‹ Les sols forestiersChapitre 78 sur 180 · L'ART · texte numérisé non relu

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miacaux, nitrates) pour entretenir la fertilité de leurs champs. Les sols indéfiniment fertiles sans fumure (terres noires de Russie) sont de très rares exceptions.

On n’apporte jamais d’engrais à la forêt et, malgré les déperditions incessantes d’azote dues à l’enlèvement des bois exploités et aux décompositions chimiques, la vie végétale s’y reproduit indéfiniment et le sol forestier, au lieu de s’appauvrir en azote, s'enrichit, comme 1l est facile de le constater dans les forêts créées sur les sables tertiaires presque purs de France et de Belgique.

I faut donc qu'il y ait des gains qui viennent compenser, et au delà, les pertes.

Quelles sont les causes de gain et de perte d'azote combiné en culture forestière ? ;

Cette question, d’un intérêt si évident pour l’agriculture, qui a été et qui est encore si ardemment discutée par les chimistes et les agronomes, qui à suscité tant de controverses passionnées et tant de travaux remarquables, qui est du reste loin d’être épuisée aujourd'hui, mérite d’être envisagée spécialement au point de vue de la forêt, parce qu’en raison de la durée et des exigences des essences forestières, en raison du couvert et de la couverture, de l’absence de culture du sol, et d'autres circonstances encore, les processus chimiques et biologiques y sont souvent autres qu’en plein champ.

Gains. — Le sol forestier peut s'enrichir en azote :

4° Par l'apport, aux plantes ou au sol, d'azote combiné venant de l'atmosphère ou des eaux météoriques ;

2° Par les matières azotées qui retournent chaque année au sol sous forme de détritus végétaux et animaux ;

3° Enfin, par la portion d’azote gazeux qui pourrait être fixée soit par les plantes vivantes, soit par les matières organiques mortes, soit par les éléments minéraux du sol.

On ne voit pas d’autres causes possibles d'augmentation dans le taux de l’azote combiné.

Pertes. — Le sol forestier s’appauvrit en azote : 1° Par la consommation des plantes herbacées ou ligneuses qu'il nourrit. Nous venons de dire que cette consommation s’élevait à

90 kilogr. environ d’azote, par hectare et par an, dont une dizaine, au moins, est contenue dans le bois, c’est-à-dire dans la récolte exportée et ne fait pas retour au sol ; |

2° Par la portion d’azote combiné non retenue dans les couches superficielles du sol et entraînée avec les eaux de drainage ;

3° Par la portion d’azote combiné qui, dans les divers processus de décomposition des matières organiques, retourne à l’état d’azote gazeux dans l’atmosphère.

On ne voit pas d’autres causes possibles de diminution.

En faisant la balance des gains et des pertes, on saura si le sol de la forêt s'enrichit ou s’appauvrit en cet élément, si parcimonieuse-

ment départi même aux sols agricoles et d’une si grande importance pour la végétation. Des analyses chimiques faites à des intervalles suffisamment éloignés permettront de contrôler la première méthode.

Examinons d’abord le côté : Pertes d'azote.

Elles résident essentiellement dans la quantité d’azote contenue dans le bois exporté. Cette quantité s'élève en moyenne à 10 kilogr. (‘). D’après les recherches de ScaRÔDER (°) une forêt de fertilité moyenne

fixerait annuellement par hectare dans ses tissus ligneux de 7 à .

10 kilogr. s’il s’agit de hêtres, 7 kilogr. si elle est constituée par des bouleaux, 13 kilogr. s’il s’agit d’épicéas ou de sapins. Ces nombres peuvent varier suivant diverses circonstances, par exemple suivant que la forêt est exploitée en futaie ou en taillis à courte révolution (n° 74). |

Des deux autres causes de déperdition, celle qui est due aux eaux

de drainage ne se rencontre pas en culture forestière, par la raison

1. M. Cnevannier qui, dès 1844, a fait le premier des recherches très complètes sur la composition élémentaire des diverses régions des principaux arbres forestiers, arrive au triple de ce chiffre pour l'azote de la production ligneuse d'une forêt de hêtre ; mais il indique pour le bois des taux d'azote (0,5) qui n'ont pas été retrouvés. ScHRÔÜDER 4 fait de nombreuses analyses qui lui ont donné 0,15 à 0,20 °/, d'azote dans le bois de quartier, 0,20 à 9,30 dans le bois de rondin, 0,30 à 0,50 dans les fagots, 0,5 à 0,9 dans l'écorce. Nous avons trouvé dans du bois de hêtre (forêt de Champenoux) 0,145 et 0,147 °/, dans les sept derniers anneaux ligneux ; 0,083 et 0,112 dans les couches plus centrales.

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