IMPRESSIONS DE PROMENADE
Quand j' pass' triste et noir, gn'a d' quoi rire
Faut voir rentrer les boutiquiers
Les yeux durs, la gueule en tir'lire
Dans leurs comptoirs comm' des banquiers.
J' les r'luque : et c'est irrésistible. Y s' caval'nt, y z'ont peur de moi, Peur que j' leur chopp' leurs comestibles, Peur pour leurs icmm's, pour je n' sais quoi.,
Leur conscienc' dit : « Tu t' soign's les tripes, « Tu t' les bourr's à t'en étouffer.
« Ben, n'en v'ià un qu'a pas bouffé ! » Alors, dame ! euss, y m' prenn'nt en grippe !
Gn'a pas ! mon spectr' les embarrasse, Ça leur z'y donn' comm' des remords.
Des fois, j' coll' ma fiole à leurs glaces, Et y d'viennent livid's comm' des morts !
Du coup, malgré leur chair de poule, Y s' jett'nt su' la porte en hurlant.
Faut voir comme y z'ameut'nt la foule Pendant qu' Bibi y fout son camp !
« — Avez-vous vu ce misérable, « Cet individu équivoque ?
« Ce pouilleux, ce voleur en loques « Qui nous r'gardait manger à table?