‹ Les sols forestiersChapitre 58 sur 180 · Mélange de l'humus à la terre minérale. — Comment · texte numérisé non relu

Mélange de l'humus à la terre minérale. — Comment

se fait ce mélange si prompt, si régulier, si intime de la matière organique au sol minéral ?

1, Nous n’en avons du moins jamais trouvé dans les forêts feuillues de Lorraine.

Dans les sols agricoles, il est singulièrement hâté, facilité par les manipulations multiples (défonçages, labours, hersages, roulages) que subit la couche arable. Dans les sols forestiers, où ne pénètrent jamais les instruments agricoles, ce mélange se fait naturellement par le concours de plusieurs facteurs dont les principaux sont :

50. Action des racines. — Lorsqu'on fait des fouilles dans un sol forestier, on y rencontre, jusqu’à une profondeur variable avec sa compacité, une proportion très considérable de racines de toute taille formant un lacis plus ou moins serré. Bon nombre de ces racines, qu’elles appartiennent au peuplement dominant, au sous-bois ou au tapis végétal, meurent chaque année et fournissent de l’humus qui peut se trouver ainsi enfoui tout naturellement jusqu’à 1 mètre et plus de profondeur.

51. Entraînement par les eaux d'infiltration. — Mais c’est de la couverture que provient la plus grande partie de l’humus du sol. Les plus fins grumeaux d’humus peuvent être entraînés mécaniquement dans les interstices du sol par les eaux pluviales, comme il arrive pour le sable ou l’argile en grains très fins ; du reste, l’humus est quelque peu soluble dans l’eau, et il est entraîné sous forme d’acide humique jusqu’à ce qu’il rencontre des sels qui le précipitent à nouveau.

52. Action des vers de terre. — Lorsqu’en automne, dit Mur- LER (loc. cit.), on observe de près le sol récemment couvert de feuilles mortes, on remarque de petites places nues ou à peu près, souvent à 0*,10 ou 0®,15 les unes des autres. Sur ces emplacements se voient de petits tas d’une terre noire mélangée de nervures et de fragments de feuilles, et dans le milieu du petit amas de terre se trouve fréquemment une feuille de hêtre disposée en cornet, la pointe fixée dans le sol. Ces petits tas désignent les ouvertures des galeries des lombrics et les grumeaux noirs qui forment ces tas consistent essentiellement en excréments des vers. En examinant la terre avoisinante, on voit partout ces mêmes éléments, mais éparpillés, aplatis par la pluie; par une observation prolongée, on se convainc que

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