‹ Les sols forestiersChapitre 82 sur 180 · PNA URN OURE VE CO PONT RER D · texte numérisé non relu

PNA URN OURE VE CO PONT RER D

1. Ainsi, dans les deux essais précédents, le charme a fixé beaucoup plus d'azote que le chêne ; est-ce une des raisons pour lesquelles les feuilles de charme sont si recherchées par les vers de terre? Des feuilles de tremble ont fixé dans un essai 0,49 °/, et dans un autre 0,15, des feuilles de hêtre 0,20 °,, des aiguilles d'épicéa 0,15, des aiguilles de pin d'Autriche 0,12, en rapportant toujours ce taux au poids initial, c'est-à-dire en calculant le gain absolu.

2. C'est une raison de plus — ajoutée à tant d'autres — pour que les propriétaires de forêt s'opposent à l'enlèvement de cette précieuse couverture morte qui rapporte au sol, avec toutes les matières minérales et azotées des feuilles, une quantité d'azote sensiblement égale à celle dont s'appauvrit le sol par l'exploitation du bois.

par deux naturalistes, l’un allemand (°), l’autre italien (*), qui ont, eux aussi, constaté une fixation d’azote atmosphérique pendant la décomposition des feuilles.

M. SücarinG conclut de ses recherches que la fixation d’azote est due à un microorganisme semblable au Clostridium pasteurianum de WINOGRADSKY.

Le D° MOoNTEMARTINI à opéré sur des feuilles de platane et d’aune. Ï termine ainsi son travail : « Pendant le processus de décomposition des feuilles tombées des arbres, il se fixe de l’azote atmosphérique et cette fixation n’a pas lieu quand on stérilise la matière, ce qui signifie que le phénomène est dû à la présence de microorganismes. Je n’ai pu jusqu'alors déterminer s’il s'agissait des organismes étudiés par WiNoGrADSKY et SUCHTING ou s’il en intervient d’autres diffusés dans le sol. En tout cas, le résultat est important pour qui étudie la signification biologique de la chute des feuilles. Ainsi que Wies- NER (°) l’a fait encore remarquer récemment, outre que les feuilles à leur chute restituent au sol tous les principes minéraux non fixés dans le corps de l'arbre, elles forment chaque année un substratum de vie pour les microorganismes, qui jouent un rôle si considérable dans la fertilisation du sol.

« Ge résultat est important aussi au point de vue pratique parce qu’il montre combien peuvent être nuisibles la récolte et l’exportation des feuilles sèches qui tombent des arbres à l’automne. »

Le mécanisme à l’aide duquel se fait cette fixation est encore assez obscur. Les bactériologistes qui s'occupent de ces délicates recherches imclinent maintenant à croire que le phénomène est dû à

1. H. Sücartine, Die Assimilalion des freien atmosphärischen Stickstoffs in toten Laub der Waldbäume (Amtsbl. d. Landwirthsch. Kammer f. Kassel ëx Hannoversch. Land- und Forstw. Ztg 1905).

2. Dott. Luigi MontemanTini, La fissazione dell’ azoto atmosferico durante la decomposizione delle foglie cadute dagli alberi (Estratto dal Periodico : Le Stazion sperimentali agrarie italiane, 1905, vol. XXXVIIL, fase. 10, 11, 12, pp. 1060-1065).

3. J. Wiesner, Die biologische Bedeutung des Laubfalles (Ber. d. deutsch. bot. Ges., vol. XXIIL, 1905, p. 172). Cette opinion de Wiesner, fondée sur mes premiers résultats confirmés par les recherches ultérieures de M. Sücarimne et du D' MonrTenar- TiNI, montre que ce fait de la captation de l'azote par les feuilles mortes est admis maintenant par les physiologistes.

PROPRIËÈTÉS CHIMIQUES DES SOLS FORESTIERS At

l'association de certaines algues avec certaines bactéries fixatrices d'azote (‘). Il semble que les spécialistes auraient profit à porter leurs investigations sur les feuilles mortes des forêts à l’époque où elles sont le siège d’une décomposition active due à des microorganismes aérobies, ceux dont la technique est justement la plus avancée. Cest un milieu qui n’a encore été l’objet d’aucune recherche approfondie et il est probable qu’ils enrichiraient de quelques noms la liste encore bien courte des microbes fixateurs d’azote (?).

72. La forêt accumulatrice d'azote. — 1° C’est dans les forêts de nouvelle création que l’on peut le plus nettement saisir le rôle de la végétation forestière à ce point de vue en comparant le taux d’azote du sol avant le boisement et après.

1. On en connaît quelques-unes. WinocrADsxy, imbu de cette idée que l'assimilation de l'azote doit se faire par des microbes, surtout par ceux auxquels suffit un milieu riche en carbone, mais pauvre en azote, les a cherchés et isolés par la méthode des cultures électives. Il en a trouvé un, le Clostridium pasteurianum, qui peut fixer l'azote en quantité suffisante pour ses besoins depuis le commencement jusqu’à la fin de sa végétation (a).

Dernièrement, M. BEYERINCE (b) a montré que la propriété fixatrice est partagée par d’autres espèces que le Clostridium de Winocrapsxy et, en particulier, par certaines bactéries appartenant au genre Azofobacter. Celles-ci accumuleraient l'azote mis en combinaison par d'autres bactéries (Granulobacter) vivant en symbiose avec elles.

Si l'on veut avoir une idée exacte de l’état actuel de nos connaissances sur cette question encore si obscure des Mäcroorganismes fixateurs d'azote, on consultera avec fruit la brochure portant ce titre que vient de publier M. Lurz (Coulommiers, imprimerie P. Brodard, 1904). Tout récemment vient encore de paraître sur ce sujet un travail de M. WarmBoLp : Unfersuchungen über die Biologie Stickstoffbindender Bakterien, analysé dans la Botanische Zeitung du 16 avril 1906.

Il résulte notamment des recherches de l'auteur que l’optimum de température pour la captation de l'azote est entre 18° et 31°. Elle n'aurait pas lieu au-dessous de 5° et au-dessus de 50°. L'humidité joue aussi, comme le faisaient pressentir mes résultats sur le sable pur et sec, un rôle considérable dans le phénomène.

2. Les fixations d'azote ont eu lieu avant que les feuilles mortes fussent transformées en humus. Elles agissent comme lui à ce point de vue. M. GauriEer prétend (C. R., 1897, p. 1205) que l'azote libre est fixé en quantité appréciable par les algues et les microorganismes du sol, seulement en présence des composés de l’humus, et que l'azote ainsi fixé est directement assimilable par les plantes supérieures.

Si le sol manque d'humus, les organismes variés qui fixent l'azote ne se développent pas en quantité suffisante pour enrichir le sol en azote.

a. Annales de Micrographie, 1896, p. 78.

b. « Ueber oligonitrophile Microben » (Centralbl. f. Bakt.,t. VII, , 1901, p. Pa

L'exemple le plus probant est fourni par l'analyse du sol des forêts domaniales des dunes de Gascogne. Au moment où l’administration y à installé ces pins maritimes qui forment maintenant de magnifiques et productives forêts (*) opposant à l'assaut des sables un obstacle invincible, ces sables ne renfermaient pas trace d’azote organique et l’azote ammoniacal ou nitrique n’y existait sûrement qu’à dose infinitésimale.

Il'est facile de voir ce que la végétation forestière en a fait en un demi-siècle.

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