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Les porphyres quartzifères donnent donc de très mauvais sols (!) et ont conservé leur relief primitif, rude et âpre, que l’action du temps n’a pu adoucir.
La pâte des orthoph es et «es porphyrites, renfermant peu ou point de quartz, est plus “écomposable ; celle des mélaphyres, plus basique, s’a:tère m'eux encore, si l’air ou la station sont suffisamment humides. Les roches porphyriques les plus altérables sont les tufs felsitiques (argilophyres), où on observe tous les passages possibles, depuis les felsophyres authentiques jusqu’à des roches entièrement détritiques. Celles-là donnent des sols assez profonds et de bonne composition (Vosges).
Les roches porphyriques sont beaucoup moins répandues en France que les roches granitiques; il n’y en a que quatre affleurements importants dont trois dans le Plateau central (Morvan, Forez, Beaujolais) ; le quatrième est celui de l’Estérel.
Roches volcaniques. — Les principa!es sont :‘les trachytes, roche blanchâtre ou grisâtre formée d’une pâte rug'euse de cristaux de feldspath (sanidine) enchevêtrés les uns dans Les autres ; les basaltes, roche lourde noire ou gris foncé, composée de cristaux de feldspath (labrador) et d’augite, souvent avec péridot et fer oxydulé ; les laves qui ne sont que des basaltes de formation récente, à texture scoriacée.
La rapidité de l’altération des trachytes dépend de leur texture et de leur situation. Plus ils sont poreux (le terme extrême est la pierre ponce), plus l’air ou le sol dans lequel ils se trouvent sont humides, plus la décomposition est active. Le sol qui en résulte est une argile orisâtre ou jaunâtre, se rapprochant du kaolin par ses propriétés physiques, riche en potasse, mais pauvre en chaux. Ge sol est d’ordinaire sec et superficiel.
Les basaltes sont des roches basiques formées de silicates altéra-
1. « Ceux de la Loire, dit M. Gruner (Géologie de la Loire), donnent un sol rocailleux, très peu profond, le plus mauvais de ceux des terrains anciens. Très souvent on reconnaît de loin à l'aspect de la végétation un filon porphyrique. La charrue ne pouvant entamer ce sol dur, on laisse incultes au milieu des champs les parties occupées par le porphyre et qui sont presque toujours en saillie... Ge qu’il y a de mieux à faire avec les terrains de porphyre quartzifère, c'est de les boëser en pins. »
bles, riches en chaux et en fer (labrador, augite, péridot) et de magnétite, plus altérable encore. Leur texture est souvent celluleuse ou amygdalaire. Pour tous ces motifs, les basaltes se déc mposent rapidement lorsqu'ils sont dans un milieu humide et que leur texture permet à l'air ou à l’eau d’y circuler facilement. Il se forme d’abord à la surface une croûte grise plus ou moins altérée (wacke) laquelle finit par donner une argile lourde, rouge, ferrugineuse (bol). Ces argiles basaltiques sont des sols riches en chaux et en acide phosphorique à l'inverse des sols précédents ; ce sont donc des terres complèles, fertiles, chaudes, réservées, dans les montagnes, à la culture pastorale ; c’est là que sont les meilleurs pâturages, où abondent les légumineuses.
Quand le basalte est compact, dans un air et un sol secs, l’altération est très lente et le sol des plus médiocres.
Ce que nous venons de dire des basaltes pleins, en nappe, s’applique aux lives basalliques (°).
Gneiss, micaschisies, schistes cristallins. — Cesroches couvrent une grande parlie du Plateau central et se retrouvent dans le Massif armoricain, les Vosges, les Maures, les Pyrénées et les Alpes ; elles sont, en général, très résistantes et le sol formé à leurs dépens est d'ordinaire superficiel et très pauvre. Les gneiss, qui ne sont que des grauites à petit grain, se désagrègent et se décomposent, comme eux, très lentement. Le sol gneissique devient meilleur, plus profond quand il s’agit de gnciss très feldspathiques, à mica noir et, surtout, à strates (?) redressées, disposition favorable à l’action de l’eau et de la gelée.
{. Ces laves, ces croûtes de scories revêtent parfois l'aspect hérissé et déchiqueté que l'on remarque dans les cheires d'Auvergne. Sillonnées de fentes profondes, elles sont tellement perméables, que l'humidité nécessaire à toute décomposition et à toute végétation ne peut s'y maintenir. Même la végétation forestière qui pourrait seule utiliser de telles surfaces a beaucoup de peine à s'y installer.
2. Il peut même y avoir des torrents dans des gneiss, comme on le constate sur le flanc du Canigou qui regarde le Vernet. Là le gneiss est injecté d'une infinité de veines granulitiques formant un réseau très serré. La granulite se désagrège rapidement à la surface du sol et disparaît en isolant le gnciss sous forme de pyramides ou prismes plus ou moins hauts ct instables qui sont sapés par les eaux lors des grandes pluies et se renversent en un amoncellement de (ragments,
TU C TE UPT'e-
Les micaschistes, comme les gneiss, se désagrègent difficilement,
. donnant seulement, à la longue, une couche superficielle de débris
en plaquettes. Quant à la décomposition, elle est encore plus insignifiante chez les micaschistes qui manquent de l’élément altérable et pélogène par excellence, le feldspath (*). On peut en dire autant des chloritoschistes, séricitoschistes, etc. Ils sont aussi mal dotés au point de vue chimique qu’au point de vue physique, impropres par suite à toute culture agricole et ne pouvant porter que de médiocres pâturages ou des boïs à végétation chétive.
Pourtant ces mauvaises conditions s’améliorent quand les roches
se présentent en stratification relevée, permettant à l’eau et à la
gelée de s’infiltrer entre les feuillets, de les disjoindre et de hâter leur décomposition. Ces schistes s’altèrent alors beaucoup plus vite et parfois sur une grande épaisseur. Il y a dans les Alpes suisses de
- nombreux exemples de ces micaschistes pourris.
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