ÉPAISSEUR FEUILLES DE CHÊNE AIGUILLES D’ÉPICÉA
de la couverture OR
en centimètres 1886 | 1887 |Moyenne 1887 |Moyenne
On voit qu’en moyenne les quantités d’eau évaporée sont d'autant moindres que la couverture est plus épaisse; mais, à partir d'une certaine limile (20 centimètres), elles restent à peu près constantes, quelle que soit l'épaisseur.
La comparaison des chiffres montre que l’eau infiltrée est inversement proportionnelle à l’eau évaporée, si bien qu’en les additionnant on retrouve presque exactement la quantité d’eau tombée pendant la durée de l'expérience.
Done, c’est, en général, surtout la faculté d'imbibition qui est
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à considérer pour l’évaluation des quantités d’eau retenues par la couverture ; elle est très supérieure à celle des sols minéraux (").
C’est surtout l’évaporation qui agit pour diminuer le taux d’eau dans les diverses périodes, comme c’est la perméabilité de la couverture qui agit pour l’augmenter. Survienne une pluie, l’eau est d’abord employée à remplacer celle qui vient de s’évaporer, jusqu’à ce que le matériel soit saturé. Au delà, l’eau s’infiltre. Il est clair que plus il y aura d’eau perdue de ces deux façons, moins il en restera dans la couverture.
La mousse relient plus d’eau que les feuilles et les aiguilles. Si pourtant elle contient moins d’eau que les autres couvertures, cela ne peut tenir qu’à son plus grand pouvoir d’évaporation. La couverture de mousse perd dans les périodes de sécheresse incomparablement plus d’eau que les couvertures de feuilles ou d’aiguilles ; 1 n’est pas rare que, dans les cas extrêmes, son taux s’abaisse à celui qui correspond à sa complète dessiccation à l'air.
Ces différences entre la mousse et les autres couvertures tiennent surtout à la capillarité. Quand les feuilles gisent horizontalement, la poussée capillaire est constamment interrompue, si bien que l’eau ne peut arriver à la surface.
Dès lors, les couches superficielles de feuilles se dessèchent et il se forme ainsi une croûte sèche qui s’oppose énergiquement à l’évaporation en empêchant l’action directe des facteurs qui régissent ce phénomèêne. La couverture d’aiguilles se comporte de la même façon; la présence de vides non capillaires retarde l’ascension capillaire de l’eau et facilite ainsi le desséchement des couches superficielles. La mousse est pourvue de nombreux et étroits espaces capillaires et bons conducteurs, de sorte que la perte de l’eau superficielle par l’évaporation est plus vite et plus facilement réparée que dans toute autre couverture.
1. En admettant même seulement les taux d'imbibition trouvés par les Allemands (150 à 300 °/, du poids) — les chiffres se rapportant à la couverture totale en place sont plus élevés — il y a une énorme différence avec les 30 à 50 °/, qui représentent es facultés d'imbibition des terres meubles. Pour la terre du jardin de l'École forestière, j'ai obtenu 41 °/, et 30,5 pour celle de la pépinière Burté; M. Denérain cite (Zraite de chimie agricole, Paris, 1902, p. 422) des chiffres variant entre 40 et 46. — Les feuilles mortes absorbent de cinq à dix fois plus d'eau que les terres meubles (franches, de jardin) les mieux douées sous ce rapport.
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S1 le taux de l'humidité ainsi que celui de l’eau d'infiltration augmentent dans certaines limites (jusqu’à 20 centimètres) avec l’épaisseur de la couverture, tandis que le taux de l’eau évaporée diminue, cela tient à ce que les parties les plus humides sont situées d’autant plus profondément que la couverture est plus épaisse. Avec une faible épaisseur, les couches les plus humides sont si près de la surface que la perte par évaporation est facilement remplacée par la montée capillaire de l’eau ; 1l s’évapore plus d’eau qu'avec une épaisseur plus grande où les couches les plus humides sont si éloignées de la surface que la capillarité ne s’y exerce pas.
Au delà des limites indiquées, le taux d'humidité de la couver- . ture diminue ainsi que celui de l’eau infiltrée; cela est dû à ce que l’eau apportée est facilement retenue dans ce grand volume de matières organiques qui, rarement saturées, cèdent moins d’eau d’infiltration aux couches inférieures.
Si l’on envisage maintenant l’évaporation non plus de la couverture, mais du sol sous-jacent, il est évident qu’elle sera, même en dehors de la forêt, bien moindre que dans le sol nu, puisque le vent et l’insolation ne peuvent plus faire sentir directement leur action desséchante. En forêt, la différence sera plus forte encore, l’obstacle formé par les cimes venant s’ajouter à celui de la couverture.
On comprend que, suivant la température, le sol, le degré et la durée du vent, de l’insolation, etc., l'intensité de l’action protectrice exercée par la couverture soit fort différente et varie à chaque instant.
Citons seulement quelques chiffres à titre d'exemple.
Quantité d'eau (en grammes) évaporée par 4 000 centimètres carrés de surface.