MÉLANGE DE L’HUMUS A LA TERRE MINÉRALE
pores, en créant de nouveaux, provoquant en un mot l’ameublissement du sol. C’est cette sorte de foisonnement du sol que WoLLwy a encore cherché à déterminer. Il a rempli d’un sol arable humique et humide, finement tamisé, deux vases cylindriques dans l’un desquels il mit cinq vers de terre. Après avoir égalisé la surface, il saupoudra chaque vase avec le même sol pour empêcher l’évaporation et la sortie des vers. Au bout de six semaines la terre peuplée de vers non seulement était complètement mise en grumeaux, mais encore avait augmenté notablement de volume. Celui du sol sans vers de . terre était resté de 232 centimètres cubes tandis que celui du sol peuplé de vers était porté à 296 centimètres cubes, avec une augmentation absolue de 64 centimètres cubes et une augmentation relative de 27,9 °/,. On comprend aisément que les racines, l'air et l’eau pénètrent beaucoup plus aisément dans un sol ainsi travaillé.
J'eus l’occasion, il y a quelques années, de constater avec quelle rapidité se produirait en forêt, en plein massif, dans des coupes de taillis sous futaie de trente ans, le durcissement du sol en l’absence des vers de terre (n° 28).
S1 les vers de terre sont bien certainement sous nos latitudes les agents les plus actifs de l’ameublissement du sol forestier, il serait injuste de ne pas citer, à côté d’eux, une multitude d’autres invertébrés, notamment les fourmis qui accidentent le sol de certaines forêts de leurs innombrables monticules, une légion de larves d’insectes, des myriapodes, même des mollusques. |
Dans les pays tropicaux, en Guinée, par exemple, ce sont presque uniquement les myriapodes (iules) qui mélangent et fabriquent la terre végétale. |
53. Action des autres animaux. — Tous les animaux vertébrés fouisseurs, depuis le sanglier et le lapin jusqu’à la taupe, la musaraigne, les campagnols, les mulots, auxquels il faut joindre de nombreux invertébrés, contribuent à opérer le mélange de la couverture morte superficielle avec le sol sous-jacent.
Quant à la part prise par chacun de ces facteurs dans l’ensemble du phénomène elle est, comme bien on pense, difficile à établir. En tout cas, 1l est vraisemblable, fait remarquer le D' MuLLER, que
PASS INR PT PS ET EE TP OCTO Lier.
les causes inorganiques (entraînement mécanique, dissolution), qui effectuent le mélange des détritus végétaux avec la terre minérale, agissent de la même façon dans les sols de terreau neutre et dans ceux à humus acide. Puisque, néanmoins, le mélange se fait d’une manière trés inégale dans les deux cas, cela ne peut tenir qu’à l’activité inégale déployée par l’autre facteur (les êtres animés), activité à peu près nulle sous la tourbe ou les humus imparfaits, très intense au contraire dans les sols à terreau neutre.
54. Distribution de la matière organique dans les sols forestiers. — La matière organique est incorporée d’une manière égale aux plus fines particules du sol minéral. Elle existe, en outre, à l’état de grumeaux isolés enrobant les éléments des cendres.
En général, les matières humiques ne sont pas également réparties dans les diverses zones du sol; elles vont en diminuant à partir de la surface. On l’a démontré expérimentalement pour les sols forestiers comme pour la terre noire de Russie. Ainsi TUXEN a trouvé dans des sols de forêts de hêtre :
Ss0L SOU8-80L Couche supérieure. . -. . . , . .., 2,67 0,31 Couche inférieure. . . : . . . : . 1,23 0,29
d'humus pour 100 de terre fine.
Dans le tchernozem, le taux de la matière organique varie à la surface entre 5 et 10 °/, pour diminuer progressivement dans les couches profondes, jusqu’à n’être plus que de 0,5 à 1 à 40 pouces de profondeur.
M. GRANDEAU a trouvé dans onze sols forestiers des taux oscillant entre À et 12 °/,. Les nombreuses analyses faites au laboratoire de l'École forestière ont donné des taux variant entre À et 7 °], pour la couche supérieure du sol comprenant les 20 ou 50 premiers centimètres.
Cette diminution de haut en bas tient, d’une part, à ce que les racines se développent d’autant plus abondamment qu’elles sont plus près de la surface et, de l’autre, à ce que toutes les causes qui interviennent pour mélanger la couverture morte au sol minéral concentrent leurs effets dans les couches superficielles.