‹ Les sols forestiersChapitre 21 sur 180 · bo RES pose · texte numérisé non relu

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est des plus variables, souvent de 5 à 10 °},, mais pouvant descendre à 2 et montant quelquefois jusqu’à 16 °/, (‘).

18. Valeur vénale de la couverture annuelle, — Avec ces données et le poids de la couverture annuelle on peut déterminer aussi exactement qu’on le veut la quantité de principes nutritifs que reçoit le sol forestier ; mais on voit par les différences considérables entre les chiffres d’une même colonne, voire pour des arbres d’une même espèce (châtaignier) vivant côte à côte, sur des sols différents(*), que, comme nous venons de le dire, une analyse préalable est nécessaire si l’on veut-une évaluation exacte.

PREMIER EXEMPLE. — Supposons un taillis de robinier fournissant une couverture annuelle de 2 000 kïlogr. (poids sec à 100°) à l’hec-

1. C’est très probablement à des différences dans les méthodes d'analyse qu’il faut attribuer les énormes écarts entre les taux de silice donnés par les chimistes allemands (taux variant généralement entre 30 et 60 °/.) et ceux de beaucoup inférieurs (1 à 5 °/.) obtenus par les auteurs français.

Pour permettre la vérification des chiffres inscrits dans la colonne 12 (silice combinée, oxyde de fer et alumine) nous allons indiquer la méthode qui a été suivie pour le dosage de la silice combinée, du charbon et du sable : c'est la méthode de FRÉSÉNIUS.

On attaque 1 gramme de cendres par HCI dilué dans une capsule recouverte d'un

- entonnoir renversé. Quand tout C0? est dégagé on fait bouillir puis on évapore à sec

au bain-marie. On reprend le résidu par HCI dilué et chaud, puis on filtre sur un filtre taré et on lave à l’eau bouillante, Sur le filtre il reste toute la silice ainsi que le charbon et le sable, On pèse le tout après dessiccation, En déduisant le poids du filtre, on a

sable + charbon <- silice combinée — P.

On fait bouillir avec une lessive de soude qui dissout la silice combinée ; on filtre sur filtre {aré ; on lave à l’eau bouillante, on sèche et on pèse ; on a :

sable + charbon = P' P — P' — silice combinée.

On calcine à fond le résidu : sable et charbon, et l’on pèse ; le poids p trouvé représente le sable et P° — p le charbon,

Dans la colonne 12, pour ne pas trop allonger le tableau, nous avons réuni les poids de silice combinée à ceux trouvés pour l'oxyde de fer et l’alumine ; Le poids de silice combinée n’a varié qu'entre { et 6 °/, du poids des cendres pures ; c’est un chiffre insignifiant à côté des taux extraordinaires trouvés en Allemagne.

2. Voir l'étude de MM. Fuicne et GRanpEau : « De l'influence de la composition chimique du sol sur la végétation du châtaignier » (Annales de physique et de chimie, 1873-1877).

CYR PNN Tt

tare, ayant la composition inscrite au tableau et 0,70 °/}, d’azote. Les 2 000 kilogr. correspondent à 2345,8 de cendres qui contiennent 169 kilogr. de chaux, 745,6 de potasse et 4,6 d’acide phosphorique. Ils renferment en outre 14 kilogr. d’azote.

Le sol reçoit donc par hectare une fumure annuelle de :

Azote organique . . . 14%8,0 à 11,50 le kilogr. — 21f POHRSAEE EC SUe 758,6 à 01,50 — — 3,80 Acide phosphorique. . . 448,5 à 0170 — — 315 CHAUX ER E RU P ALAN 169k5,0 Mémoire Valeur commerciale . . . . . . . . . 271,95

Soit par tonne 14 fr.

DEUXIÈME EXEMPLE. — Supposoñs une hêtraie fournissant une couverture annuelle de 4 000 kilogr. (poids sec à 100°) à l’hectare ayant la composition inscrite au tableau avec 1,2 ©}, d'azote. Les 4 000 kilogr. donneront 396 kilogr. de cendres contenant 191 kilogr. de chaux, 21,2 de potasse et 2345,4 d'acide phosphorique. Ils renferment en plus 48 kilogr. d’azote.

La valeur commerciale d’un tel engrais serait :

Azote organique . . . . 485,0 à 11,50 le kilogr. — 72! POLASSE LD SLA EE 21%6,2 à 0,50 — — 10f,60 Acide phosphorique. . . 2348,4 à 0070 — — 161,50 GRAUX TR NSMLE LAB 121K8,0. Mémoire Doit en toute EC RER ARE QE 2 99100

pour la fumure annuelle de l’hectare et 25 fr. pour la valeur commerciale de la tonne (*).

Le poids et la composition de la couverture annuelle sont indis- pensables pour la statique chimique de la forêt. En déduisant du poids de matières azotées et minérales enlevées au sol par l’arbre tout entier ce que la couverture lui restitue, on peut déterminer

exactement l’épuisement du sol par la végétation forestière.

1. Une fumure moyenne au fumier de ferme de 30 000 kilogr. pour une rotation de trois ans représente environ 65 kilogr. d'azote par année, 30 kilogr. d'acide phosphorique et 52 kilogr. de potasse. La couverture annuelle de ce peuplement de hêtre équivaut donc à peu près aux trois quarts d'une fumure moyenne au fumier de ferme,

b) COUVERTURE TOTALE

19. Mais c’est le plus souvent le poids et la composition de la couverture totale qu’il importe de connaître tant pour pouvoir apprécier la grandeur de son rôle physique et chimique dans la fertilité des sols forestiers que pour déterminer le dommage qu’on leur cause par des enlèvements périodiques, tantôt accidentels (incendies, balaiement par le vent ou les eaux de ruissellement), tantôt frauduleux, tantôt tolérés en vertu d’habitudes déplorables, tantôt enfin légalement pratiqués en vertu de droits d’usage.

Bien que ceux-ci (Streurecht) soient beaucoup plus fréquents en Allemagne où presque partout le paysan vient enlever de temps en temps la couverture morte pour la donner en litière à son bétail, il existe encore trop de régions en France, surtout dans le Midi, où cette détestable pratique est en vigueur dans les forêts communales ou particulières.

La couverture totale résulte de l’accumulation des couvertures annuelles ; mais comme celles-ci s’altèrent plus ou moins vite jusqu’à ce qu’elles soient transformées en humus par une série de réactions dont il sera parlé plus loin, comme cette altération consiste essentiellement dans une volatilisation des principes combustibles bien plus énergique que la dissolution des principes minéraux (°), il s’en-

1. En forêt l'érémacausis va si vite qu'elle dépasse la lixiviation ; les feuilles décomposées sont plus riches en principes minéraux que celles qui viennent de tomber, comme le montrent les chiffres suivants empruntés à une expérience de RAMANN et

rapportés à la substance sèche. ACIDE

MAGNÉ- CENDRES POTASSE CHAUX phos- SILICE SIE phorique pures Feuilles f à leur chute . . . . . (0,487 2,303 0,544 2,189 1,507 7,501 de chêne | deux ans après. , . . 0,133 3,241 0,180 2,200 5,476 11,210 Aiguilles f à leur chute . . . . . 0,173 1,374 0,071 0,203 2,573 4,765

d’épicéa | vingtet un mois après. 0,135 2,229 0,164 0,292 4,557 8,520

Il y a eu enrichissement relatif sauf pour la potasse. En laissant pendant un an des feuilles de chêne, des aiguilles d'épicéa exposées sur un pluviomètre à toutes les intempéries, Ramann a constaté que 40 °/, de la potasse avait été dissous dans les feuilles de chêne et 50 °/, dans celles d'épicéa. Il n'est donc pas nécessaire que la couverture soit entièrement décomposée pour que les matières minérales passent dans le sol ; une bonne partie est déjà auparavant dissoute par les eaux météoriques, surtout la potasse et l'acide sulfurique.

suit que la couverturè totale diffère déjà de l’annuelle par son épaisseur plus forte, quoique limitée — heureusement (*) — par son état de décomposition plus avancé, plus voisin de l’état assimilable, par sa composition chimique azotée et minérale, notamment par sa plus grande richesse en cendres.

Ainsi la couverture totale qui recouvrait le sol sous un peuplement très serré d’épicéa (?) avait de 1°°,5 à 2 centimètres d'épaisseur et

renfermait 17,2 °/, de cendres brutes, tandis que la zone superfi-

cielle formée, sur le quart environ de l’épaisseur totale, par des aiguilles peu décomposées et isolées, non feutrées, ne contenait que 7,9 °/, de cendres brutes.

20. Couverture totale dans les taillis sous futaie. — Les seules données que nous possédions sur la couverture totale dans les taillis sous futaie, mode de traitement si fréquemment appliqué en France, se réfèrent à des taillis sous futaie des environs de Nancy, âgés de vingt ans, bien fournis en réserves (chênes et hêtres) et situés soit en sol calcaire (forêt domaniale de Haye-Fourasses-de- Villers), soit en sol argileux (bois communal de Laître-sous-Amance).

La couverture peut se diviser en deux parties, l’une comprenant les principes combustibles et l’autre les matières incombustibles ou cendres empruntées aux minéraux du sol. Comme le taux de cendres des feuilles diffère beaucoup de celui des branches, il faut les incinérer à part si l’on veut se rendre un compte exact de la composition de la couverture ; c’est ce qui a été fait en opérant sur un lot moyen de feuilles et de branches desséchées à 100°. De ces cendres brutes on a déduit l’acide carbonique, le charbon, le sable insoluble dans l’acide fluorhydrique pour avoir le taux de cendres pures,

auxquelles on a coutume de rapporter les sept éléments que l’on y

1. Il ne s'agit ici que des forêts dans lesquelles la décomposition de la couverture se fait normalement, par érémacausis, et non des forêts tourbeuses où l'altération des détritus organiques fournis par les arbres et la couverture vivante (sphaignes, carex, bruyères, etc.) ne s'opère que très lentement, par le mode forménique, et amène l'accumulation de ces détritus (fourbe) en couches parfois énormes.

2. Plantations de la commune de Dommartemont, près Naney. Dans la moitié infé-

rieure la couverture est moisie, très altérée, parcourue par de nombreux filaments

mycéliens blancs formant feutrage.

dose habituellement et qui, saut de rares exceptions, en forment la totalité. | :

Le tableau suivant donne les résultats de ces analyses pour la couverture des taillis sous futaie de vingt ans en sol calcaire et en sol argileux.

FOURASSES DE VILLERS LAITRE-SOUS-AMANCE

© Feuilles Bois Feuilles Bois Cendres brutes . . . 16,75 5,09 17,96 5,33 — pures. . ; , 12,173 3,04 15,15 3,62 Acide carbonique. . . 17,56 28,20 7,28 28,78 : se M NE Nr NT AT APR 3 55,29 15,50 58,30 23,79 Acide phosphorique. . 4,11 5,02 5,87 5,93 — sulfurique. . . 4,98 10,08 3,16 4,05 Sesquioxyde de fer. . 3,24 4,14 4,10 4,52 DOME etes 30,96 62,42 20,96 54,70 MAgnÉsIe 4 5, 0,54 0,38 0,71 0,95 PAPOIASSR ST, 512 2,88 2,46 6,90 6,10

À l’aide de ce tableau 1l est facile de calculer le poids de tous ces éléments que la couverture contient par hectare ; mais des sept principes minéraux que l’on trouve dans les cendres, trois surtout (l'acide phosphorique, la potasse et la chaux) sont imtéressants à cause de leur action manifeste sur la végétation et de leur faible proportion dans les sols, au moins pour l’acide phosphorique et la potasse. Ce sont les trois seuls éléments minéraux dont les agriculteurs se préoccupent d'assurer la restitution ; les autres existent toujours en quantité suffisante ou exercent sur la végétation une influence bien moins accusée.

La couverture du taillis de vingt ans en sol calcaire (Fourasses de Villers) contient par hectare :

CENDRES a A

pures RÉ LA POTASSE CHAUX Kilogr. Kilogr. Kilogr. Kilogr.

ALU (FEES SRE S 497 20,5 14,3 154 L'ÉTAT OMR EX 45 2,3 L;1 28 542 22.8 15,4 182

: | Celle du taillis de même âge en sol argileux (Laître-sous-Amance)

donne en :

CENDRES ACIDH hos- OTASSEK Le PRESS De qUe Ph HT Kilogr. Kilogr. Kilogr. Kilogr.

ROHHIES SEAT, 424 24,9 29,3 86,7 à TE AO AM ET ME LE 66 3,9 4,0 122,8 490 28,8 33,3 209 ,5

En estimant le kilogramme d’acide phosphorique à 70 centimes et celui de potasse à 50 centimes qui sont les prix actuels, on obtient pour la valeur de ces deux substances par hectare :

Dans la couverture des Fourasses de Villers. . . . . . 231,65 Dans la couverture de Laître-sous-Amance . .‘. . . . 36,80

A ces chiffres donnant le poids et la valeur vénale des deux substances minérales tarifées dans le commerce des engrais — la chaux, quoique très importante pour la végétation et très abondante dans la couverture, ne pouvant être citée que pour mémoire — il faut ajouter une autre matière à l’état de combinaison organique, l’azote, qui existe en quantité non négligeable dans la couverture, qui joue un rôle capital dans la nutrition, qui est rare dans les sols et dont le prix élevé (1 fr. 50 le kilogr.) augmente de beaucoup la valeur commerciale de la couverture. Si nous admettons le taux moyen de 1 °}, d'azote, on voit que les 3 900 kilogr. de feuilles du taillis en sol calcaire représentent une valeur de 58 fr. 20 qui, s’ajoutant aux 23 fr. 69 de potasse et d'acide phosphorique, donnent un total de 82 fr. 19, correspondant à 21 fr. la tonne. Or la tonne de fumier de ferme, moyennement consommé, représente en azote, acide phosphorique et potasse une valeur de 48 fr. si l’on suppose qu'il s’agit de fumier desséché à 100° et contenant primitivement 75 °/, d’eau (').

1. MM. Münrz et Ginano (Les Engrais, t. I, p. 361) donnent par tonne pour le

fumier de cheval des chiffres oscillant autour de : ATOVS Es ONE DIU EN EN IAE 5 kilogr. à 1f,50 = 7f,50

Acide phosphorique. . . . . 3 — à0,70 = 2,10 Potasse is ne errant 5 — à0,50—= 2,50

Mais il s'agit de fumier frais renfermant de 65 à 80 °/, d'eau sadmettons 75, °h

La tonne de fumier desséché comme la couverture à {00° vaudrait donc 12 >< 4 = 48 fr.

Any DT Y REIMS OR UP AE AR MN ON TUE ANT 9 SULE Er dE (NS APR VU M 4 e 26 ; RATER T4 CE i To . 4 r à VAR È Dre 3 GE

La couverture du taillis de vingt ans des Fourasses de Villers équivaudrait donc à une fumure de 1,7 tonne de fumier sec par hectare ou, pour prendre un terme de comparaison plus habituel, à 6 800 ki-

… logr. de fumier de cheval frais (”), c’est-à-dire aux trois quarts d’une fumure moyenne.

Pour un taillis de même âge en sol argileux (Laïtre-sous-Amance)

on arrive à la valeur de 78 fr. 80, très voisine de la précédente :

36 fr. 80 pour la potasse et l’acide phosphorique, 42 fr. pour l’azote organique.

21. Gouverture totale dans les futaies. — On n’a pas jusqu'ici cherché à déterminer en France la composition chimique de la couverture morte ; les chiffres suivants sont empruntés aux nombreuses expériences faites en Allemagne sur ce sujet.

DANS LA COUVERTURE, AVEC 10 ©/o D'EAU, VA- | POIDS il y a par hectare : LEUR

—— © | VÉ- À “ à ÿ : nale | F. Cendres | Po- Ma- RS à | 2 l’hectare| Azote Chaux P l’hec- !

Ê pures | tasse gnésie qe tare !

Kgr. Kgr. Kgr. | | Hêtre en massif plein .| 9 000! 108,0 | 440,0 | 21.9| 199,3 | 29,2] 22,7|[189(1): Pin sylvestre (1'°, 2° et 3° classes de fertilité).| 14 000! 114,7 | 177,7 |18,9| 66,8 | 17,6] 15,1| 194 4 Pin sylvestre (4° et 5° | IMeclasses). . . . . .| 10000! 81,9 | 126 1 Épicéa . . . . . . .| 15 000! 143,0 | 622

18 SP ATRTIE

| 1. On suppose que, comme dans les calculs précédents, l'azote vaut 1 fr. 50 le kilogr., À l’acide phosphorique 70 cent. et la potasse 50 cent.

EBERMAYER donne dans son livre (p. 108) un tableau que nous reproduisons ici et qui contient les taux minimum, maximum et moyens des principes minéraux contenus dans les couvertures mortes des places d'essai installées dans les forêts domaniales de Bavière.

1. « Une fumure au fumier de ferme, de 30 000 kilogr. pour une rotation de trois ans ou de {0 000 kilogr. par an, est une fumure moyenne, » (Münrz et GirARp.)

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