UN KILOGRAMME DE COUVERTURE SÉCHÉE A
NATURE contient :
de la couverture Cen- | dres KO NaO | CaO | MgO |Fe203|PhOS5 | SO? | SiO3 pures
1 tr fe 99,1 | 8,31! 1,78 | 34,81! 6,92 | 2,28 | 5,85 | 2,54 | 50,80!
| de hêtre. | Minimum . . .| 40,3 | 0,94) 0,15 | 16,99] 2,14 | 0,66 | 1,43 | 0,53 | 5,95.
| Moyenne de 21 analyses. ,| 55,76] 2,97| 0,60 | 24,62] 3,64 | 1,54 | 3,14 | 1,09 | 18,16 Aiguilles $ Maximum . . .|101,9 | 2,42] 1,40 | 38,50| 4,19 | 1,93 | 3,84 | 1,18 | 57,40 | d'épicéa. | Minimum . . .| 31,1 0,95| 0,22 5,36| 0,74 | 0,22 | 1,26 | 0,43 | 3,86
| Moyenne de 18 analyses. .| 45,27| 1,61! 0,56 | 20,27] 2,32 | 0,93 | 2,14 | 0,70 | 16,54
| Aiguilles $ Maximum, . .| 52,7 4,54! 0,68 | 38,67| 3,05 | 1,70 | 4,08 | 1,04 | 4,97 | de sapin. | Minimum . . .| 19,9 | 1,06| 0,57 | 6,23| 1,18 | 0,22 | 2,19 | 0,78 | 0,51 | Moyenne de 5 analyses. . .| 37,85] 2,63| 0,53 | 24,28) 3,52 | 1,08 | 2,80 | 0,93 | 2,35
Aiguilles de mélèze . . . .| 40,0 | 1,83] 0,54 | 8,79| 2,76 | 1,03 | 1,50 | 0,65 | 22,81 Feuilles de chêne. . . . .| 43,9 | 4,03] 0,76 | 17,07! 6,02 | 0,95 | 2,10 | 0,75 | 10,85
Aiguilles f Maximum . . .| 20,0 | 2,44| 1,03 | 10,31] 2,53 | 1,10 | 1,54 | 0,60 | 2,30! de pin. Ù Minimum . . .| 10,5 | 0,95] 0,19 | 2,57| 0,76 | 0,13 | 0,76 | 0,42 | 1,39
Moyennes de 11 analyses, .| 14,65] 1,52] 0,64 5,95! 1,51 | 0,49 | 1,16 | 0,53 | 2,06
Branches mortes de pin syl- | 11,91| 0,43| 0,12 | 3,69 | 0,45 | 0,83 | 0,30 | 0,30 | 3,65,
VEBÉEG Ve Triste Mousses diverses (moyenne)| 30,98] 7,61! 1,42 | 5,47 | 2,51 | 1,82 | 4,78 | 1,65 #00) | Fougère . . . . . . . « .| 67,6 | 24,05| 2,73 | 8,80 | 4,69 | 1,11 | 5,53 | 2,35 | 13,74) HBrayère ie came 20,8 | 2,68! 1,37 | 4,47 | 1,95 | 0,85 | 1,40 | 0,25 | 6,17! Genêt à balai. . . . . . . | 18,1 | 6,45! 0,40 | 2,89 | 2,15 | 0,84 | 1,51 | 0,59 | 1,68!
1. On voit que, pour une même essence, les taux de chaque principe présentent des différences consi- : dérables et que, nous l'avons dit déjà, il faut pour chaque forêt, si l’on veut être exactement renseigné,
une analyse préalable,
Tous ces principes minéraux retournent intégralement au sol soit sous forme de matière noire (partie essentielle de l’humus), soit par dissolution dans les eaux pluviales. Quant à azote, une faible portion se dégage à l’état d'azote libre et est perdue pour la végétation ; mais cette perte est plus que compensée par la fixation de l’azote libre de l'atmosphère sur les feuilles mortes à l’état de combinaison organique.
L’acide phosphorique, la potasse, la chaux et tous les autres principes minéraux puisés dans le sol par les racines des arbres à des profondeurs diverses, dépassant souvent Î mètre, sont incessam-
Pa.
ment et presque en totalité (*) ramenés à la surface sous une forme éminemment assimilable pour servir à nouveau à la nutrition de la forêt. Mais tandis qu'il n’y a nulie déperdition à craindre pour la potasse et l’acide phosphorique retenus dans les premiers centimètres superficiels du sol en vertu de son pouvoir absorbant qui s'exerce surtout par l'argile et l’humus (ce dernier ne manque jamais en forêt), 1l n’en va pas de même de la chaux qui est dissoute et entrainée par les eaux pluviales plus en forêt qu'ailleurs à cause de la forte teneur des eaux forestières en acide carbonique. Aussi est-il très important, même pour les forêts en sol calcaire, de recevoir chaque année ces 120 à 150 kilogr. de chaux en couverture, principe si nécessaire à la végétation et si complètement enlevé par la lixiviation que le sol de la forêt de Haye n’en contient que six parties pour mille de terre fine, bien que la base minéralogique, très rapprochée de la surface, soit constituée par les bancs de calcaire oolithique fissuré du bajocien ou du bathonien (?). C’est pourquoi il est aussi urgent en sol calcaire qu’en sol siliceux de s’opposer à l’enlèvement de la couverture, même au point de vue de l’action si nette. du calcaire sur la flore.
Cest bien peu de chose, dira-t-on, qu’une vingtaine de kilogrammes d’acide phosphorique ou de potasse répandus chaque année sur un hectare. Il est vrai; mais, il faut se rappeler, pour apprécier à sa juste valeur l'importance de ce faible apport, que les sols forestiers sont généralement pauvres ou très pauvres en acide phosphorique (*), élément aussi nécessaire pour les arbres que pour les plantes agricoles.
Il ressort en tout cas des chiffres précédents que les feuilles mortes constituent un engrais trop pauvre pour tenter l’agriculteur, étant
1. Pour la construction de leur anneau ligneux les feuillus à faible accroissement absorbent à peine 10 °/,, les résineux et les feuillus à fort accroissement 15 à 30 °} des matières empruntées au sol (D' Raman).
2. La dose est assez faible pour que le genêt à balai s’installe et se propage sur de nombreux points. |
3. Les terres sont dites pauvres en acide phosphorique quand elles en contiennent de 0,1 à 0,5 °/ de terre fine et très pauvres quand leur taux tombe au-dessous de :! 5 SES
donnés surtout le temps et la dépense considérables que nécessitent leur récolte et leur transport (). Dans les pays où l’agriculture est sortie de l’état primitif on a renoncé à ces détestables pratiques et 1l est grand temps d’y renoncer partout.
Outre cette action directe la couverture joue encore, indirectement, un rôle chimique important puisqu'il s’en dégage incessamment, du moins au-dessus de 0° et d'autant plus que la température est plus élevée, de l’acide carbonique qui, en raison de sa grande densité, s'enfonce dans le sol et vient saturer les eaux qui y circulent et qui acquièrent ainsi leur maximum de pouvoir dissolvant ; puis-
qu’elle fournit aussi de notables quantités d’acide humique (matière :
noire) dont M. SCHLŒsING a si bien mis en évidence le rôle important dans l’ameublissement du sol. ae
Nous nous bornons ici à ces quelques mots, suffisants pour mettre en relief importance de l’action chimique de la couverture. On trouvera plus loin (chap. x) des données plus complètes sur la proportion et le rôle des matières minérales et azotées dans les sols forestiers.
1. « On doit considérer les feuilles mortes moins au point de vue de leur apport en principes fertilisants que comme succédanées de la paille dans les pays pauvres.
« Au point de vue de la qualité du fumier, les feuilles laissent à désirer ; leur décomposition est extrémement lente... Le fumier qu'elles produisent est froid, compact et souvent il a des tendances à devenir acide, aussi est-il prudent de le réserver aux terres riches en calcaire.
« On fait encore aux feuilles mortes, ainsi qu'aux aiguilles de conifères, le reproche
de laisser échapper les urines, de retenir moins bien les excréménts solides et de donner aux animaux un Coucher moins sain, » (Les Engrais, par Munrz et Giranp, t. If, p. 207.)
is.