‹ Les sols forestiersChapitre 162 sur 180 · AGE MOYEN · texte numérisé non relu

AGE MOYEN

KILOGR. des arbres d'expérience Sur les terrains fangeux . ... . , . , . . de 1,84 102 ans — re re AISNE SL FORCER AAA AE de 3,43 71 ans — arrosés par les eaux de pluie. de 8,25 74 ans — arrosés par les eaux courantes. de 11,57 100 ans

Il dit excellemment : « Une expérience journalière m'avait amené à reconnaître combien est grande l'influence des eaux sur l’accroissement des forêts et combien aussi les circonstances dans lesquelles leur action a lieu peuvent en modifier les résultats.

« C’est ainsi que, dans les terrains marécageux, la végétation forestière est souvent presque nulle ; que, dans les terrains frais et convenablement humides, elle déploie un véritable luxe... C’est encore ainsi que, dans les années très pluvieuses, ta végétation forestière devient relativement beaucoup plus belle sur les pentes sèches des montagnes, et qu'au contraire, surtout si les grandes pluies sont accompagnées d’un abaissement dans la température moyenne, elle se ralentit sur les revers humides, abrités du soleil, et qui sont, en général, les plus productifs. C’est que, pour la cullure des foréls, comme pour loules les auires, 1 y a, suivant la composition du sol, un degré d'humidilé le plus favorable à la fertilité et que tous les efforts du forestier doivent contribuer à entretenir, sans le dépasser. »

Pour faire ressortir de la façon la plus probante l'influence de l'humidité, l’auteur s’est astreint à un travail long et pénible. Il a

1, Mémoire lu à l'Académie des sciences, le 15 juillet 1844,

étudié la marche de l’accroissement sur deux cent cinquante arbres (' [sapins et chênes] placés dans des conditions identiques de sol et de climat, mais dans des circonstances variables relativement à l’action

des eaux, circonstances qu’il a ramenées à quatre groupes. De ces

sapins, tous placés sur le grès vosgien, les uns avaient crû sur des terrains fangeux, les autres sur le sol sec habituel; une troisième catégorie comprend les arbres placés de manière à recueillir les eaux de pluie qui s’écoulent des chemins ou des pentes les plus rapides; enfin, dans un quatrième groupe l’auteur place les arbres pour lesquels l'infiltration des eaux des ruisseaux a entretenu une fraîcheur permanente.

Il arrive ainsi aux chiffres qui viennent d’être cités.

« En prenant parmi ces deux cent cinquante mensurations les cas extrêmes, on voit que l'accroissement annuel de sapins d’environ cent ans est représenté dans les terrains fangeux par moins de 1 kilogr., dans les terrains secs par moins de 8 kilogr. et dans les terrains arrosés par environ 20 kilogr. ; ce qui donne pour poids total d’un arbre de cent ans : 100 kilogr. correspondant à un tiers de stère, 300 kilogr. correspondant à un stère, 2 000 kilogr. correspondant à sept stères, suivant les circonstances d’humidité dans lesquelles cet arbre a végété. |

Et si on calcule la valeur d’un tel arbre, en tenant compte de la différence des prix des bois de service d’après leur grosseur, on arrive à cette conséquence qu’une semence de sapin pourra produire au bout de cent ans, et suivant les quantités d’eau qui auront abreuvé le sol sur lequel elle se sera développée, un arbre valant sur pied 1°50 ou 7 francs ou 85 francs.

« Ces rapprochements, ajoute avec grande raison l’auteur, démontrent toute l’importance du sujet. Ils font pressentir l’influence qu’une culture méthodique des forêts pourrait exercer sur la richesse pu-

blique et conduisent à cette conclusion naturelle qu’un système d’irri-

gation bien entendu peut augmenter considérablement les produits

1. Pour chacun d’eux il a déterminé l’âge, la longueur, la circonférence moyenne, le cube de la tige et des branches et le poids total du bois produit représentant l'accroissement de l'arbre. En divisant ce poids par l'âge de l'arbre, il obtenait l'accroissè= ment annuel moyen en poids.

ù É SES NES T4 tr PRE Ce Ve

LS w ci 2

Page 1