‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 17 sur 74 · APRES LE PILLAGE · texte numérisé non relu

APRES LE PILLAGE

Les Prussiens ont crié : « Vengeance ! On a tiré ! » Le sang coula. Le vin multiplia l'outrage. Durant deux jours souffla l'irrésistible orage, L eau rouge du ruisseau souilla l'herbe du pré.

La ferme mise à sac, sous son toit effondré. Et les bourreaux aj'ant accompli leur ouvrage. Ils partirent enfin, là-bas, vers le village. Gorgés, mais non repus, en bataillon serré.

Maintenant, derrière eux, la terreur plane encore: Une odeur de cadavre épouvante l'aurore ; Les arbres, sous le vent, font des gestes d'effroi.

Le sol est çà et là taché de flaques sombres :

Tout est silence et mort ! Au milieu des décombres.

Un chien, l'œil aiguisé, dévore on ne sait quoi.

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