Les Volontaires à cheval, p. i
2. Souvenirs du Bataillon des Zouaves pontificaux, 2« édition, p. 151.
gardant leurs armes et devant être conduits à la frontière des États sardes, d'où ils pourront regagner leurs foyers.
» Rien de mieux; i'i ont cédé devant le nombre; ifs étaient un contré douze. Deux heures après, on les a jetés en prison dans les casemates, puis envoyés à Livourné après leur atoîf enlevé argent, effets de prix, s'ils en avaient, etc.; à Llvourne, fourrés dans les cachots, d'où* l'on promet de les embarquer pour Gênes; et, pendant cé temps, non-seulement les populations, mais les soldats piémontais et leurs officiers, les preux du roi galant* homme, les accablent d'injures, de brutalités et de coups.
» Voilà comment le* régénérateurs entendent l'honneur militaire et traitent un ennemi vaincu à qui le sort des armes a été contraire. »
Le bravo Servet adressait, en 4860, à sa pieuse mAre, une lettre admirable, dont voici un passage :
« ...Nous fûmes obligés de traverser une rue de Pesaro, escortés par quatre hommes et un caporal piémontais, ou du moins en portant l'uniforme; car, sur ces cinq galants hommes, il y avait un Ang'ais et un Allemand, un Hongrois, je CTv'ii. La canaille s'ameuta sur notre passage; on frappa môme trou chasseurs romains, prisonniers comme oous, et dout S un avait une légère blessure au bras. Le caporal piémontais riait a la vuo de ces infamies et disait à ces handiti : « Frappez, c'est dur. » Un officier vint à passer. Je me plaignis à lui des mauvais traitements de noireescorte, supposant que, en Piémont comme en France, on a le respect de l'ennemi vaincu et désarmé; mais «hon-
neur au courage malheureux î » n'a jamais pu se traduire en piémontais. L'officier haussa les épaules, nous regarda et dit : « Brigands, barbes de chiens, vous vous plaignez, quand on devrait vous fusiller! » Puis il continua son chemin en recevant une digne ovation de la canaille.
» Pour manger, on nous donna du vieux pain de munition et de la soupe dont n'aurait pas voulu mon pauvre chien Black. On nous enferma dans une salle humide et infecte. Nous y passâmes la nuit sur le carreau ; car je ne parle pas d'une vingtaine de brins de paille dissémines cà et là comme pour nous narguer. Faute de mieux, je dus me coucher sur la pierre; j'étendis ma veste sur moi, et je m'endormis en pensant à vous. Le lendemain matin, à mon réveil, jo grelottais; ma veste avait disparu; on me l'avait volée pendant mon sommeil ; mais le sergent piémontais du poste me dit qu'il me procurerait une bonne capote moyennant cinqécus romains; c'était tout ce qui me restait, et encore je les avais sauvés de leurs mains en les cachant je ne vous dirai pas où. Je dus en passer par là; il m'apporta bientôt une capote sale et déguenillée, qui ne valait pas vingt baïoques, et j'eus de la vermine pour plus que mon argent. On nous dit que nous allons à Alexandrie; cela me rapprochera toujours de la France et de vous, ma bonne mère. Je ne demande qu'une chose à Dieu : revoir le ciel du pa^s, et vous embrasser encore une fo s puis je repartirai pour Rome; car je ne crois pas avoir paye toute ma dette au Saint-Père. Dieu m'a fait la grâce lie m'épargner à Cl ^elfidardo; et comme j'ai juré
de verser mon sang pour Pio IX, dont la cause est la nôtre, je saurai tenir mon serment.
« Se r vet, t Volontaire pontifical »
^ Triste moment! dit Alfred Nalbert dans ses notes inédites sur le combat du 18 septembre. Hélas! quand on fit l'appel du soir, à Loreto, combien d'entre nous, le matin pleins de jeunesse, de force et d'avenir, ne répondirent pas à l'appel de leurs noms! Quatre-vingts volontaires à peine se pressaient autour de leur commandant, et dans quel état, la plupart!
» De grosses larmes tombèrent de tous les yeux quand notre aumônier, monseigneur Sacré, commença le De Profundis! Avec quelle ferveur on ?e dit avec lui! Ces voix funèbres, cette prière de miséricorde, qu'on entendait dans la nuit comme les murmures d'un autre monde, me remu ' rent profondément le cœur !
».On s'étendit sur les dalles pour tâcher de goûter un peu de repos, sans paille, sans couverture, par une nuit de glace. Nous ne pensions même pas à prendre quelque nourriture, tant nous étions harassés, tant surtout nous avions le cœur serré !
• Dans la nuit, il y eut quelques alertes ; car on craignait à toute minute l'attaque de Loreto par les Piémoniais. Au jour, nous allâmes visiter nos pauvres blessés, installés dans l'église miraculeuse, sous la protection de la
ilb LES SOLDATS DU PAPE
vierge Lauretana, et confiés aux soins des bonnes sœurs de saint Vincent de Paul, toujours si courageuses et si dévouées.
» La triste journée du 49 septembre 4 86Ç restera toujours présente à ma mémoire. Plus calmes que la veille, plus clairvoyants, nous comprenions toute l'étendue de notre malheur et les douloureuses conséquences de notre défaite. — Pie IX allait-il donc être livré à la merci de ses ennemis! Allions-nous résister encore, tenter une lutte désespérée, hérisser Lorcto de barricades, ainsi que le proposaient quelques enfants de Paris?... Hélas! le mot de capitulation se fait entendre et emporte notre dernière illusion; car nous ne voulions pas voir encore que nous étions tout à fait vaincus!
» La France viendra! disait-on avec une confiance fiévreuse.
» La F/ance ne vint pas. Le général Cialdini avait fait Irop vite!
» Voyez-vous ces quelques hommes, debout, le front penché, les bras croisés devant leurs faisceaux? Ils attendent que leur commandant ait signé la capitulation. — Puis ils partent pour Porto-Recanati, passant devant le front de ''armée piémonlaise qui présente les aimes à la lueur des torches plantées au bout des fusils. Les Officiers sardes saluent du sabre, les tambours battent aux champs, les musiques retentissent... et nous déposons nos armes en js aux pieds de ces soldats qui, vingt fois plus nombreux, n'ont pas su nous les prendre!
» Voilà pourtant ce qu'on appelle les honneurs de la
guerre! O honte et douleur!
» Le lendemain, 20 septembre, on nous permet de nous promener dans !a ville. J'entendis le général Cialdini dire au comte de Beedelièvio: . "
» — Commandant, vous devez être fier de commander de pareils gaillards! «'• .
» Le commandant lui répon lit :
» — C'est vrai, général ; mais vous me feriez plaisir si vous vouliez m'ecrire ce qne vous me dites là.
» — C'est inutile, répondit le général, toute l'Europe lo saura. „ -,
» Cialdini désirait nous voir de près, et, de notre côté, la curiosité n'était pas moins grande; aussi l'entourionsnouc sur la place et une conversation s'engagea-t-elle entre lui et nous, — officiers, guides et Franco-Belges. Quelques-uns l'interpellèrent et obtinrent des révélations qui dessillèrent subitement nos esprits sur le compte du gouvernement français. Quant à moi, je me permis d'adresser au général des observations sur la grêle de mitraille qu'il avait fait pleuvoir sur l'armée romaine, avant, pendant et après le combat; à quoi il répondu par cette explication dérisoire, que c'était pour nous épargner, en rendant le combat dès l'abord impossible. Il parut un peu vexé, je dois le dire, lorsque je lui fis remarquer qu'une balle avait traversé son écharpe, juste derrière le dos.
» Le lendemain, 21 si r)tembre, nous partons pour Gènes, sous la garde d' in bataillon sarde, commandé par lo
mirable exemple, de la part de soldats qui avaient été pri- /és pendant plus d'un mois des choses les plus nécessaires à la vie!
J'aime à rappeler ce fait si flatteur pour les volontaires de Saint-Patrick, dont j'ai pu, dans les dix jours que j'ai eu l'honneur de les commande^ apprécier l'esprit d'ordre et de discipline, comme j'avais apprécié, dans le combat, leur énergique bravoure.
Mon frère amena de Southampton le vapeur La Dee, qui, cinquante heures après, faisait, dans le canal de Saint- Georges, une entrée véritablement triomphale.
Les vertes collines couvertes de ma-ses vivantes, répondant par des tonnerres de hurrahs aux cris de joie des soldats grimpés dans les vergues, des milliers de bras agitant les bannières et les écharp^s aux couleurs nationales de l'Irlande, vingt navires pa\oisés, chargés de monde, de musiques et de fleurs, nous escortant ou tournant autour de la Dee, un concert inénarrable de cris d'enthousiasme, de bravos, d'hymnes, de symphonies, de hurrahs frénétiques!... Jamais je n'oublierai cette admirable scène.
Un homme est monté sur le pont du vapeur. C'est John- Francis Maguire, député de Cork au parlement britannique. Au nom de l'Irlande, il félicite ceux de ses enfants qui ont été soutenir à Rone l'honneur et la foi de leurs pères. Ses magnifiques paroles sont accueillies par un renouvellement d'acclamations enthousiastes.
— Mes amis, demande le grand orateur, où est celui de nos frères de France ç;ii vous ramène à l'Irlande
— Le voici! le voici 1 crièrent en même temps mille voix.
M. Maguire vint à moi et m'embrassa avec effusion, aq milieu d'un ouragan de bravos et de cris affectueux. C'en était trop pour mes pauvres forces; à bout de fatigues et d'émotions, je sentis comme un grand déchirement dans ma poitrine et je perdis connaissance dans les bras de l'illustre Irlandais.
Ces huit jours de fatigues incessantes avaient fait rouvrir la blessure que, deux mois auparavant, j'avais reçue dans la poitrine, à Castelfidardo.
Transporté au cottage de M. Maguire, je fus entouré, pendant plusieurs jours, des soins les plus affectueux, les plus * fraternels, et dont je garderai toujours le reconnaissant souvenir.
Quelques semaines aprè6, je quittais l'Irlande, emportant de ce noble pays uno impression de joie et de tristesse, — de joie pour l'avoir vue si ardemment attachée à la foi de ses pères, — de tristesse .pour l'avoir vue dans toute sa souffrance.
Hais l'avenir est à Dieu!...
Erin gobrahl
Un certain nombre de soldats romains n'avaient pu rallier les débris de kurs corps, pendant la retraite, et délaient jetés dans les montagnes pour n'être pas faits pri-
sonniers ; quelques-uns furent, assez heureux pour trouver des bateaux sur la plage de Porto-Recanati et pour gagner le large.
On ne lira pas sans intérêt le rapport adressé de Rome, le 3 octobre 1860, au commandant des Franco-Belges par le marquis de Cherisey, sous- lieutenant de la quatrième compagnie.
« Mon commandant,
d J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'après je combat livré sous Loreto contre les Piémontais par les troupes de Sa Sainteté, l'armée battant en retraite, je descendis de la position que nous avions occupée pendant l'action. Je rencontrai dans la plaine le général en chef, nui me dit de me diriger vers la droite.
» Après avoir aidé, avec trois de mes hommes, des artilleurs à redresser une pièce qui était tombée dans un fossé, je me dirigeai sur le bord de la mer, ou je trouvai une quinzaine d'hommes du bataillon, qui ne savaient où aller; je les emmenai avec moi sur la droite, espérant ainsi rejoindre le reste du corps.
» Nous nous trouvâmes au milieu de deux à trois cents soldats et sous-officiers, Suisses ou d'une autre nation, débandés*
» L'ennemi qui probablement nous croyait des réserves, n'avait pas encore avancé ; il faisait un mouvement en avant qui nous séparait du reste de l'armée; s'il avait
connu notre position, il pouvait nous détruire entièrement.
» J'arrivai à un petit village où nous étions passés la veille, situé sur le bord de la mer, et dont j'ignore le nom. Je tâchai d'y trouver une grande barque pour gagner Ancône, si cela était possible. La mer était très-mauvaise ; nous montâmes néanmoins dans une embarcation, mais nous fûmes obligés d'en descendre; elle prenai eau, et nous n'aurions pu faire un mille sur mer sans sombrer.
» Je me décidai à suivre le bord de la mer, espérant toujours trouver un bâtiment qui me transporterait à Ancône; ce fut en vain.
» Nous passâmes une partie de la nuit à bivaquer dans les champs, et nous arrivâmes à six heures du matin à Fermo. J'allai voir monseigneur le cardinal, qui me conseilla de m'embarquer ou de tâcher de gagner Rome à travers la montagne. Dans l'impossibilité de trouver un bâtiment quelconque, je me décidai, mon commandant, à ramener à Rome le plus de monde possible. Je n'ai malheureusement pas pu y réussir, l'ennemi nous ayant devancés sur toute la ligne.
» Le 19, à midi, nous quittâmes Fermo, nous dirigeant sur Ascoli ; nous arrivâmes vers quatre heures à Monte... petite ville très-élevée. Je trouvai là cent trente hommes environ, Suisses, Autrichiens et autres, allant tous à la débandade. Les ayant réunis sur la route, je leur demandai s'ils voulaient venir avec moi, ajoutant que je tâcherais de les ramener à Rome.
» Ces braves gens furent enchantés, et je pris le commandement de la colonne. Je trouvai un guide pour nous diriger dans la montagne, et le soir nous arrivâmes à Monte...
»> Jeils loger tout mort monde dans un grand bâtiment où je me couchai avec eux. Il y avait Une heure environ que tout le monde dormait, quand le factionnaire que j'avais placé sur Ja route vint m'éveiller, me disant qu'il voyait avancer une colonne piémontàise. Tous mes hommes se réveillent et sortent ; je leur dis de m'attendre, que j'aillais chercher l'adjudant Petré et le sergent suisse qui étaient en ville ; à mon retour, les trois quarts étaient déjà partis, une vraie panique s'était emparée de la colonne.
v Je partis néanmoins avec ce qui me restait de monde, et nous traversâmes une rivière pendant la nuit en suivant des chemins impraticables. Nous nous arrêtâmes deux heures dans une église en ruines, et au jour je repris ma route et arrivai à Montalto vers dix heures. Je reçus de la commune 20 scudi que je distribuai à mes hommes qui m'avaient tous rejoints en route. Je dois dire que nous fûmes reçus dans cette ville avec une bienveillance marquée; tous les habitants s'empressèrent de prendre les soldats chez eux pour les héberger; enfin monseigneur Tevêque me fit donner 10 scudi pour les leur distribuer ; on voyait combien ces braves gens étaient désolés des événements, et combien étaient grands leur amour et leur fidélité pour leur souverain.
* Je quittai Montalto à quatre heures de l'après-midi, et
arrivai à Forli à huit heures et demie du soir. Cette ville avait arboré les couleurs piémontaises. Les notables vinrent me prier de ne pas y entrer ; ils avaient une peur effroyable de nous ; ils nous firent loger* en dehors dans une grande église, et nous y firent apporter du pain et du vin en quantités suffisantes.
» Le 24 au matin, je repartis par une pluie battante, et arrivai le soir vers trois heures à Valzi di Monteal où nous passâmes Ja nuit ; mes hommes étaient harassés de fatigue. A cinq heures du matin, je repartis de Valzi, et après avoir traversé les plus hautes montagnes de l'Apennin, j'arrivai à Casale vers huit heures du soir.
» La ville avait déjà arboré le drapeau piémontais; néanmoins le gouverneur me fit donner un logement et de la paille, du pain et du vin en quantités suffisantes. — Je repars leî3 au malin de Casale, et vais faire halte dans un petit bourg sous Monte-Leone ; je trouvai là un sergent des douanes, portant la cocarde pontificale à son képi, et distribuant à mes hommes des proclamations de Yictor- Emmanuel. Je le fis immédiatement arrêter et l'emmenai avec moi. Cet homme montra tant de bassesse, que je ne pus me décider à le faire fusiller comme il le méritait.
» J'arrivai à un mille environ de Mora vers quatre heures du soir; cinq bataillons piémontais y étaient campés. Je demandai aux hommes s'ils voulaient tenter ce passage; ils étaient démoralises, ta moitié n'avaient plus de fusils. Je vi6 que je ne pouvais rien faire, et me décidai à rentrer dans la montagne, disant que tous ceux qui
voulaient me quitter pouvaient le faire ; ils revinrent tou? avec moi. Arrivé sur une côte inaccessible et impraticable, je résolus de former des bandes de dix hommes, et de les faire aller en différentes directions, aûn de tâcher d'en sauver au moins quelques-uns; je crois malheureusement que ce plan n'a pas réussi, car, d'après les on dit, la plus grande partie aurait été arrêtée par les Piémontais. Je passai la nuit du 23 au 24 à bivaquer dans un ravin où les quinze hommes restés avec moi eurent à souffrir considérablement du froid.
» Le 24, marchant à l'aventure et n'ayant plus de guide, j'arrivai vers midi dans une petite maison au fond d'un ravin à environ deux milles de Pulino, je trouvai à manger pour mes quinze hommes qui étaient à jeun depuis environ trente heures. Plusieurs bourgeois vinrent leur offrir à changer leur uniforme contre des vêtements de campagnards, pour leur faciliter le passage à travers les lignes piémontaises; ils vinrent tous me demander s'ils pouvaient le faire, et je ne m'y opposai point, ne voyant plus d'autre moyen possible de pouvoir les sauver. Ils me quittèrent tous vers trois heures de l'après-midi, par bandes de trois à quatre hommes, et je me trouvai seul avec le sergent-fourrier de la compagnie, Mousty, qui ne voulut pas me quitter. J'allai m asseoir avec lui sur le haut de la montagne attendant les inspirations que le ciel m'enverrait. Nous étions bien armés, et pouvions facilement nous défendre tous deux contre une dizaine de bourgeois.
» Vers dix heures du soir, arriva une bande de cinq ou
six bûcherons, qui nous entourèrent et nous firent une foule de protestations amicales ; nous nous retirâmes avec eux dans une forêt voisine, où nous nous couchâmes près d'un bon feu ; ils me dirent que nous étions à quinze milles de Terni. Le 25, je passai la journée à mi-côte dans un ravin, sur le qui vive. Nous étions traqués par une dizaine de bourgeois, en tête desquels se trouvait le sergent des douanes à qui j'avais rendu la liberté près de Mora. Les paysans, qui étaient pour nous, les détournèrent de la bonne route. Du reste, mon commandant, j'ai regretté qu'ils ne soient pas venus nous trouver, car, dans la position où nous étions, je crois que nous aurions eu bon marché d'eux.
» Nous passâmes la nuit du 25 au 26 dans une petito hutte, sous Pulino, où nous fîmes cuire des œufs sous la cendre. Le lendemain matin, nous remontâmes à une petite maison dans la montagne, où nous passâmes la journée à nous sécher d'une pluie battante, qui nous avait transpercés pendant toute la matinée. Le soir, vers huit heures, un de nos bûcherons nous conduisit à quatre milles do Terni, passant à travers une colonne de quatre cents Piémontais.
» Nous arrivâmes à trois heures du matin chez de braves • campagnardsqui nous gardèrent pendant toute la journée. Le soir, nous nous finies conduire dans une maison des environs de Terni, où nous restâmes deux jours tout à fait cachés; mais, avertis que l'on cherchait à découvrir notre retraite et qu'on était sur la bonne voie, nous par-
times pendant la nuit et allâmes nous réfugier dans une petite maison isolée, où nous passâmes trois jours. Enfin, le 2 octobre au soir, l'homme qui nous avait trouvé un guide, vint nous avertir que nous pouvions partir le soir môme. A huit heures nous sortîmes de notre refuge, et nous passâmes le pont de Terni, devant un poste de vingt Piémontais qui ne se doutèrent de rien. A un mille de là,
nous avons trouvé un espèce de char-à-bancs avec lequel nous sommes arrivés à quatre milles de Rome, n'ayant rencontré sur notre route que cinq gardes nationaux* ce qui était peu effrayant.
» Nous sommes arrivés à Rome le 3 octobre à huit heures du matin.
» Voilà, mon commandant, le rapport exact de mon voyage à travers la montagne. Mon seul regret, pendant toute ma route, a été de n'avoir pu vous rejoindre et rester avec vous jusqu'au dernier moment.
» Je suis avec le plus profond respect, mon commandant, etc.
» Marquis de Chérisey.
» Sous-lieutenant à la 4e compagnie du bataillon franco-belge • Rome, 3 octobre 1860. •
Trente-neuf Franco-Belges blessés avaient été transportés par les Piémontais dans l'église de Castelfidardrj. Voici leur3 noms et leurs blessures :
Capitaine : — Georges Guelton, 2e compagnie; balle à la tète, balle au bras , balle au flanc. — Belgique.
Sous-lieutenants : —Hyacinthe de Goësbriand , \ ^compagnie; balle à la tète, contusions de balles mortes. — Bretagne.
Paul de Parcevaux, 2e compagnie; la poitrine traversée d'une balle. — Bretagne.
Hippolyte de Moncuit, 3« compagnie; le bras cassé par
deux balles. — Bretagne.
Sergents : — Frédéric de Saint-Sernin , Ire compagnie; balle à la tète. — Verdun-sur-Garonne.
Arthur de Cavailhès, sergent porte-drapeau $ 2* compagnie ; deux coups de baïonnette. — Languedoc.
Joseph Blanc , 2* compagnie ; deux balles dans la poitrine. — Lyon.
René-François Jolys , 2» compagnie; balle à l'aisselle, balle à la jambe , balle au côté. — Bretagne.
Caporaux: — Charles de Montazet, 4™ compagnie; balle à la jambe. — Toulouse.
Arthur Guillemin , 8« compagnie; coup de baïonnette dans la poitrine. — Pas-de-Calais.
Arthur Nouveau de la Carte, 4e compagnie; la figure traversée par une balle, balle à la jambe. — Poitou.
Henri de la Salmonière, 4« compagnie; balle au pied.
— Anjou.
Sapeur : — Henri Carré, 4<> compagnie; balle à ^épaule.
— Bretagne.
4re COMPAGNIE.
Soldats : — Auguste Droumart; balle à la jambe. — Belgique.
Xavier Bouquet des Chaux; le bras cassé par une balle. — Bourbonnais.
2e COMPAGNIE.
Soldats : — Frédéric Debosscher; l'épaule traversée par une balle. — Belgique.
Hyacinthe Briot de La Grochais; balle au bras droit. — Bretagne.
Edme de Montaignac; lavant-bras traversé par une balle qui est entrée dans le corps. — Berry.
François Quéret; deux balles dans la cuisse. — Bretagne.
Adolphe Boidin ; la cuisse traversée par une balle, légère blessure de balle au cou. — Nord.
3e COMPAGNIE.
Soldats : — Henri Wyart; le bras cassé par une balle , léger coup de baïonnette au cou. — Nord.
Charles Tresvaux du Fraval ; la jambe traversée par une balle, contusions de balles mortes. — Laval.
Thibaut de Rohan-Chabot ; la main traversée par une balle. — Poitou.
Charles deBange; la cuisse gauche traversée par une Dalle, éclat de mitraille à la jambe droite. — Champagne.
Marius Martin; deux balles à l'épaule, balle à la jambe. — Avignon.
Célestin Caralp; balle à l'aine. — Marseille.
Gustave Capésius; balle à la jambe. — Belgique.
4e COMPAGNIE.
Soldats : — Auguste Corriol; balle à la joue, sortie près de l'oreille. — Avignon.
Adolphe de Kermoal ; le bras droit traversé par une balle , balle au bras gauche , balle à l'épaule gauche, balle au côté gauche. — Bretagne.
Pierre Laigneil; le bras cassé par une balle. — Belgique.
Arthur de Chalus ; la cuisse cassée par deux balles. — Bretagne.
Joseph Guérin; balle dans la poitrine. — Bretagne.
Léopold Joubert; balle à la jambe. — Bretagne.
Lanfranc de Beccary; la jambe gauche traversée par trois balles. — Lorraine.
Rogatien Picou, la cuisse traversée par un éclat de mitraille. — Bretagne.
Alphonse Ménard ; la jambe cassée par une balle. — Bor-
deaux.
Nicolas Furey, la jambe traversée par une balle. — Limerick.
Hyacinthe de Lanascol ; trois balles dans la jambe gauche. — Bretagne.
Oscar de Poli, coup de baïonnette dans la poitrine, coup de sabre au bras gauche, contusions de balles mortes. — Rochefort-sur-Mer.
Amputés: — Hippolyte de Moncuit, bras gauche.
Nicolas Furey, jambe droite.
D'autres blessés avaient pu suivre le commandant à Loreto , ou avaient été transportés à Macerata , à Osimo, à
Iesi. C'étaient :
Le capitaine de Chillas, légère blessure au bras gauche. — Savoie.
Le capitaine de Charette , balle qui a labouré le bras et pénétré dans la cuisse. — Vendée.
Le capitaine d'Yvoire, balle au bras. — Savoie.
Le sergent-major Le Monnier, balle dans le flanc. — Paris.
Fernand de Ferron, balle à la jambe. — Bretagne. Jules d'Anselme de Puisaye, cinq balles dans le corps. — Avignon.
Alain de Kersabiec , balle à la jambe. — Bretagne. Heurtaux, balle à la main. — Paris.
Maurice de Beausse, l'épaule labourée par un éclat d'obus qui a pénétré dans la poitrine. — Normandie. Le Merle, balle à l'aisselle. — Bretagne. Alfred Nalbort, balle à l'oreille. — Paris. Morts: — Le capitaine Guolton. — Belgique. Le sous-lien tenant Paul de Parcevaux. — Bretagne.
Noël-Bernard Blanc , sergent. — Lyon; Lanfranc de Beccary. — Lorraine .
Alphége du Beaudiez, caporal. — Paris.
Alfred de La Barre de NanteuiL — Paris; Guillaurae-Édouard Cartuyvels. — Belgique. Arthur de Chalus. — Bretagne* * Edgard de Guer. — Paris. Joseph Guérin. — Bretagne* Georges dHéliand. — Anjou.
Félix de Montravel. — Dauphiné.
Léopold de Lippe. — Belgique.
» Alfred de Limminghe. — Belgique.
Hyacinthe de Lanascol. — Bretagtle.
Edme de Montaignac. — Berry.
Alphonse Menart. — Bordeaux.
Ga>ton du Plessis de Grénédan* — Bretagne. Rogatien Picou. — Bretagne.
Paul Saucet. — Vendée.
Je ne saurais mieux terminer la première partie de ce volume que par l'état nominatif du bataillon des tirailleurs Franco-Belges, tel qu'il se trouvait composé la veille de la bataille de Castelfidardo.
Commandant : Le comte de Becdelièvre.
Capitaine» : Le baron Athanase de Gharette de la Gorttrie, Guelton, de Chillas, Bouvier d'Yvoire.
Lieutenants : D'Albiousse, le comte de Saisy.
Sous-lieutenants : Hyacinthe de Goesbriand; de Greeff le comte de Marcieu, Hippolyte de Moncuit, Paul de Par-
196 tES SOLDATS DU PAPE
cevaux, Clément de Saint-Marc, le marquis de Chérisey, Vinay .
Sous-officiers et soldats : D'Âigneaux, d'Albis de Gissac, Àlliot, Alzon, Amfosso, d'Andelarre, d'Anselme de Puisaye, Anthoon, d'Arces, Arnauld, Aubert, Auselaëre.
Baëte,«de Bange, Baron, de la Bassetière, Bastin, Alphége du Beaudiez, Ange du Beaudiez, de Beaumont, de Beausse, de Beccary, Béguin, Belon, Benoit, Bernier, Bertault de Moiron, Bertrand, de Bessay, Bessens de Maurage, Philippe Bianchi*, X... Bianchi*, Biolley, Biron, Bogaërt, Boidio, Bonnefoy, Boonants, Bosch, Bouchet, Bouclet, Claude Bouquet des Chaux, Xavier Bouquet des Chaux, du Bourg, Bourse, Boux de Casson, Branders, Brandi*, Briot de La Crochais, Brown, Burms.
De Cadoudal,Capésius, deÇaqueray,Caralp, Louis Carcole, Gérard Carcole, Carlomagne, Carré, Carrée, de Carrière Nouveau de la Carte, Cattuyvels, de Cavailhès,de Chalus,de Champ-Robert, Alain deCharette, Charpentier, Chartmann, de Chateaubriand, de Chazotte,Chenneval, Chirol, deClock, Collignon, Colombani *, de Cornulier, Coriol, Coryn, de Couessin, Crespin, Crève, deCrozé, Crulle, Henri Curial.
Daël, Dastot, Dauphin, Debosscher, Deckers, Degraur^ Delanque, Delbecq, Delmoitiez, Depoorter, Deschamps, Deschepper, Desmet, Dessy, Destops, Détienne, Devalck, Dewinter, Dhongt, Diérickx, Divert, Droumart Dubois, Ducommun, Duplâtre*, Duquesne.
* L'astérisque indique les clairons.
Eggs, Eglenbocsh, Escrimieux, Ey lettons.
Favvay, Fenech, Bertrand de Ferron, Fernand de Ferron, Ferten, Flœberghs, Flyssens, Fontannaz, du Fort, Barghon de Fort'Rion, de Forstner de Dambenoy, Thierry du Fougerais, Fourcault, du Fournel, François, Furey.
Gabillet, Gabrielli*, Gascon, Gaspard, Géners, Genrickx, Gérard, Ghyssens, G illard, Gillon, Gilson, Le Gonidec de Traissan, de Gouttepagnon, Graff, Grangée, Greuze, de Guer, Guérin, Guibert, Guillernin, Guiot, Gyselinx, Gysels.
Hansen, Hegvaert, Heiremans, d'Héliand, Hendrickx, Henry, Heurtaux, d'Hoëst, Hoffelinck, Holtun.
Inimes, d'Iseran.
Janssens, Jaumoulle, Jolys, Joubert, Jouffroy, Julin, Julien.
Kempen, de Kermel, de Kermoal, de Kersabiec, de Rersaintgilly, Koully, Kuellwoff, Kuntoen.
Edmond Lacroix, Edouard Lacroix, Lagace, Laigneil, Lallemand, Lamara, de Lanascol, Lanckhaërt, Lapène, de Lastens, Lathes, Lathoy, de Lattes, Le Beschu de Champsavin, Leclerc, Leggeri*, Lemerle, Lemonnier, Lescrannoet, Lésy, Letellier, Liébin, Liénaux, de Limminghe, Linternanns, de Lippe, Loir, Lunaërts.
Macherat, Maestraeten, Mandolini (Sylvestre)*, X... Mar. dolini*, le Chanoine du Manoir, Marcel, Marcelli*, Margerie, John Martin, Jules Martin, Marius Martin, Massadore, Massart, Mathey, Mattyssens, de Mauduit, Mayart, de Melun, Ménard, Merle, Merli*, Meswiney, Michaud,
Victor de Vigier de Mirabal, Moëns, Moës, de Monix, de Monlaignac, de Montazet, de Montravel, Morlet, de Morzé, Mousty, Mulatier, de Muller, Myonnet.
Nagel, Nalbert, de La Barre de Nanteuil, Nazy, Nugon.
O'Byrne, O'Connell, Orliac, Ozenne.
Padioleau, Peeters, Peissel, Joseph de Penvern, Pierre de Penvern, Perales, Perret, Gros de Perrodil, Pétrée, Philippe, Picou, Pieri*. Pierret, Pinsonneau, Plausoles, du Plessis de Grénédan, de la Poëze, de Poli, Poncin de Gasaquy, Potez, Puliti*.
Quéret, Quinche, Quittelier.
Radix, Raschaërt, Rasquin, Ravy, Raynaud, du Reau, Régis* Rémars, Renault, Restaux, Rigaux, Rocchi*. Roche, de Rohan-Chabot, Rohou, de Ronghe, Rossi*, Rouleau, Roux, Rouzioux.
De Sabran-Pontevès, de Saint-Gilles, de Saint-Maurice, de Saint-Sernin, de Saisy, de La Salmonière, Santelli*, de Sapineaud, Saucet, Schachenmann, Scheltz, Schinkel, Schumacker, Scudieri*, Segaux, Serre, Servet, Sierens, Sproelants, Sterk, Storms.
Talmann, Tassy, Teissier, Terrier, ThiboulL Thiriet, Thirion, de Thiville, Thouault, Thoumelet, Timmermansi de Tombeur, Tresvaux du Fraval.
Vallet, Van den Dungen, Vandenbroeck, Vanderlinden, Vanderchereen, Vanderslagmolen, Van Crouten, Vanderwacren, Vanderwale, Van Garneren, Van Grootel, Vanheerde. Vanhove, Jan Hulsen, Vannepatsel, de Veaux, Vercruysse, Verdecchia*, Verdier, Vereeehen, Verjiasse).
Verheycn, Verhoven, Verinch, Veuilland, Vielemens, de La Vieuville, Vilain, de la Villebonnet, de La Villebrune, de Villèle, de Villelume, de Villiers de l'Isle-Adam, Viney, Vinck, Vital, Vile, Vittez, Vivier.
De Walls, Wells, Wenneberg, Wilinburghi*, de Wilde, de Witt, Wispelaëre, Wugts, de Wulf, Henri Wyart.