‹ Les Sonnets de la guerreChapitre 50 sur 74 · LE DEPART DES CANONS · texte numérisé non relu

LE DEPART DES CANONS

Canons dont ce matin la bruyante allégresse Sonnait sur les pavés des routes de Pans, Qui, bondissants, courbiez votre élégant col gris Pour répondre aux saluts d'une fervente ivresse !

Le peuple vous suivait de sa rude tendresse ; Il vous jetait des fleurs, des baisers et des cris ; Vous étiez triomphants sur vos essieux fleuris ; Les fleurs vous recouvraient comme d'une caresse !

Canons français, canons énergiques et beaux ! Puissiez- vous tous creuser, labourer des tombeaux Assez longs et profonds pour qu'à jamais y dorme,

Sans espoir de réveil, le noir colosse énorme. Et que de sa hideur et que de nos douleurs Germe, au prochain printemps, une moisson de fleurs

(20 aout 1914.)

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