‹ Les sols forestiersChapitre 73 sur 180 · CASES · texte numérisé non relu

CASES

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Garbonate de chaux. . . 0,20 (°) 45,75 128,50 ROUES ne ES D. 0,20 0,27 Acide phosphorique. . . 0,02 0,06 0,33

1. Ges cases, placées dans un endroit bien ensoleillé, ont leurs parois constituées par des murs recouverts de ciment. Elles ont chacune 9 mètres carrés (3 X 3) et …. 1",20 de profondeur et sont munies d'un tuyau avec robinet permettant de laisser — écouler à volonté l'eau du fond.

2. Ge sable est employé tel quel par MM. Daum, de Nancy, maîtres verriers.

3. Gette faible quantité de calcaire qui a pourtant suffi à la luxuriante végétation de cette case provient en grande partie des arrosages (à l’eau de Moselle) ; car le sable pur n’en contient que des traces non dosables,

Genêt à balai. — Six genêts à balai (Sarothamnus scoparius) ont été plantés dans chaque case à la fin de mars 1897 et ont tous repris ; déjà, érois mois aprés, l'influence nocive de la chaux s’accuse nettement.

Le 6 juillet, les plants de la case [ sont bien verts et très vigoureux; ceux de la case Il sont moins grands et nettement chlorotiques ; dans la case IT et surtout dans la case IV ils sont encore plus chétifs et plus jaunes. A la fin de la première année de végétation, les genêts en sable pur ont de 0",60 à 4",20 de hauteur ; ceux de la

case IT sont mourants, sauf un; ceux des cases [IT et IV sont morts.

Cette observation montre que le genêt à balai ne peut en général (*) vivre dans un sol qui contient seulement 5 de chaux pour 1000 de terre fine.

lei l’action chimique peut être seule invoquée, puisque la proportion de craie en poudre incorporée au sol (1 °/.) est évidemment trop faible pour influer sensiblement sur les qualités physiques du sol.

Des genêts furent plantés en même temps et tout à côté dans le sol calcaire du jardin et dans du terreau de bruyère. Ces derniers prirent une végétation luxuriante ; on dut les arracher parce qu'ils devenaient gênants ; ceux qui croissaient dans le sol du jardin dépérirent peu à peu. En avril 1904, ils étaient tous morts, sauf un qui, comme celui de la case II, avait su s'adapter à ce milieu défavorable.

Pin maritime. — À Ja fin de la première année (octobre 1897) les plants des cases I, Il et IT ont les aiguilles bien vertes ainsi que ceux en terre de bruyère, tandis que les sujets placés dans la case IV

1. Nous disons : en général, puisque, sur les six plants repiqués dans la case II et : qui avaient parfaitement repris, cinq seulement sont morts; un a survécu et, après .

être resté quelque temps chlorotique, est devenu aussi vert et aussi gros que ceux de la case I. Tous ces plants qui gênaient les jeunes arbres des cases furent recépés en mai 1899 (ils mesuraient 2,50 de hauteur) ; ils donnèrent des rejets vigoureux et furent arrachés en mai 1901 ; leurs racines, dont les radicelles portaient d'innombrables tubercules radicaux, les uns vides, les autres pleins et actifs, plongeaient jusqu'au fond de la case sur lequel sans doute elles s'étalaient pour absorber l'humidité. L'unique plant survivant de la case II était aussi beau, aussi puissamment enraciné que ceux de la case [.

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sont chétifs et chlorotiques et que ceux mis dans le sol du jardin sont morts.

Un an plus tard, les pins maritimes sont d’autant plus grands, plus ramifiés, plus verts que le sol est moins calcaire, ceux de la case IV sont toujours chéufs et jaunes ; un a succombé.

En octobre 1905, les pins ont neuf ans. Ceux de la case I ont jusqu’à 3°,30 de hauteur et les plus gros mesurent 0",18 à 0",20 de circonférence à la base. Dans la case IT l’influence nuisible du calcaire assimilable se fait déjà sentir, mais une tige dépassant notablement les autres mesure encore 3",30 de hauteur. Dans la case III (3 de chaux pour 100 de terre fine), le plus grand ne dépasse pas 2®,89 et dans la case IV (10 de chaux pour 100 de terre fine), des six plants mis en terre en 1897, il n’en reste qu’un à feuillage chlorotique et qui atteint 2",40 ; les cinq autres ont péri ('). Quant aux pins maritimes sernés, ceux des cases I et IT sont, à la fin de la première année (1897) bien vigoureux et bien verts ; ceux des cases III et IV sont chlorotiques, surtout les derniers. Au 10 août 1898, les semis des cases I et IT sont également beaux ; ceux de la case IT sont veris, mais moins grands; dans la case IV, il vivent, mais sont très souffreteux ; tous sont Jaunes au sommet. En 1900, on ne laisse que dix plants dans chaque case ; on arrache les autres dont les cinq plus beaux pesaient 15,110 dans la case IT, 121 grammes dans la case III et 25 grammes dans la case IV. Des dix pins de semis laissés dans cette dernière case 1l n’en reste en 1905 que cing dont le plus grand a 1,90; les semis des autres cases sont aussi hauts que les pins plantés.

L'influence chimique de la chaux est ici encore indéniable. Le pin maritime a pu vézéter pendant dix ans dans un sol renfermant environ 9 °/, de calcaire fin assimilable ; il y est quelque peu chlorotique

-{. Un pin maritime dans chacune des cases Let Il a porté des cônes pour la première fois en 1905. Tous les plants ont parfaitement résisté aux neuf derniers hivers qui. à Nancy, ont été du reste peu rigoureux,

« Cette essence, dit Mathieu, résiste à des froids rigoureux et supporte le climat de la Lorraine où il fructifie. »

Les plants repiqués dans le sol du jardin sont morts dès la première année: dans la terre de bruyère ils ont persisté.

cependant et sa croissance est moins belle que dans le sable pur; mais, quand la proportion de calcaire assimilable s’élève, comme dans la case IV, à 48 °/, les arbres meurent.

Ï résulte de là qu’il ne faut pas chercher ailleurs que dans l'in-

fluence chimique de la chaux la cause de la mauvaise végétation, du

dépérissement et de la mort des pins maritimes sur les sols calcaires. Car toutes les conditions, même les conditions physiques du sol, ont été constamment identiques, au moins pour les cases I, IT et IT. Dans la case IV la proportion de craie fine est assez forte pour modifier sensiblement les qualités physiques (notamment la Compas la faculté d’imbibition).

Mais il est essentiel de s'entendre sur ce terme : sol calcaire. On: voit des pins maritimes végéter très vigoureusement sur des sols.

dont la base minéralogique est formée de calcaire dur, compact, soit pur, soit siliceux, soit dolomitique et qui sont réputés sols calcaires (‘).

1. On lit dans la Flore forestière d'Espagne, par Lacuna (p. 92) : « Cette essence est très peu délicate sur la nature du sol. Nous l'avons vu en sol calcaire, arénacé, granitique, gneissique, serpentineux. Le semis de pin maritime réussit d'ordinaire assez bien surtout sur les sols légers, sablonneux ; sa culture est plus difficile en sol calcaire où cependant il croît aussi, quoique SAMANOS affirme que « le calcaire et ce « pin sont irréconciliables ». On rencontre sur des roches calcaires de nombreux et beaux peuplements de cette essence dans plusieurs de nos provinces (Guença, Valence, Jaen, Grenade, etc.). » D'autre part, on sait qu’il y a des pins maritimes spontanés, d'une végétation superbe sur les collines calcaires (muschelkalk ou jurassique)du département du Var où ils sont nettement envahissants. Des échantillons de roches recueillies sur la colline de Malmont, près de Draguignan, étaient les uns calcaires, les autres siliceux ; et la terre fine, même dans le sous-sol toujours plus riche en calcaire, n’en contenait pas plus de 20 °/.. La forêt de Roquevignon, promenade de la ville de Grasse, a été semée vers 1875 en pin d'Alep et pin maritime. Le sol très superficiel est formé de terre fine d'un rouge foncé mélangé de pierrailles d’un calcaire très dur. La base minéralogique est du calcaire bajocien très siliceux, parsemé de silex ; ces calcaires sont exploités pour les constructions tout près du point où a été pris l'échantillon de sol, lequel ne renferme que 9,5 °/. de calcaire. On y voit aussi deux gros chênes-liège, essence nettement silicicole, Les pins maritimes y viennent très bien ; ils sont beaucoup plus gros, plus vigoureux, plus élevés que les pins d'Alep, assez chétifs et envahis presque tous par la tuberculose spéciale à cette essence. Les pins maritimes plantés sur le versant sud äu mont Ventoux (forêt de Bedoin) végètent fort bien dans un sol qui ne renferme que 5 °/, de calcaire fin, quoiqu'il repose sur d’épaisses couches de calcaire. Voilà des sols réputés calcaires qui le sont donc fort peu; c'est sans doute aussi le cas des autres points de la Provence et des calcaires d'Espagne (voir plus loin l'analyse du sol de la forêt d’'Izarraits [Espagne] où croît le châtaignier).

Cela tient à ce que la roche, presque insoluble, n’influe pas sensiblement sur la végétation ; ce qui importe, on ne saurait trop le répéter, c’est le calcaire de la terre fine et de celui-là, toujours, le taux est fable — inférieur à 10 °{, par exemple — dans les sols où croît spontanément le pin maritime.

Aussi, malgré l’apport dans le débat d'exemples en apparence contraires à la doctrine de l’influence chimique(pins maritimes spontanés sur les calcaires de la Provence et de l'Espagne), on doit continuer à affirmer l’exactitude de l’assertion de notre éminent maitre MATHIEU, qui dit du pin maritime (!) :

« C’est une espèce essentiellement silicicole que repoussent les terrains calcaires, sur lesquels elle reste chétive, avec un feuillage d’un vert jaune, et succombe prématurément. »

D'autre part, les cultures de pin maritime et de châtaignier dans les cases de végétation de l’École forestière, dont la composition physique et chimique est exactement connue, corroborent pleinement l'explication donnée par MM. Fuice et GRANDEAU dans leurs recherches relatives à l'influence de la composition chimique du sol sur la végétation du pin maritime et du châtaignier.

Donc, la cause est entendue.

Châtaignier. — Des six châtaigniers plantés dans chaque case en mars 1897 et qui ont tous repris, ceux de la case I sont en octobre de la même année plus petits (fait assez bizarre), mais plus verts que ceux de la case IV : dans les cases IT et IT ils sont plus grands que dans [. Un an après (10 août 1898) les châtaigniers des deux premières cases sont en très bon état, sans une feuille sèche, tandis que dans la case IIT, sous l’influence néfaste de la chaux, deux plants sont morts, deux sont mourants, deux seulement ont encore des feuilles verles mélangées à d’autres desséchées prématurément. Dans la case [V c’est encore pis : quatre plants sont morts; un est mourant ; un seul reste vigoureux avec quelques feuilles sèches.

Neuf ans après (automne 1905) les châtaigniers des deux premières cases, tout en demeurant buissonnants, sont bien feuillés et vigou-

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