‹ Les sols forestiersChapitre 47 sur 180 · DONC · texte numérisé non relu

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de basse-cour se décomposent le plus facilement (C0? —95 — 31). Après viennent les pailles employées pour litières (neuf échantillons) qui ont dégagé de 15 à 22 de CO°, puis les fumiers (neuf échantillons) de 8 à 15. Les cuirs et cornes en poudre, la ‘couverture des foréls se détruisent plus difficilement ; mais c’est pour la sciure et enfin là tourbe que le phénomène est le plus lent. » (Wozzny ['].)

Quand les feuilles de chêne, hêtre, épicéa, pin dégagent de 7,2 à 9,9 d'acide carbonique, la sciure d’épicéa n’en donne que 5,2 et la tourbe de 2,9 à 3,92.

En comparant les chiffres obtenus pour les fumiers et les tourbes, on arrive à cette conclusion que les matières organiques se décomposent d'autant plus difficilement que leur altération est plus avancée. Le dégagement d’acide est d’abord très abondant, puis diminue constamment à mesure que l’expérience se prolonge. On comprend que des corps non altérés, c’est-à-dire ayant leur maximum d’affinité pour l’oxygène, une fois soumis à l’action de ce gaz et des autres facteurs de l’érémacausis, dégagent, dès le début, la plus grande quantité d'acide carbonique. Puis, cette sorte d’explosion terminée, la production du gaz 1ra sans cesse en diminuant parce qu'il ne restera plus dans la substance en question que des matières organiques ayant les caractères de l’humus, lentes à s’oxyder.

L’azote des principes azotés se comporte comme le carbone ; la plus grande partie se transforme rapidement, puis la nitrification se ralentit de plus en plus.

Quant à l’influence de ces composés azotés sur la décomposition de la matière totale, elle n’est pas encore bien éclaircie. R

Il est incontestable que cette altération est, en général, d’autant plus rapide que la substance est plus riche en azote. L'observation de chaque jour le prouve et, dans les expériences dont nous venons de parler, le dégagement d’acide carbonique est à peu près propor-

tionnel au taux d’azote. Celui-ci entre dans des combinaisons nou-

velles, forme par exemple la matière azotée des bactéries et des byphomycètes et favorise la mise en liberté du carbone qui lui était uni.

1. Voir le tableau complet dans l'ouvrage déjà cité de Wozeny, p. 164.

RON TA, À ETS

b) HYPHOMYCÈTES

43.— Des champignons à mycélium filamenteux (hyphomycètes), plus élevés en organisation que les bactéries, interviennent aussi, pour une part très variable du reste, dans la décomposition de la couverture par érémacausis. Ce sont eux qui, cheminant entre les couches de feuilles mortes (‘), relient ces feuilles entre elles, les tissent en quelque sorte en un feutre continu plus ou moins épais qu’on peut soulever d’une pièce sans le rompre. Parmi ces mycéliums, il en est des blancs et des bruns; les premiers, moins résistants, plus figaces, forment le thalle des innombrables espèces de champignons humicoles; les seconds sont beaucoup plus durables; ils appartiennent pour la plupart au genre Cladosporium (). « Aussi loin qu’on rencontre dans le sol, dit MuLer (*), des traces de la vie organique de la surface, on trouve des champignons ; dans le terreau notamment et dans la couche superficielle du sol, il y a un tel enchevêtrement de filaments mycéliens d’une finesse microscopique, de formes et de couleurs diverses, que le plus petit grain de terre placé sous le microscope en offre toujours quelques-uns à l’observateur. Ce sont les filaments hyalins, facilement décomposables, qui paraissent former la majorité. » Tous ces organismes entrent en contact intime avec les feuilles ou les axes morts sécrétant des sucs acides qui dissolvent à leur profit les principes minéraux insolubles, utilisant à la constitution de leurs propres tissus les albuminoïdes des feuilles ou axes en décomposition (‘) et leurs hydrocarbures, en un

{. Dans l'arrière-saison, même avant leur chute, les feuilles des arbres sont envahies par divers champignons.

2. Rosrnue nomme provisoirement Cladosporium humifaciens une forme de mycélium brun, très commune dans la couverture morte et extrêmement résistante, mais dont on ne connaît pas encore la fructification.

3. Studien über die natürtichen Humusformen, par le D'° P. E. Murrer, de |

Copenhague, Berlin, Springer, 1887, p. 15. Il est facile, en examinant au microscope de fines particules d'humus, de constater qu'en effet presque toujours on y rencontre quelques tronçons de filaments mycéliens. «

4. D'après les analyses de Gouncxer (Z. f. Forst- und Jagdwesen, 1882, p. 403), le

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