‹ Les sols forestiersChapitre 125 sur 180 · MES · texte numérisé non relu

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saturer et l’excès d’eau viendra se réunir à la nappe phréatique qui s’élèvera jusqu’à ce qu’elle atteigne une source par où elle se déversera ; une très faible partie arrivera par écoulement superficiel dans le lit de la rivière.

Si ce versant eût été nu ou même gazonné, une forte portion de l’eau de l’averse se fût précipitée dans le thalweg, surtout si les versants ne sont que peu perméables, sans profit pour le sol ni pour l’approvisionnement souterrain, mais en provoquant une crue subite (°).

Au lieu de grandes pluies, examinons le cas des neiges hivernales qui, même dans les pays de collines d’une pariie de la France, mais surtout dans les montagnes, jouent le rôle le plus important dans la réhumectation annuelle du sol, dans le réapprovisionnement régulier des nappes souterraines. Supposons qu’un versant montagneux soit boisé du haut en bas sur une partie, nu ou même gazonné sur l’autre. En hiver les deux parties sont couvertes de neige, la couche étant plus épaisse et plus régulière en forêt parce qu’il n’y a pas d’avalanche et que le vent ne peut déplacer ou évaporer la neige.

Que survienne une fonte brusque. Sur la pente nue où rien n’arrête l’accès de l’air chaud, d’un coup de fôhn, par exemple, la fonte sera très rapide et la plus grande partie de l’eau qui en provient ruisseHera jusque dans le thalweg, n'ayant pas le temps, dans sa chute accélérée, de pénétrer dans le sol.

On sait que de fortes et soudaines crues se produisent toujours à la suite de la fonte brusque des neiges hivernales dans les montagnes dont les pentes sont nues ou simplement gazonnées. Telle a été la cause des inondations terribles de 1896. C’est à cause de la vitesse du ruissellement que dans les montagnes non boisées l’asséchement du sol suit de si près la fin de l’averse, la forte déclivité soustrayant

rapidement l’eau à l’action de pénétration.

1. La plupart des rapporteurs au Congrès de Milan (/oc. cit.) ont soutenu que les forêts n'avaient absolument aucune influence sur les grandes crues des fleuves. Mais le rapporteur général a fait remarquer très justement que le fait ainsi présenté n'était pas absolument vrai. « Il n'est pas exact, dit-il, que lorsque les pluies durent trois ou quatre jours l'influence des bois est nulle; elle est nulle seulement pour une cer- {aine période qui ne correspond jamais à la crise maximum. Ainsi l'on aura évité les inondations pendant ce maximum qui est la cause des plus grands désastres. »

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