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CHAPITRE XVIII

Amélioration des sols forestiers

C’est le sol qui fait la forêt.

Nous devons donc soigner le sol.

« Les soins du sol ont pour but d'établir et de maintenir un sol donné dans des conditions physiques et chimiques telles, qu’il puisse exercer toute sa force de production sur le peuplement qu’il porte. Les moyens directs dont se sert à cet effet l’agriculture sont, on va le voir, d’un emploi très restreint en sylviculture. Du moins y sontils bien moins en usage que les moyens indirects par lesquels elle pourvoit à l’entretien du sol.

« Souvent même les mesures qu’elle prend sont purement négatives. Ces moyens indirects suffisent parfaitement, non seulement à l’entretien, mais même à l'amélioration du sol, s’ils sont employés dans la mesure et au moment que la nature indique (°). »

Propriétaires et gérants ont l’obligation étroite de transmettre aux générations futures le sol qui leur est confié non seulement dans l’état où ils l’ont reçu, mais encore de veiller à son amélioration (°) et de contribuer ainsi, pour une part notable, à l’augmentalion de la richesse nationale.

{. K. Gaver, Trailé de Sylvicullure, traduction Visart De BocaRMÉ, Bruges, 1901, p. 559.

2. Dans leur Cours de Cullure, Lonenrz et ParADE inserivent l'amélioration pro- |

gressive de la production parmi les buts que doit viser une sylviculture rationnelle. « Cette amélioration progressive est un but commun à toutes les branches de l'industrie; mais elle est particulièrement recommandable en sylviculture, parce que Les moindres négligences s’y traduisent souvent par des pertes irréparables, tandis que les moindres soins donnés à propos y sont susceplibles des résultats les plus

Ils doivent visiter leur domaine sur tous les points pour s’assurer de l’état du sol; s’il est aussi bon que possible, il n’y a qu’à le maintenir et à tirer le meilleur parti de sa force de production. Dans le cas contraire, il faut prendre de suite les mesures nécessaires pour l’y amener, mesures qui sont parfois négligées, parce qu’elles ne produisent d’effet qu’à longue échéance, et que leur application exige une attention soutenue, des soins minutieux et constants. On devra, par exemple, s’ingénier à constituer la forêt avec les essences les plus propres à améliorer le sol, soit physiquement, soit chimiquement, veiller à ce que la couverture ne donne que du terreau neutre et soit intégralement conservée, détruire les humus acides (terre de bruyère, tourbe) si nuisibles au sol, ou, en tout cas, s’opposer à leur développement, se garer de l’envahissement des grandes herbes, assurer un bon approvisionnement en eau, etc.

Ces améliorations se réalisent généralement sans frais, peu à peu, par de simples opérations culturales bien entendues, poursuivies avec esprit de suite ou quelquefois, rarement, par des procédés mécaniques qui doivent toujours être peu coûteux.

Ce n’est que dans des cas exceptionnels que l’on peut songer à utiliser en forêt les engrais chimiques. Mais des moyens du genre de ceux qui viennent d’être indiqués (constitution de peuplements tels que leur couvert et leur couverture améliorent le plus le sol, formation d’un bon terreau, surveillance du tapis végétal, approvisionnement en eau, etc.) relèvent de la besogne habituelle du forestier et suffisent, le plus souvent, avec le concours du temps, à atteindre le résultat que l’on se propose.

En résumé, le forestier aura rempli ses devoirs les plus importants vis-à-vis du sol s’il veille à ce que toujours toute la surface soit utilisée par la végétation ligneuse et à ce que cette végétation soit en

se ser ins snsesrmt lampes

avantageux. » (Tassv, préface du Cours de Cullure des bois, 5° édition, 1867.) Par % l'amélioration progressive du sol on atteint en même temps un autre but de la culture : forestière : la production soutenue. Il est juste que les générations futures puissent Ë tirer du sol les mêmes ressources que leurs devancières ; pour que cela soit possible, il faut que les moyens de production, le sol notamment, ne subissent aucune atténuation,

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rapport avec la force de production du sol (°), s’il provoque partout la formation du terreau neutre et s’oppose à l’enlèvement de la couverture morte, sauf dans les cas où elle est trop épaisse, s’il s’efforce par des assainissements ou des irrigations, là où ces améliorations sont pratiquement possibles, de doter son sol de la quantité d’eau optimum. Enfin, dans certaines circonstances très rares, 1l devra se demander s’il n’y a pas intérêt à faciliter ou accélérer la végétation par des engrais ou par des cultures du sol.

Amendements

On désigne sous le nom d’amendement, tout apport de matériaux ou travail du sol qui a pour but de modifier les propriétés physiques, c’est-à-dire celles en vertu desquelles le sol départit aux plantes l’eau, l’air, la chaleur qui leur sont nécessaires.

Nous allons examiner rapidement les principaux amendements et leur application en sylviculture.

126. Assainissement. — Par l’assainissement on cherche à enlever au sol l’excès d’eau qu’il peut contenir et à augmenter d’autant sa provision d'air. L'introduction de l’air qui suit l’enlévement de l’eau par le drainage augmente l’épaisseur de terre active, puisque la partie antérieurement gorgée d’eau ne servait pas à la végétation. Les racines des plantes ont besoin d’oxygène ; aussi, dans un sol gorgé d’eau, elles sont confinées dans les couches superficielles. Après drainage elles peuvent pénétrer jusqu'où 1l y a de l’air. On constate toujours alors une amélioration notable dans la texture des terres argileuses ; elles sont plus meubles, plus perméables. Dans les sols tassés des boulevards de Paris, la proportion d’acide carbonique atteint parfois 10 et même 16 et 24°, ; tous les arbres placés dans ces conditions dépérissent lentement par suite du défaut d'aération (?).

(*) Sur de très mauvais sols calcaires superficiels on persiste parfois à élever des chênes qui ne font que languir sans prendre ni hauteur ni diamètre et meurent en cime de bonne heure, tandis que des plantations de pins d'Autriche donneraient des revenus bien plus rémunérateurs, :

() Nous avons vu précédemment que les taux d'acide carbonique trouvés dans l'air du sol sont généralement compris entre 0,6 et 5 ©}.

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