L' Action Frangaise, 22 decembre
quand la critique sera sortie de l’ormere ou elle patauge actuellement. Je veux parler, cette fois encore, de Jehan- Rictus et de ses deux chefs-d’oeuvre : les Soliloques du Pauvre et le Caeur populaire ».
Avec ce sens de l’image qui lui est si extraordinairement personnel, il traite Jehan-Rictus de « poete desole, sublime, eclaire comme une ruelle parisienne posee de champ, au coucher du soleil, dans Montmartre aux milliers de gemissements, de plaintes sourdes, d’agonies invisibles, de suicides caches, sous les flons-flons des maisons de danse, de debauche et de coco. »
Et, dans le meme temps, il lancera ce cri 1 :
« Tout Leconte de Lisle pour un poeme de Jehan- Rictus ! »
Combien sont-ils, les poetes ou ecrivains qui ont rallie a leur cause les lettres de toutes les nuances politiques, de toutes les chapelles litteraires ? L opinion de Leon Daudet ne fait que confirmer celles de Laurent Tailhade, de Leon Bloy, de Jules Lemaitre, de Jean Lorrain, d’Albert Samain, etc., etc. Poetes, pamphletaires, romanciers, critiques, princes du Verbe ou simples servants des lettres fran^aises n’ayant qu’une meme voix pour acclamer un homme !
L’homme qui declenche ce miracle ne serait-il pas, quoi que la vie quotidienne y fit, l’elu des dieux ?