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{. Dans certains cas, on est amené à employer des tranchées couvertes. On creuse des fossés dont on recouvre le fond à l'aide de fagots ou de pierres ; par-dessus on met une couche de ramilles, de genêts, de bruyères ; on achève de combler avec la terre extraite et on égalise la surface. Ces tranchées couvertes s'obstruent à la longue et n'ont par suite qu'un effet temporaire.
2. Dans la fange de Longchamps on appliqua le système prussien : rigoles de 50 centimêtres de largeur et d'une profondeur de 30 centimètres, espacées de 4 mètres, dé-
Pendant cette phase de la fange assainie, mais non boisée, l’écoulement des eaux de pluie ou de neige dans le thalweg est plus rapide ; le danger des inondations est augmenté ; mais cette situation critique dure peu. :
Dès que le jeune peuplement d’épicéas a pu s'installer sur les terres provenant du creusement des fossés, et que le fond et les parois des rigoles se sont couverts d'herbes et de mousses, tout danger est conjuré, le sol s’assainit de plus en plus. Lorsque le massif est constitué et le couvert complet, on ne trouve plus trace d'humidité. Tout péril d'inondation a disparu.
« Les nombreuses fagnes des domaines royaux de Freyr, de Hertogenwald, ont été assainies ainsi dans ces vingt dernières années et transformées en beaux et productifs massifs d’épicéas (?). »
Dans les périmètres de reboisement les agents forestiers ont quelquefois aussi à exécuter des réseaux de drains plus ou moins profonds qui ont pour but de donner aux eaux surabondantes un écoulement rapide et immédiat vers des collecteurs construits sur les
lignes de plus grande pente et d'empêcher ainsi la saturation du
terrain, sa transformation en une masse visqueuse susceptible de glissement.
Des eaux surabondantes provenant soit de pluies persistantes, soit de la fonte des neiges, soit de canaux d’arrosage non étanches, viennent saturer des terrains perméables reposant sur un plan très incliné de terrains imperméables. Le sol qui, sans cet excès d’eau, serait resté indéfiniment stable, perd subitement sa cohésion; les parties les plus saturées, transformées en boue visqueuse, s’écoulent comme ferait du mortier sur un plan incliné. Le seul remède à ces glissements consiste à donner aux eaux un écoulement plus facile et
bouchant dans des fossés de 0" 80 X 0"50, À Freyr, sur 150 hectares, on creusa plus de 300 000 mètres de fossés d’assainissement, la plupart de 1" 20 de largeur en gueule, 50 centimètres de profondeur et 20 centimètres de plafond. C'est l'épicéa qui convient le mieux pour le boisement de semblables terrains à ces altitudes. Même quand les fossés sont espacés à 10 mètres, ils suffisent avec le peuplement d'épicéa pour assécher la fange. |
2. Rapport de la commission nommée par le gouvernement belge pour l'étude de l'assainissement des terrains fangeux (Bulletin de la Société centrale forestière de Belgique, 1900),
plus régulier au moyen de grands drainages. Depuis une vingtaine d'années, ces drainages superficiels ont élé très employés dans les reboisements des Alpes et des Pyrénées, où ils donnent de bons résultats ; ils consistent en tranchées étroites et profondes au fond desquelles on ménage un canal à section triangulaire ou carrée, formé par des pierres plates ; toute la tranchée est remplie ensuite par des pierres de façon à former un appareil aussi filtrant que possible.
127. Irrigation (‘). — On a vu précédemment (n° 98) que les sécheresses prolongées, telles que celle de 1893, diminuaient la production ligneuse dans une très forte proportion sur tous les sols, mais notamment sur les terrains secs et superficiels où, en toute saison, la réserve d’eau est insuffisante. Il est évident que, dans ces conditions et même dans les années normales, l'irrigation ne pourrait qu’avoir une heureuse influence sur la croissance des arbres, puisque presque tous les sols forestiers pèchent par excès de sécheresse.
Jusqu’alors cependant on ne s’est pas préoccupé de l'irrigation en forêt. Ce qui est en agriculture, depuis des siècles, une mesure d'usage courant et d’une utilité reconnue n’a pas été, ou à peine, adopté par le forestier. On ne la pratique guère, en France du moins, que sur les prairies, les cultures maraîchères et quelques arbres fruitiers. Sous les climats chauds, elle produit d'énormes augmentations dans la récolte ; elle est même souvent indispensable.
L'irrigation compense l’insuffisance des pluies pendant la période active de la végétation; comme le drainage, elle aère le sol; en même temps qu’elle aide à la dissolution des matières fertilisantes qu’il contient, elle lui en apporte de nouvelles.
La forêt jouirait aussi de tous ces bienfaits; malheureusement on ne songe pas à utiliser dans ce but les nombreux ruisseaux qui traversent nos massifs. Sauf dans les pépinières, il n’est pas question de l'irrigation en sylviculture, bien que d'anciennes et convaincantes expériences en aient démontré les heureux effets sur l'accroissement de la production ligneuse.
1. Voir, pour les irrigations et l'emploi de l'eau en agriculture, MM. Riscer et Wény (loc. cit.), pp. 142-343.
Les premières qui aient été faites, à ma connaissance sur ce sujet, sont dues à un Français, Eugène CHEVANDIER, dont le nom a déjà été cité précédemment à propos de l'évaluation de la quanlité de matière organique produite annuellement par À hectare de forêt.
Dans ses Recherches sur l'influence des irrigations sur la végétation des forêts (*), CHEVANDIER conclut de ses nombreuses et patientes mensurations que l’accroissement annuel d’un sapin en bois sec est, en moyenne :