‹ Les sols forestiersChapitre 62 sur 180 · Ce sont les Rohhumus des Allemands · texte numérisé non relu

Ce sont les Rohhumus des Allemands

tagnes) ou quand l'humidité fait défaut ou quand le sol est pauvre en principes nutritifs. Toutes ces conditions défavorables à l’érémacausis peuvent provoquer le dépôt de matières organiques plus ou moins décomposées sous forme de couches épaisses et compactes. Suivant l'endroit où ils se produisent on distingue, parmi les principales variétés () : |

L’humus brut des steppes formant une partie intégrante des sols des prairies, des pampas, des terres noires (échernozem).

L’humus brut de bruyère dans les régions où les conditions de sol et de climat sont si favorables à la végétation de la bruyère (calluna vulgaris) qu’elle étouffe presque entièrement toutes les autres plantes et couvre le sol d’un tapis serré.

L’humus brut forestier se formant par places dans les forêts à sol sablonneux et sec, où s'installent les airelles et lés bruyères qui contribuent, par leur réseau serré de racines et leurs détritus

propres, à l’augmentation de la couverture morte dont la décomposi-

tion est ralentie par le manque d’air et d'humidité. Telles sont, avec l’humus doux ou terreau neutre, les principales sortes d’humus formés à sec. Les phénomènes d’oxydation y dominent.

Quand les matières organiques se décomposent sous l’eau, ce sont les phénomènes de réduction qui interviennent puisque l’oxygène n'arrive plus. Au lieu d’érémacausis on a la décomposition forménique où putréfaction ; au lieu que presque toute la matière se volatilise en donnant simplement de l'acide carbonique, de l’eau, de l’ammoniaque et en laissant un trés faible résidu formé surtout de matières minérales, les caractères de la décomposition forménique, dont la tourbe est le type, sont de donner beaucoup moins de produits gazeux (mais très divers: formène, acide carbonique, hydrogène, hydrogène sulfuré, hydrogène phosphoré, protoxyde d’azote, azote) et de laisser un fort résidu de matière organique noire, désormais très rebelle à la décomposition, qui, outre ses principes non azotés, renferme diverses combinaisons azotées (leucine, tyrosine, indol, scatol, amines primaires, acides amidés, etc.), de l’ammoniaque, et enfin des acides gras volatils (tels que l’acide butyrique).

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