques d'une année exceptionnellement remplie, et vousreconnaîtrezque notre jeum confrère peut se vanter d'être gâté par le sort.
Bien que les décors et les costumes jouent, dans 1 Revue des Variétés^ un rôle naturellement fort important, on ne s'attend pas, de ma part, à une descriptioi fidèle et détaillée des dix-sept tableaux de M. Robec chi et des costumes fort réussis de Draner.
On sort des Variétés avec l'impression d'un monsieur qui aurait vu les bonhommes de Cham, les caricatures du Journal Amusant, les dessins de la Vie Pa-
'isienne s'animer subitement pour se livrer autour de ui à une sarabande animée.
Dans l'album de M. Robecchi, une page a fait senlalion : celle de l'ascension du ballon captif qui reproduit, dans le sens vertical, l'effet du navire de Coco.
Par une manœuvre ingénieuse, tandis que l'aéros- ;at paraît s'élever lentement, majestueusement dans les lirs, les maisons disparaissent dans le dessous du théâtre, et on aperçoit, à vol d'oiseau, le panorama de Paris qui, peu à peu, s'illumine et finit par nous montrer le spectacle grandiose de la ville tel qu'on aurait pu le voir, dans la soirée du 3o juin, de la nacelle du ballon Giffard.
L'effet est curieux. Il s'est trouvé, dans la salle, des personnes qui ont eu le vertige comme il y en a, à Coco^ qui ont le mal de mer.
— M. Bertrand, disait-on, aurait pu profiter de la circonstance pour mettre toutes ses places à un louis !
Avec la Cigale et Niniche l'élément féminin de la troupe des Variétés était visible partout — excepté aux Variétés. Les petites étoiles étaient passées à l'état d'astres errants. On les exilait tantôt au boulevard de Strasbourg, tantôt au square des Arts-ct-Métiers ; les coulisses du théâtre du boulevard Montmartre étaient tristes, désertes.
Voilà le mouvement, voilà la vie revenus !
Rarement une revue aura réuni autant d'artistes charmantes.
Elle sert de rentrée à Céline Ghaumont, à M. et ^me Grivot, à M""® Delessart.
Ghaumont n'a été introduite dans la revue qu'à la veille de la première. Je puis me dispenser de raconter comment on l'a décidée à accepter cette intercalation, puisqu'elle se charge elle-même d'en faire le récit au public. La spirituelle artiste a carrément empiété ce
soir sur les terres réservées de la Soirée théâtrale. Cependant, ce qu'elle n'a pas dit, c'est que l'idée d'avoii Chaumont dans la Revue était caressée, depuis longtemps, par les auteurs et le directeur^ mais que personne n'osait lui en parler. Chacun des auteurs s'es présenté plus de vingt fois devant elle, a ouvert k bouche, puis s'est enfui sans aborder le sujet.
j^me Grivot, qui appartient depuis un an à la troupe des Variétés, où elle n'a pas encore eu l'occasion de s( produire, nous revenait aujourd'hui. Au tableau dt ballon captif, c'est à elle que les auteurs ont confié h délicate mission de représenter Sarah Bernhardt. Il pa raît qu'en vue de cette création, Mme Grivot avait essayé de se faire maigrir. Elle n'a jamais pu y réussir
M""® Delessart nous revient de Russie. On ne l'avai pas vue sur une scène parisienne depuis \q Roi Can daule au Palafs-Royal, où elle jouait encore sous k nom de M"*® Priston. M™^ Delessart est restée la joli< femme que vous savez. Son costume de bouquetière tricolore lui sied à ravir, et à l'acte des théâtres elk s'est ciânement planté un évantail dans les cheveux er guise de peigne. Cet éventail est une vraie trouvaille
Quant à Grivot — n'ayant pas à l'apprécier commt comédien — je veux constater du moins qu'il a apporte aux auteurs de la Revue le concours de sa dislocatior précieuse. A côté de Guyon, de Germain et de Danie Bac, tous nés avec l'instinct de la pantomime, i tombe, bondit, reçoit et distribue les gifles avec um précision dont à partir de ce soir les Hanlon n'on pi lis le monopole.
Parmi les costumes, il en est quelques-uns qui méritent une mention particulière.
Celui d'Angèle en « vin espagnol » par exemple, Ah I si les bouteilles de l'Exposition espagnole avaiem eu ces formes -là I
Gabrielle Gauthier représente le Touriste — le petit
/apeur-restaurant qui naviguait entre Paris et Saintjermain. J'ai peu vu de matelottes aussi appétis- ;antes.
— Savez-vous, me demande un voisin distrait qui 3ense évidemment au bateau en regardant la femme, savez-vous si l'on déjeune toujours à son bord?
— Non, monsieur, je ne sais pas !
M"^ Beaumaine est gentille à croquer dans son costume de trois pour cent amortissable. On en prendrait — jugez un peu 1
Les petits bouts de rôle ont, notamment, une scène de bars français et étrangers, spécialement dédiée aux fauteuils d'orchestre. Au besoin, on pourrait charger les ouvreuses de glisser de temps en temps à l'oreille de MM. les gommeux ces simples paroles, qui paraîtront toutes naturelles dans la bouche d'une ouvreuse :
— N'oubliez pas les petits bars, s'il vous plaît !
M^'^ Angèle, déjà nommée, a eu un grand effet d'entrée dans un costume reproduisant aussi exactement que possible, l'un de ceux que porte Capoul dans Roméo.
Quand Angèle, ainsi travestie, est descendue pour la première fois sur le théâtre, elle a fait sensation parmi ses petites camarades. Machinalement, une des plus jolies demoiselles de la maison, s'effaçant sur son passage pour lui faciliter son entrée, lui a dit :
— Par ici, joli garçon !
On comprend que le phonographe n'a pas été oublié dans la revue. Il y en a trois qui jouent une scène dans la salle. Les instruments sont en carton, et on en fait sortir la voix à l'aide de cornets acoustiques placés sur la scène. L'illusion est complète. D'ailleurs, pour installer ces faux phonographes, les auteurs sont allés chercher notre confrère Pierre Giffard, le cornac du phonographe Edison à Paris. M. Giffard, ce soir, était au moins aussi ému que les auteurs.
— lime semble, nous disait-il, que je vais assiste aux débuts d'un des miens !
Entre le second et le troisième acte, Judic est des cendue sur la scène. Avant de quitter Paris, elle a vouli offrir du Champagne à ses camarades et aux musicien de l'orchestre des Variétés.
On a bu au succès de Niniche, k Bruxelles.
Et un peu aussi à celui de la Revue des Variétés à Paris.
i5 novembre.
En donnant hier, vendredi i5 novembre, un spec tacle coupé, comprenant trois pièces inédites en ui acte, M. Montigny a manqué à ses plus chères habi tudes. Généralement, il réserve les programmes de c genre pour l'époque de la canicule. Les exceptions son assez rares pour être remarquées, et celle-ci, entre au très, doit avoir sa raison d'être.
Je crois que ce n'est pas seulement pour cause d'Exposition que le spectacle coupé et annuel du Gymnas nous arrive cette fois avec les frimas. Il paraîtrait qu la direction attache à celui-là une certaine importance Outre les éléments dont il se compose déjà avec la Dé dicace, la Navette et les Bottes du Capitaine, il ser renforcé, dès la semaine prochaine, d'un acte inédit d* Gondinet... et un acte de Gondinet, vous savez que ç; peut mener loin.
Par suite d'une nouvelle coïncidence de première > que MM. les aimables directeurs du Gymnase et de i Variétés ont bien voulu nous ménager pour hier, j» ■ n'ai pu me rendre que ce soir boulevard Bonne-Nou velle.
L'une des trois pièces que j'y ai entendues, la Na
NOVEMBRE. 36j
ette, est certainement appelée, comme les quelques
suvres connues de son auteur, à provoquer dans la
aile du Gymnase ce que la sténographie parlementaire
Qtitule : « des mouvements prolongés. » C'est une
pécialité de M. Becque; cet écrivain très-intermittent
fifectionne les sujets scabreux. Pour lui le succès
['une pièce n'est pas dans le nombre de représentations
u'elle obtient, mais dans le tapage qui se fait autour
/elle. Sous ce rapport, Michel Pauper, d'orageuse
némoire, est resté son chef-d'œuvre. Sans m'arroger
s droit de juger la Navette, je crois que M. Monti-
;ny a dû escompter un peu les vives critiques que
ette peinture de mauvaises mœurs ne manquera pas
le soulever dans la presse, lorsqu'il l'a fait entrer dans
a composition de son affiche actuelle.
Ce n'est certainement pas un mauvais calcul.
Encore voué, dans la Navette^kun rôle qui rappelle,
n l'accentuant, sa remarquable création de Monsieur
Alphonse, Achard est, paraît-il, désolé d'être toujours
hoisi pour représenter un pareil type. On lui doit as-
urément une compensation morale, et son directeur
lurait promis de lui donner un rôle d'amant ou même
le mari trompé dès que l'occasion s'en présentera.
La Dédicace de MM. Georges Petit et Hippolyte ilaymond, était reçue au Gymnase depuis plusieurs innées déjà. Les auteurs, las d'attendre, ne songeaient plus à cet acte lorsqu'ils reçurent un premier bulletin de répétition. Au premier abord, ils crurent |u'il s'agissait d'une comédie en trois actes qu'ils ont ;galement fait recevoir au Gymnase. En apprenant au héâtre qu'on ne les avait convoqués que pour leur vaudeville, ils éprouvèrent une certaine déception, vlais ce premier mouvement de contrariété se dissipa )ien vite, car ils se dirent que de cette façon, du moins, Is pourraient attendre plus patiemment la mise à 'étude de leur grande o'èce.
On ne travaille jamais très-vite au Gymnase, mais la Navette et la Dédicace surtout se sont répétées longuement. A force de redire chaque jour, depuis trois mois, le dialogue de ces deux pièces, les artistes, voulant rompre la monotonie de ce travail, en étaient arrivés à introduire certaines variantes dans le texte primitif.
C'est ainsi qu'un jour, les auteurs de la Dédicace entrant dans le foyer où se répétait leur pièce, furent tout surpris d'entendre les artistes chanter les scènes principales.
Ils crurent qu'on avait transformé leur pièce en opérette sans les consulter.
L'un d'eux, M. Georges Petit, adonné au culte du drame et de la comédie, ne peut justement souffrir ce genre qui lui inspire une haine aussi féroce qu'au farouche lundiste du Temps.
En revanche, la pièce de M. Paul Parfait, les Botter du Capitaine, a été lue et montée au dernier moment, en moins de deux semaines.
Du reste, notre sympathique confrère avait trouvé un moyen très-spirituel de harceler M. Montigny, à partir du jour de la réception. D'abord, la pièce était intitulée : Les Godillots du Troupier. Voyant qu'elle restait dans les cartons encombrés du Gymnase, M. Paul Parfait se mit à monter une scie à son directeur.
Un jour, il entra comme une bombe dans le cabinet de M. Montigny de l'air d'un homme inspiré :
— 11 faut changer le titre de ma pièce, s'écria-t-il ; si nous appelions cela les Bottes du Sergent !... Un simple pioupiou, c'est bien peu pour un théâtre comme le vôtre I
Naturellement le directeur, flatté dans son amourpropre, accepta le sergent.
A partir de ce moment, Parfait fit chaque semaine
NOVEMBRE. SÔQ
ine démarche semblable ayant pour but de faire moner en grade le personnage principal de sa pièce, de sorte qu'il a bien fallu arrêter ce manège au grade de :apitaine, sans cela l'auteur ne se serait pas lassé dans la voie des promotions.
— Au besoin, disait-il hier, j'en aurais fait un maréchal de France!
i8 novembre.
Le Gymnase vient de compléter son spectacle coupé en y ajoutant un acte de M. Edmond Gondinet.
Il est question, dans les Cascades, d'un fait qui se présente assez fréquemment dans le monde où on ne s'ennuie pas : un portrait donné à une jolie grignoteuse de pommes par un grave personnage.
Dans la nouvelle comédie de Gondinet, le grave personnage est un magistrat de province. L'auteur aurait pu avec tout autant de vraisemblance, choisir son modèle dans les hautes sphères du parlementarisme, car il n'y a pas très-longtemps encore qu'un député de la gauche s'est vu dans une position analogue à celle de Landrol.
Comme ce dernier, notre législateur galant avait accordé toute son estime à une charmante actrice. La belle enfant semblait follement éprise de lui et ne cessait de lui réclamer sa photographie.
— Cela m'aidera à supporter les douleurs de l'absence, lui disait-elle de sa voix la plus câline; chaque fois que tu me lâcheras toute la journée pour t'occuper de ta République, je pourrai, du moins, contempler ton image.
Comment résister à un désir si tendrement exprimé? Le député, pour satisfaire sa petite amie, se fit tirer à<
douze exemplaires, dont un treizième en plus, selon l'usage, — par un photographe qui lui fit prendre devant l'objectif la pose célèbre de Mirabeau tonnant.
L'actrice reçut l'un de ces portraits avec une dédicace des plus expressives.
Rien n'est éternel en ce monde, pas même les liaisons galantes des personnages politiques. Il y avait déjà quelques mois que le député de la gauche avait rompu avec la belle, lorsque un jour il croisa, dans les couloirs de la Chambre, un député de la droite, qui s'arrête brusquement en lui disant à brûle-pourpoint:
— A propos, mon très-cher collègue, il paraît que vous êtes chargé par la i58* commission du rapport sur mon élection dans la Bièvre-Inférieure?
— En effet, répliqua l'homme de gauche un peu embarrassé, j'aurais même été fort heureux de vous être favorable, mais...
— Vous proposerez l'invalidation , n'est-ce pas?... Cela doit vous être très-pénible... On vous dit si bon enfant!... Tenez, hier encore, une de mes meilleures amies, la petite Z.. , me parlait de vous en termes plus que flatteurs.
— La petite Z..., balbutia le rapporteur féroce en entraînant fvivement son interlocuteur dans un coin plus désert, vous connaissez la petite Z...?
L'entretien se continua à voix basse. Le député monarchique eut soin de raconter à son collègue d'en face que le portrait de celui-ci ornait l'alcôve de l'actrice en question. Il voulut bien même se charger de faire disparaître de cet endroit une pièce de conviction aussi dangereuse pour le prestige d'un représentant de la nation.
En revanche, lorsque vint le jour de la vérification des pouvoirs du député si complaisant, le rapporteur, à la grande stupéfaction de ses coreligionnaires politique, proposa carrément la validation et la fit^nême
NOVEMBRE. 3y I
oter après des efforts d'éloquence dont on ne l'aurait imais cru capable .
Cette petite historiette parisienne prouve que les lommes les plus divisés en apparence peuvent touours avoir un point de contact.
La charmante actrice fut enchantée d'un résultat [ui lui était bien dû, en somme. Toutefois, cette joie le fut pas sans mélange, et la pauvre enfant s'écria nen des fois depuis avec l'élan d'un cœur généreux :
— Que n'ai-je pu sauver tous ceux qu'ils ont invaidés!
Enfouie au fond d'une baignoire bien obscure, j'aperçois Jeanne Granier,
C'est la première fois depuis dix mois qu'elle ne joue pas et cette seule idée la rend toute triste. Au besoin, elle oublierait la fatigue dont elle se plaignait, il y a quelques jours encore, pour recommencer une nouvelle série de représentations du Petit Duc. Ce repos qu'elle a tant désiré, elle en est lasse dès le premier jour.
— Ce soir, à sept heures, en rentrant chez moi, me dit-elle, les larmes aux yeux, j'ai commencé à me maquiller selon mon habitude pour aller à la Renaissance... c'était plus fort que moi.
Ce qui contribue à expliquer les regrets de Granier, c'est qu'hier soir, à l'occasion de la dernière représentation du Petit Z)wc,elle a été l'objet de manifestations à la fois touchantes et flatteuses. Après son fameux rondeau du second acte, plus de vingt bouquets lui ont été jetés sans préjudice de tous ceux qui ont été envoyés dans sa loge; dans le nombre, il en était un qui formait un immense oreiller tout en roses rou-^ ges, blanches, jaunes et roses, groupées par couleur et tenues aux quatre coins par de grands nœuds en satin.
Mais bien qu'on ait tenté d'adoucirjpour elle le mo-
372 LES SOIRKES PARISIENNES.
ment navrant des adieux, Granier contemple la mignonne, la charmante Legault d'un œil d'envie.
— Elle est bien heureuse, murmure-t-elle , elle joue!
Malgré cette rapide nostalgie des planches, la petite diva de la Renaissance est décidée à prendre un peu de repos ; à moins pourtant qu'un imprésario tentateui lui fasse de ces offres brillantes qui décident les étoiles à changer de firmament.
J'ai revu la Navette. La pièce de M. Becque, avec le monde qu'elle met en scène, et surtout avec le langage cynique de ses personnages, produit dans la salle des impressions bien curieuses à observer.
— Je suis bien content, s'écrie devant moi un jeune homme d'ailleurs fort distingué, je suis bien content de n'avoir pu trouver qu'une place. Pensez donc que j'ai failli venir avec ma maîtresse !