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rient non seulement avec les essences, mais avec beaucoup d’autres causes dont les principales sont l'altitude, la densité du massif, la violence des vents, la nutrition, le tempérament de l’individu.
On comprend que, dans un même canton, les arbres de même espèce puissent présenter de grandes différences à cet égard. De plus, sur un même arbre, les rameaux du sommet auront encore leurs feuilles quand les branches basses seront entièrement dépouillées, si bien que la défoliation complète d’un arbre dure souvent quelques semaines. Normalement elle se fait de bas en haut non seulement pour les diverses régions de la cime, mais pour chaque rameau. Les rameaux ombragés se défeuillent plus tôt que ceux qui sont en pleine lumière et le sous-bois se dénude d’autant plus vite que le couvert du peuplement dominant est plus complet et plus épais.
Sur les versants chauds exposés au sud, sur les sols sablonneux, secs, les feuilles tombent plus tôt que sur les pentes fraiches qui regardent le nord ou sur des sols gardant leur humidité.
L'époque habituelle de la défoliation est avancée à la suite d’étés secs et chauds qui provoquent la mort prématurée des feuilles. Une nutrition abondante prolonge leur vie ; l'arbre sain et vigoureux reste plus longtemps feuillé que le sujet maladif. En montagne et dans les stations à climat rude, la défoliation est plus précoce que dans les bas-fonds ou dans les stations abritées et chaudes, à condition que le sol soit suffisamment humide.
Il résulte d’observations faites au jardin botanique de Vienne, en Bavière à l’altitude de 350 mêtres et en Suisse à celle de 450 mètres que la défoliation des essences observées (hêtre, chêne pédonculé, érable sycomore, bouleau, frêne, aune glutineux, tilleul, mélèze) se fait entre le 5 octobre et le 25 novembre (moyenne de quatre ans), avançant de deux à quatre jours à mesure que l’on s'élève de 100 mètres.
Une fois les feuilles tombées, il s’agit de déterminer leur poids qui, avec les données fournies par leur analyse chimique, permettra de déterminer la valeur fertilisante de l’engrais forestier.
Le poids de la couverture à l’hectare dépend du nombre et des dimensions des feuilles ; il doit donc varier avec l'espèce — les
COUVERTURE MORTE 19 arbres à couvert épais (sapin, épicéa, hêtre) ayant une cime plus feuillée que les arbres à couvert léger (chêne, pin sylvestre, tremble, mélèze, bouleau) — et, pour une même espèce, avec l’âge et les conditions de végétation. L’intensité du feuillage doit être à son maximum quand l’arbre trouve dans le sol les matières nutritives nécessaires sous une forme assimilable, que ce sol est profond, perméable, suffisamment humide et que les circonstances climatiques (chaleur, pluie, lumière) sont aussi favorables que possible.
Malheureusement il faut reconnaitre que, malgré l'importance du sujet et la facilité des expériences, on ne possède que très peu de données sur le poids de couverture morte fourni annuellement par des peuplements pleins de nos principales essences et celles que nous avons (elles sont dues aux forestiers bavaroïs) ne semblent pas donner aux essences à couvert épais (hêtre, sapin) une grande supériorité à cet égard sur les arbres à couvert léger, tels que le pin sylvestre.
Dans onze peuplements de trente à soixante ans, soit en hêtre pur, soit en hêtre dominant avec des chênes, bouleaux ou trembles en mélange, presque tous situés dans le Spessart, les forestiers bavarois ont trouvé par hectare, pour la couverture annuelle, un poids moyen (séché à l'air) de 4182 kïlogr. avec un minimum de 3 000 kilogr. pour une parcelle en hêtre pur de cinquante-six ans située dans le Spessart à 420 mètres d'altitude (*) et un maximum de 6 400 kiloer. pour une parcelle en hêtre mélangée de bouleaux et de trembles, âgée de quarante-six ans et située dans le Jura franconien à 520 mè-
tres d'altitude (?).
1. Moyenne de cinq années d'expériences, Le peuplement bien plein est situé sur une pente de grès bigarré (12°) exposée au nord-ouest. La couverture, uniquement de feuilles mortes, a 0,06 d'épaisseur, la terre végétale 0%,35, et les racines peuvent s'enfoncer jusqu'à 0®,80. C’est donc un très bon sol, comme l'atteste aussi l’accroissement moyen qui s'élève, par hectare, sans compter les produits intermédiaires,
2. Moyenne de sept années d'expériences. Le peuplement bien plein et en belle croissance est surmonté de quelques hêtres plus vieux. 11 est situé sur les calcaires jurassiques à l'exposition du sud-ouest. Le sol est du sable argilo-calcaire, La couverture, uniquement de feuilles mortes, a de 0%,04 à 0®,05 d'épaisseur et les racines peuvent s'enfoncer jusqu'à 1",50. C’est donc aussi, comme le précédent, un très bon sol forestier, riche et profond, et sa fertilité est identique.
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Cette différence du simple au double tient sans doute en grande partie à ce que, dans la dernière parcelle, il y avait des hêtres en surétage.
Le chiffre obtenu en Saxe, dans l’Erzgebirge, pour la moyenne de huit années de récolte de la couverture annuelle d’un peuplement plein et pur de hêtre de cinquante à cinquante-cinq ans est de 4 188 kilogr. (poids des feuilles séchées à l'air) et se rapproche donc beaucoup de la moyenne trouvée pour les peuplements de même âge et de même essence en Bavière.
Le poids de la couverture annuelle de cette parcelle a varié, dans ces huit ans, de 2 656 kilogr. (1865) à 5 610 kilogr. (1867), c’est-àdire encore du simple au double. Ges deux exemples montrent nettement la nécessité qu’il y a, si l’on veut établir exactement le bilan chimique d’une forêt, de faire ces récoltes et pesées, pour chaque catégorie de sols d’une région, dans des peuplements pleins, bien homogènes, et surtout de les répéter pendant plusieurs années de manière à avoir une moyenne qui püt inspirer confiance. Car, suivant que les conditions climatiques sont favorables ou non, le poids des feuilles, tout comme le volume de la couche ligneuse annuelle, peut varier, on vient de le voir, dans de larges limites. R
Quand à ces résultats obtenus en Bavière et en Saxe on aura joint ceux qui proviennent de peuplements de hêtre de l’Odenwald dont la moyenne (de neuf années) a donné le chiffre de 4099 kilogr. encore très voisin des précédents, l’on possédera tous les documents publiés sur ce sujet.
Ce poids de 4100 kilogr. environ, obtenu dans trois régions différentes de Allemagne, se modifie-t-il avec l’âge des peuplements, toujours supposés pleins évidemment? Les expériences faites en Bavière semblent montrer que ce facteur n’amène pas de différences sensibles dans les résultats puisque le poids moyen de la couverture annuelle dans des peuplements de soixante à quatre-vingt-dix ans a été de 4094 kilogr. et de 40#4 kilogr. dans ceux dont l’âge dépassait quatre-vingt-dix ans.
Il était intéressant de comparer à cet égard avec le hêtre, celle de nos essences feuillues qui donne le couvert le plus épais, une essence résineuse à couvert très épais aussi, telle que l’épicéa. Celui-ci fournit-
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il au sol forestier un poids annuel d’engrais très différent de celui que donne le hêtre ? | La moyenne des résultats obtenus pendant sept ans en Bavière sur
3% douze peuplements, de trente à soixante ans, soit d’épicéa pur, soit de d’épicéa mélangé au sapin, a donné 3 964 kilogr.(*) et, comme pour 4 le hêtre, le poids diminue avec l’âge. Il n’est plus que de 3 376 kilogr. 3 pour des massifs de soixante à quatre-vingt-dix ans et de 8 273 kilogr. 1 pour ceux qui dépassent quatre-vingt-dix ans.
i Voici maintenant des chiffres relatifs à une essence résineuse à ; couvert léger, le pin sylvestre :
: Pins sylvestres de vingt-cinq à cinquante ans, , , . 3 397 kilogr.
rÀ — de cinquante à soixante-quinze ans . 3491 —
6 — de soixante-quinze à cent ans , , . 4929 —
| Ces moyennes proviennent d’expériences faites sur divers points de la Bavière et poursuivies pendant six ou sept ans. Contrairement à ce qui se passe pour les deux essences à couvert épais, le poids ; de la couverture annuelle chez le pin sylvestre augmente avec l’âge (?). ; Mais, somme toute, il n’y a pas de très grandes différences entre les poids d’engrais annuellement fournis par les peuplements bava- È rois, qu’il s'agisse de feuillus ou de résineux, d’essences à couvert : léger ou à couvert épais. Il est même quelque peu paradoxal de voir < la moyenne être plus élevée pour le pin sylvestre dont le couvert est | Si léger que pour l’épicéa. La moyenne totale (des trois classes d’âge) + est en effet pour le hêtre de 4106 kilogr., pour l’épicéa de 8 537 kilogr. et de 3 706 kilogr. pour le pin sylvestre.
1. Dans une plantation d'épicéas de quarante-cinq ans située dans l'Erzgebirge, la moyenne de cinq années a été de 4 152 kilogr., donc un peu plus élevée que dans les peuplements de semis naturels.
2. EBenmAyer cite dans l'ouvrage où il a réuni et comparé les recherches faites 3 dans les forêts domaniales de Bavière (Die Lehre der Waldstreu, p. 48) les résul- LATE tats obtenus par Krurzsch dans une plantation de pins sylvestres de quarante-cinq 4 ans. La moyenne de sept années d'expériences a été de 3 646 kilogr. pour le poids jf de la couverture séchée à l'air. M. Buro a trouvé pour des peuplements de trente à *+ = soixante ans 3 200 kilogr., mais comme ce chiffre ne concerne qu'une année on ne peut lui accorder grande créance.