SAM SAR
La forêt, nous l’avons vu, est une grande consommatrice d’eau ; certaines essences de haute valeur (chêne pédonculé, frêne, aune, peuplier, etc.) ont une très belle végétation sur des sols qui semblent avoir un excès d'humidité, qui sont même couverts d’eau pendant une partie de l’année ; on peut utiliser au mieux la force de production de ces sols en y installant des peuplements bien adaptés à cette grande humidité.
On ne doit faire de fossés d’assainissement que quand l’état de la végétation l’indique clairement.
« Avant de faire des travaux considérables d’asséchement dans une forêt, on doit toujours réfléchir aux conséquences qui peuvent en résulter et penser que l’asséchement se fera sentir non seulement dans le terrain où l’on opère, mais encore dans les terrains voisins, souvent à une grande distance. Si l’on a des inquiétudes à ce sujet, il vaut mieux renoncer à obtenir un peuplement parfait dans le terrain en question et se contenter d’y voir croître, même médiocrement, l’aune, le tremble et le saule. En tous cas, l’excès est plus à craindre que le défaut en matière d’asséchement. » (GAYER.)
À une certaine époque, il était de mode, en quelque sorte, d’imposer sur les coupes, un peu au hasard, la création de fossés d’assainissement, On en a reconnu l’inutilité dans beaucoup de cas, même la nocuité parfois, et on les a laissés se combler sans que la végétation ligneuse en ait souffert.
Mais si elle périclite par excès d'humidité, il faut assainir.
On peut y arriver soit par des drains, soit par des fossés à ciel ouvert, soit par des tranchées couvertes, soit par des puits absorbants (puisards) []. Le drainage par drains n’est pas utilisé en
forêt ; il coûte trop cher et les racines, pénétrant par les joints des
tuyaux, y formeraient d’épais faisceaux de chevelu (queue de renard) qui, se développant anormalement dans la cavité de ces tuyaux sous l'influence de l’humidité continue, obstrueraient le passage de l’eau.
{. Il existe un très grand nombre d'ouvrages traitant du drainage et de lassainis-
* sement, dont nous ne voulons dire ici qu'un mot; l’un des plus récents est Zrrégations
et Drainages, par E. Rise et G. Wéry (« Encyclopédie agricole », Paris, Baillière, 1904).
C’est l’assainissement par des fossés à ciel ouvert qui est presque exclusivement usité en sylviculture (*). On procède de la manière suivante : un collecteur principal occupe le thalweg coupant à angle droit les courbes de niveau. Ce collecteur reçoit des drains de second ordre, alimentés eux-mêmes, s’il est nécessaire, par les canaux de drainage. Les drains de second ordre ont pour rôle d’amener l’eau des canaux de drainage au collecteur principal; il faut qu’ils aient uñe pente assez forte tout en exerçant aussi un certain drainage ; ils couperont donc les courbes de niveau sous un angle plus ou moins aigu suivant la pente; mais l’asséchement se fait surtout par les canaux de drainage dont la pente doit être faible pour qu’ils puissent recueilhr la totalité de l’eau qui, dans le sol, se dirige toujours suivant la ligne de plus grande pente; leur direction doit former un angle aigu avec les courbes de niveau. Souvent on se contente du collecteur principal et des drains de second ordre.
Lorsqu'il s’agit d'assainissement en forêt, il faut éviter de faire écouler en dehors du massif les eaux de drainage et chercher plutôt à les répartir sur d’autres peuplements pour le plus grand profit de la végétation, en se rappelant que son activité dépend, pour une bonne part, de la quantité d’eau disponible.
Pour arriver à la suppression des tourbières, il faut d’abord évacuer l’excès d’eau par un réseau de fossés d’assainissement.
Le système qui a été adopté par les forestiers belges pour l’asséchement des fanges (tourbières et marais tourbeux) de l’Ardenne, consiste dans l’ouverture de rigoles parallèles plus ou moins espacées, ayant une pente assez forte et débouchant dans des fossés de plus grandes dimensions, mais avec une inclinaison moindre, qui aboutissent eux-mêmes à un collecteur de 1 mètre de au ou au ruisæau naturel (?)..