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pin d’Alep, chêne vert, chêne-liège, châlaignier, avec un sous-bois impénétrable (le maquis), où l’on trouve des espèces très variées (bruyères, cistes, pistachiers, arbousiers, phylarias, daphnés, genêts, etc.). Ces forêts sont très exposées aux incendies ; c’est la région du feu (°).
Cette petite région si naturelle est entièrement comprise dans le département du Var. Elle en forme environ le tiers. Les aflleurements des terrains anciens sont séparés de leur ceinture triasique et des terrains jurassiques qui la bordent au nord par une dépression où passe la ligne du chemin de fer de Toulon à Fréjus. Cette ligne enserre la région des Maures. L’Estérel, où dominent les roches porphyriques et archéennes, est situé à l’est des Maures, entre Fréjus et . Cannes (?). |
Toute cette région est très boisée, plus encore que le reste du département où, cependant, les forêts abondent. Le département du Var est, avec celui des Landes, le plus boisé de France ; son taux de boisement atteint 43 °|, ; celui du massif ancien dépasse 60 °/,.
La surface des forêts du Var s’est accrue de 10 °/, en seize ans (de 1876 à 1892), s’il faut en croire les statistiques d’où sont extraits les chiffres du tableau IT. On ne peut qu’encourager ces progrès de la végétation forestière qui, grâce à certaines essences (pin d'Alep, pin maritime, chêne vert, chêne-liège), merveilleusement adaptées à ce climat aux étés si chauds et si secs, à ces sols toujours très superficiels de granite, porphyre, schistes el calcaires, peut seule tirer bon parti de ces 29 000 hectares.
1. Les tranchées garde-feu, les débroussaillements à la main, soit partiels, soit complets (ce qui vaut mieux encore) sont les meilleurs moyens de prévenir ce terrible fléau. « Dans diverses propriétés particulières de l’Estérel, on fait encore usage du mode spécial de destruction de la broussaille connu sous le nom de petit feu. Ce pro- . cédé est déplorable sur les terrains secs à pentes rapides. Il dépouille le sol de la couche d'humus qui le protège contre les ardeurs du soleil et les ravinements dus aux gaux pluviales ; prives périodiquement de leur couverture morte, les terrains forestiers ‘appauvrissent si vite, que les peuplements dépérissent rapidement. » (Sazvanor.)
2. « Dans la forêt domaniale de l’Estérel (5 750 hectares), au-dessus des nombreuses espèces buissonnantes qui peuplent le maquis, s'élèvent diverses essences forestières, notamment le pin maritime (64°/.) et le chêne-liège (26 °/.) ; le chêne vert (6 ok) et le pin d'Alep (2°/.) ne jouent qu'un rôle secondaire. » (Sazvapor,)
110. Altération des roches. — Dans les massifs anciens dont on vient de parler, le sol recouvre partout les roches sous-jacentes ; si parfois elles font saillie (pointements de granite, de gneiss, de porphyre, de calcaire), elles sont en ces endroits formées de portions particulièrement dures et résistantes. Le sol, à son tour, est toujours bien garni d’une végétation spontanée dense, armature efficace contre les érosions. Il n’y a pas d’abus de pâturage ; les pentes ne sont pas excessives. Aussi le phénomène torrentiel y est inconnu et la question du boisement n’y a d’intérêt que comme mise en valeur ou augmentation de production du sol.
Mais il n’en est pas de même pour les régions montagneuses suivantes, où les abus de jouissance, joints souvent à des conditions climatiques ou édaphiques défavorables, ont détruit sur beaucoup de points la cuirasse protectrice, prairies ou forêts, et livré roches et terrains en proie aux actions destructives de ce que les géologues appellent la géodynamique externe.
Parmi ces roches et terrains, il en est qui résistent très bien à ces actions et gardent indéfiniment leur relief; mais il en est d’autres qui se désagrègent ou se décomposent ou se dissolvent plus ou moins facilement. Si l’on ne prend som d’y entretenir une végétation serrée, herbacée et, mieux, ligneuse, la roche sous-jacente est mise à nu, exposée sans défense aux forces de la nature. La roche s’altère, se décompose, disparait; le terrain s’affouille et il se forme parfois très vite d'énormes érosions.
Il est donc très utile que le forestier reboiseur soit documenté sur la résistance des roches à l’érosion pour prendre, en connaissance de cause, les précautions qu’exige le maintien en bon état du sol des montagnes ou pour arrêter les dégâts en cours.
Examinons rapidement, à ce point de vue, les principales roches de nos montagnes.
Les roches sont soumises à des actions mécaniques, physiques qui provoquent leur désagrégation, et à des actions chimiques amenant leur décomposition partielle ou complète.
Les unes sont plutôt accessibles à la désagrégation, les autres à la décomposition; généralement ces deux modes d’altération sont concomitants dans une même roche.
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La désagrégation, la réduction en fragments ayant la composition de la masse primitive, est due aux variations de température, à l’action mécanique de l’eau ou de la glace (arrachement et transport des fragments), à l’action des racines et surtout aux gels et dége's successifs. Cette dernière cause est la plus générale et la plus efficace.
La décomposition des roches se fait sous l'influence de Peau (humectation, dissolution, hydratation), de l'oxygène, de l’acide carbonique, des végétaux vivants ou morts, pour ne citer que les réactifs les plus généraux. L’eau chargée d’acide carbonique a, dans les faits de dissolution et de décomposition, une importance prépondéranie.
Granites vrais ou granitites. — Formées essentiellement de cristaux bien distincts de feldspath (orthose et oligoklase), de quartz et de mica noir ferro-magnésien, sans interposilion d’aucune pâte amorphe, ces roches, si répandues dans le Massif central et dans les Pyrénées, sont, avec les granulites, le type des roches holocristallines sur lesquelles les causes de désagrégation ont une si grande influence, dans les climats à température variable. Sous l’action des variations de température, provoquant des dilatations inégales, les cristaux de la surface cessent d’être intimement unis; il se produit une multitude de petites fentes où l’eau, véhicule des agents de décomposition (0, CO*) s’introduit, et agit chimiquement en même temps que, par sa congélation, elle achève la dislocation de la croûte superficielle de la roche. Ces réactions sont activées par l’intervention des forces vitales (microorganismes, lichens, mousses et auires végétaux) et par la présence des détritus organiques.
C’est ainsi que, peu à peu, plus ou moins vite suivant la composition et Ja texture de la roche, suivant les circonstances extérieures, le granite le plus dur s’effrite et se transforme en arène formée de grains de quartz inaltérables qui, roulés, deviennent du sable, de lamelles de mica et de cristaux de feldspath en voie de kaolinisation, mica et feldspath destinés à se transformer tôt ou tard en {erre.
Les granites porphyroïdes, amphibolifères ou non, et d’une manière
300 ÉTUDES FORESTIÈRES générale, les granites à gros grain se désagrègent bien plus vite que ceux à petit grain et, par suite, leur décomposition est plus rapide, puisqu'ils offrent plus de surface aux réactifs.
Cette différence est très sensible dans le Plateau central, où les
montagnes de granite porphyroïde se distinguent de loin par leur relief adouci, mamelonné, de celles de gneiss ou de granite à petit grain, aux pentes escarpées, au profil dentelé.
Granulites ou granites à mica blanc. — Le quartz, au lieu de former (comme dans les granitites) une masse cristalline englobant et moulant les autres éléments, se concentre en grains isolés, souvent bipyramidés; le feldspath, qui est uniquement de l’orthose, est en partie kaolinisé ; le mica blanc d’argent (muscovite) y est abondant. Ges roches, dont le type extrême est la pegmatite, sont caractérisées par leur teinte claire et leur peu de cohésion.
« Le type du granite à mica blanc s’observe dans la Creuse et la Haute-Vienne (chaîne de Blond). Il abonde dans le massif du mont Audouze en Limousin, qui se distingue par la forme remarquablement arrondie des cimes. »
Porphyres. — Dans les anciennes classifications lithologiques, on appelait porphyres toutes les roches qui, formant la transition entre les roches holocristallines et vitreuses, renfermaient des cristaux divers (feldspath, quartz, mica, amphibole, etc.), noyés dans une pûte en apparence amorphe (pouvant être microgranulitique ou vitreuse). On distinguait trois groupes principaux : les porphyres quartzifères, les orthophyres, les porphyres basiques ou mélaphyres.
Au point de vue pratique de altération des roches et de la formation du sol, cette conception simplifiée du type porphyrique est suffi- | sante. Bien qu'ils soient essentiellement feldspathiques, les porphyres s’altèrent lentement, parce que la décomposition n’y est pas aidée par la désagrégation qui agit si puissamment sur les roches holocristallines. (
Les porphyres quartzifères sont les plus rebelles, puis viennent les orthophyres sans quartz; les porphyres basiques (mélaphyres) sont ceux qui se décomposent le mieux,