C) FUTAIES ALLEMANDES
Les chiffres trouvés en Bavière pour des peuplements de plus de quatre-vingt-dix ans formés surtout de hêtres et situés dans des forêts affranchies de tout droit d'usage à la litière sont encore un peu plus
1. Dans une autre détermination faite aussi dans la série de Remenaumont en un
. point très voisin des précédents (tout près de la Haute-Borne), j'ai trouvé 9 840 kilogr.
pour le poids à l’hectare de la couverture séchée à 100°. Gette couverture, prélevée
en février 1904, était formée essentiellement de feuilles mortes, de brindilles et d’in-
volucres de faînes. Le peuplement principal est formé surtout de hêtres avec quelques chênes et charmes,
élevés que celui qui a été fourni par la parcelle E, de Remenaumont. La moyenne des poids obtenus dans sept parcelles différentes a été de 10 740 kiïlogr. à l’hectare ou de 8 807 kilogr. si l’on pèse après dessiccation à 100°. (Il y avait 18 °/, d’eau.)
Dans des massifs d’épicéa de plus de quatre-vingt-dix ans, on a trouvé 11 740 kilogr. (à 100°) et jusqu’à 18 276 kilogr. (à 100°) dans de vieilles pineraies dont la couverture n’a Jamais été enlevée (moyenne de quatre pesées faites dans diverses forêts).
Ces nombres varient évidemment dans de grandes proportions
suivant la nature du sol et suivant que les circonstances extérieures (température, humidité, etc.) sont plus ou moins favorables à la décomposition ; mais 1l n’est certainement pas à souhaiter, comme on le verra plus loin, que le poids de la couverture morte desséchée à 100° dépasse la moyenne de 18 276 kilogr. trouvée dans les forêts de Bavière.
« Le régime de la futaie améliore plus que tout autre la fertilité du sol(*). » C’est là une affirmation qui n’a jamais été contredite, presque un axiome ; 1] n’était pas inutile cependant d’en prouver l'exactitude par des chiffres. Ceux qui ont été obtenus dans la forêt de Haye sont très démonstratifs puisqu'ils proviennent de peuplements voisins en même sol.
Le régime de la futaie améliore plus le sol que celui du taillis pour deux raisons : d’abord, 1l recouvre la surface d’une couverture plus épaisse ou, en d’autres termes, d’une plus forte dose d’azote, de chaux, de potasse, d'acide phospliorique ; ensuite presque toute la récolte consiste en gros bois qui sont les plus pauvres en cendres et dont les cendres renferment le moins d’éléments rares.
Si l’on compare les moyennes générales qu’on obtient, soit pour la couverture annuelle, soit pour la couverture totale, en additionnant les moyennes fournies en Bavière par les trois classes d’âge des peuplements d’une même essence, il semble tout d’abord étrange que la moyenne générale du hêtre soit la plus élevée pour la couverture annuelle et de beaucoup la plus basse pour la couverture totale. Cette
1. Cours élémentaire de cullure des bois, par Lorentz et PARADE. 5° édit., p. 468,
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apparente contradiction tient à la décomposition plus rapide des
feuilles de hêtre (°).
COUVERTURE ER © annuelle totale Moyenne de tous les peuplements de hêtre Kilogr. Kilogr. ER OX DOTIONCR MU Ann eve 4 106 10 416 * Moyenne de tous les peuplements d'épicéa . PE HE: 13 857 Moyenne de tous les peuplements de pin syl- EN NA RR ANN SEM ATP RES PEUR 3 7106 18 280
Ces nombres expriment le poids de la couverture desséchée à l'air.
En février 1904, j'ai cherché à déterminer le poids de la couverture totale dans une plantation d’épicéas faite par les élèves de l’École forestière vers 1850 sur l'emplacement d’anciennes carrières au-dessus du village de Dommartemont, près Nancy. Le sol est franchement calcaire ; la terre qui se trouve immédiatement au-dessous de la couverture fait une vive effervescence avec les acides. Ces épicéas, âgés d'environ cinquante ans, forment un massif serré. La couverture a été recueillie entièrement, jusques et y compris l’humus.
Les déterminations du poids à l’hectare de la couverture totale, faites dans trois places d’essai voisines, ont fourni les chiffres suivants : 28 700 kilogr., 27272 kilogr. et 34480 kilogr., soit en moyenne, par hectare, 80170 kilogr. de couverture desséchée à 100°.
Ce chiffre énorme est plus que double de ceux qui ont été trouvés en Allemagne et montre bien que la décomposition normale (l’érémacausis), celle qui donne l’humus doux, le terreau forestier, n’a plus lieu ; c’est une décomposition plus lente, produisant de l’humus imparfait à réaction acide, qui intervient ici. (Voir le chapitre VI.)
13. Poids de la couverture à l'unité de volume. — Nous empruntons à l’ouvrage d'EBERMAYER les seules données que nous ayons
1. Il va de soi qu'il ne s'agit ici que des forêts où la décomposition de la couverture se fait normalement par érémacausis, et non des forêts tourbeuses, à décomposition forménique, où la couche de matières organiques provenant des sphaignes et des végétaux ligneux peut atteindre plusieurs mètres d'épaisseur.
à ce sujet. Elles peuvent être utiles dans certains cas et ont été obtenues de la manière suivante :
On remplissait un vase de capacité connue de feuilles complètement séchées à l’air, débarrassées de tout mélange étranger et tassées .
aussi fortement que le permettait l’élasticité des feuilles ou des aïguilles, et l’on en déterminait le poids.
Hêtre. — a) Un mètre cube de feuillage de hêtre, bien desséché à l’air aussitôt après la chute, pèse de 51 à 73 kilogr., soit en moyenne 62 kilogr. |
b) Un mètre cube de feuillage de hêtre à demi décomposé, récolté au printemps ou en été, pèse en moyenne 85 kilogr. et 100 kilogr. lorsque la décomposition est très avancée (couverture de deux à trois ans).
Le volume de la couverture annuelle moyenne d’une forêt de hêtre, soit 4106 kilogr., serait de 66 mètres cubes. |
Épicéa. — Un mètre cube d’aiguilles d’épicéa sèches et non alté-
rées, à 12 °/, d’eau, pèse entre 148 et 156 kilogr., soit en moyenne.
152 kilogr.
Un mètre cube d’aiguilles à demi transformées et avec le même taux d’eau pèse entre 160 et175 kilogr., soit en moyenne 164 kilogr. Les aiguilles d’épicéa s’empilent très bien et ont une grande densité.
Pin sylvestre. — À volume égal, les aiguilles du pin sont un tiers plus légères que celles de l’épicéa. Un mètre cube pèse entre 96 et 106 kiïlogr., en moyenne 101 kilogr. et 121 quand elles sont à demi décomposées.
Autres couvertures. — La mousse qui forme si fréquemment une partie notable de la couverture, presque tout dans maintes sapinières, pèse en moyenne 88 kilogr. au mètre cube, la fougère impériale 99 kilogr. et la bruyère commune (feuilles et tiges) 60 kilogr. (‘).
1. Tous ces chiffres se rapportent aux matières séchées à l'air, c'est-à-dire renfermant encore 12 à 15 °}, d’eau.
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