‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 18 sur 74 · LE CHENE · texte numérisé non relu

LE CHENE

Ce chêne était la gloire et l'orgueil du village : Les oiseaux, dès l'aurore, aux beaux jours de l'été, Sur sa cime chantaient un hymne à la clarté ; Les âmes des aïeux habitaient son feuillage.

Les enfants connaissaient son histoire, son âge ; Les vieillards, en goûtant son ombrage enchanté, Evoquaient les labeurs de leur maturité. Et la joie ancienne éclairait leur visage.

Mais les soldats germains, bûcherons de l'enfer. Ont abattu sa force et mutilé sa chair : Vers le ciel, leurs obus ont dressé ses racines.

Et comme un vétéran, sans reproche, sans peur.

Foudroyé par le plomb, au milieu des ruines,

Cet arbre millénaire est mort au champ d'honneur.

ANDRÉ FRANCART

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