‹ Les sols forestiersChapitre 124 sur 180 · GS · texte numérisé non relu

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relief accidenté (collines ou montagnes) où des couches perméables, plus ou moins inclinées, ou plissées, ou faillées, servant de nappes aquifères, alternent avec des couches imperméables sur lesquelles coulent les eaux souterraines. C’est à l’intersection du plan supérieur de ces couches imperméables avec la ligne du relief que se trouvent les sources quand 1l y a pente, pluviosité et surface d’alimentation suffisantes. Plusieurs raisons peuvent êlre invoquées pour expliquer ce fait reconnu par tous, que la forêt augmente et prolonge le débit des sources à bassin profond. Nous n’en citerons que deux qui sont probablement les plus importantes et les plus générales :

4° Dans les forêts munies de leur humus, de leur couverture morte, le ruissellement, l'écoulement superficiel, même sur les fortes pentes, est très diminué. Or, cette fraction de ruissellement est importante dans les périodes de grande pluie ou de fonte brusque des neiges. On l’a trouvée souvent supérieure au tiers de la pluie tombée.

Supposons qu’une forêt montagneuse en pente reçoive une grande averse d'orage donnant 1 millimètre par minute et durant une demi-heure. Sur les 30 millimètres ou, autrement dit, sur les 300 mètres cubes ainsi déversés sur un hectare de forêt de résineux en pente raide, admettons que les deux tiers, soit 200 mètres cubes, arrivent sur le sol (*). Cette eau tombera doucement, sans choc violent, sur le sol muni de sa couverture morte et l’imbibera. Si ces averses se répètent à d’assez courts intervalles, le sol pourra se

1. Les déterminations faites en Allemagne ont montré qu'une part notable des pluies est retenue et évaporée sur les cimes. La proporiion d'eau retenue diminue avec la violence et la durée de la pluie; les petites pluies, même prolongées, profitent à peine au so) ; les fortes averses y arrivent presque intégralement.

« En moyenne on peut admettre avec Ney qu'il reste sur les cimes des hêtres feuillés 35,4 °/ d'une pluie moyenne et qu’il s'y évapore dans l'année 15°}, de la chute {otaie ;

« Des pins sylvestres 24,5 °/, d'une pluie moyenne et qu'il s'y évapore dans l'année 20 °/, de la chute totale ;

« Des épicéas 43,4 °/, d'une pluie moyenne et qu'il s'y évapore dans l'année 33 °/, de la chute totale.

« La quantité d'eau interceptée par les cimes et dont le sol est privé serait donc beaucoup plus grande que le gain qui lui est apporté par l'augmentalion de la lame pluviale sur les forèts. » (RAMANN.)

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