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C) ANIMAUX

44. Action des animaux dans la décomposition de la couverture. — Les bactéries et les champignons ne sont pas les seuls

coup. de sels nutritifs sont exemples de mycorhizes ; chez celles, par contre, où cette quantilé d'eau est petite, on constate la formation des mycorhizes. Le résul-

tat d'une forte transpiration est une abondante formation de racines et de radicelles,

ce qui n'a pas lieu chez les plantes soumises à l'influence des mycorhizes. (Journal forestier suisse, 1901, pp. 32-34.)

1. Les autres conclusions les plus intéressantes du travail de M. KoniG sont les suivantes : « Pendant la vie des feuilles et après leur chute, il se développe une flore variable de champignons. Gette flore est tellement caractéristique qu'elle donne des renseignements sur l'âge de la feuille mourante ou morte.

« Trichoderma Koningi fructifie sur les feuilles peu après leur chute ; il est actit durant tout le processus d'humification et peut être isolé en tout temps de l'air et du sol des bois.

« D'après la richesse de la flore cryptogamique sur les feuilles de Quercus et la pauvreté de cette même flore sur les feuilles de Fagus et les aiguilles de Pinus, il faut que les feuilles des chênes se décomposent plus rapidement que celles des hêtres et des pins. »

Cette dernière conclusion semble mal fondée, puisqu'on sait, au contraire, que les aiguilles de pin se décomposent moins vite que les feuilles de chône et de hôtre. L'erreur de l'auteur provient de ce qu'il ne voit qu'un côté de la question — la destruction par les hyphomycètes — et néglige l'action si importante des bactéries.

agents de la décomposition de la couverture morte et de sa trans-

formation en humus. De nombreux animaux y contribuent.

Ce sont des rhizopodes, des anguillules (nématodes), des lombrics (vers de terre), des crustacés (cloportes), des mollusques (escargots, limaces), des myriopodes (iules, scolopendres) et une foule d'insectes, soit à l’état parfait, soit à l’état de larves.

Ces animaux dilacèrent les débris végétaux ou animaux, s’en nourrissent et déposent ensuite leurs excréments, dans lesquels les matières se sont déjà partiellement transformées. L'action des animaux est extrêmement variable suivant les circonstances locales ;

elle peut être très considérable (humus neutre) ou insignifiante

Né

(humus acide) et, dans le premier cas, suivant les sols et les climats, c’est l’un ou l’autre des groupes cités qui a l’action prépondérante.

La dilacération des feuilles mortes.par. les animaux ne paraît avoir que peu d'importance sur leur décomposition.

P. Kosryreugrr mit à décomposer deux lots (75 grammes) de feuilles de diverses espèces (chêne, érable, bouleau) dont l’un avait été rongé par les vers de terre et, au bout d’un mois, on détermina dans les deux lots là quantité d’acide carbonique qui s'était dégagée en huit jours. On la trouva égale à 08,9384 dans les feuilles rongées et à 08,8338 dans les feuilles non rongées.

Des feuilles de chêne (60 grammes) rongées par Lulus terrestris ont dégagé 05,663 d’acide carbonique, presque le même chiffre que (0s",638) les feuilles non rongées.

Quand les matières organiques, au lieu d’être simplement dilacérées, pulvérisées par les animaux, ont passé dans leur tube digestif (vers de terre, insectes), leur décomposition s’en trouve notablement facilitée. Le suc intestinal des vers est de la même nature que la sécrétion pancréatique des animaux supérieurs et peut, comme elle, émulsionner les graisses, dissoudre les matières albuminoïdes, transformer l’amidon en sucre et même attaquer la cellulose. On peut en conclure & priori que les matières organiques subissent dans leur passage à travers le tube digestif des transformations chimiques multiples qui les rendent plus décomposables.

Ce fait est démontré par les essais suivants, dus encore à

WoLLny (‘). De la terre arable, riche en humus, fut, après un mélange intime, divisée en deux portions de 1 000 grammes chacune qu’on plaça dans des bocaux. L’un d’eux reçut dix vers de terre. L'expérience dura trois mois pendant lesquels le sol fut arrosé d’eau distillée et l'humidité maintenue au même taux dans les deux vases. À l’automne, les lots furent desséchés au soleil, après qu’on eut enlevé les vers de terre, et analysés aussitôt au point de vue de l’altérabilité des matières organiques et du taux en principes nutritifs solubles.

Le dégagement d’acide carbonique peut, avons-nous vu, servir à mesurer l'intensité de la décomposition. On trouva:

1er ESSAI

avec vers sans vers avec vers sans vers A. Du 7 au 16 novembre (moyenne 25 = ma

dehuit dosages}. 17%, Lau, 5,43 3,88 8,04 3,08 B. Du 19 au 28 novembre (moyenne de neuf dosages). . , . . . , 3,07 2, 52 5,61 1,90

Le dégagement d’acide carbonique est donc beaucoup plus intense dans le sol muni de vers, de même que le taux des matières minérales solubles et de l’azote y est plus élevé; ce que montrent les chiffres suivants :

AZOTE MATIÈRES (ammoniacal minérales et nitrique) solubles °lo ‘lo F Sol avec vers de terre , 0,03851 0,08672 © À Sol sans vers de terre . 0,03251 0,03267 B Sol avec vers de terre . . . 0,01795 0,15338 " À Sol sans vers de terre . 0,01635 0,03362

La richesse du sol en principes nutritifs assimilables est augmentée par l’action des vers de terre. En second lieu, ces utiles animaux influent, comme nous le verrons plus loin, sur la fertilité du sol, en le rendant poreux, perméable, élastique, grâce aux nombreuses galeries qu’ils y creusent en tous sens, en lui donnant cette

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