‹ Les sonnets de Pétrarque (volume 2)Chapitre 10 sur 155 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

Amants. Orso, comte d'Anguillara, qui estoit lors Sénateur de Rome, luy donna un rubis de 5oo Ducats d'or. Ensuite il fut tiré à quartier, où en présence du Maistre de Cérémonies, des Conservateurs et du Sénateur, il osta sa robbe, et fit des armes, ce qui estoit absolument nécessaire à la cérémonie. On le ramena en suite en présence du peuple, qui luy fit présent de cinq cents Ducats d'or, en reconnaissance de ce qu'il avoit préféré Rome à Paris.

« La cérémonie estant achevée, il remonta dans son Char, et vint rendre grâces à Dieu au Vatican où l'on dit Vespres et Complie, et en suite il descendit chez le Seigneur Estienne Colonna, où on luy donna à souper splendidement, et à la fin du repas, il termina la feste par un balet qu'il dansa en présence des Dames qui estoient assemblées *. »

Des lettres-patentes du même jour le qualifièrent de Grand poëte et historien, lui donnèrent le droit de porter la couronne de laurier, de hêtre ou de myrte, à son choix, et l'habit poétique, et le déclarèrent citoyen romain.

« A dater de ce grand jour du couronnement, les dignités ecclésiastiques qui furent conférées à Pétrarque dans l'église de Parme, et la nouvelle qu'il reçut à Vérone, quelques années après, de la mort de Laure, commencèrent à l'éloigner de la Provence et à

1 Extrait de la préface de Catanusi. — L'abbé de Sade dit que Pétrarque parut au Capitole, précédé de douze jeunes gens de quinze ans habillés decarlate, choisis dans les meilleures familles; que, revêtu de la robe que le roi de Naples lui avait donnée, il marchait au milieu de six principaux citoyens de Rome, habillés de vert, portant des couronnes de fleurs ; qu'il était suivi du sénateur et des principaux du conseil de ville; qu'après son discours, il cria trois fois : Vive le peuple romain! Vive le sénateur ! Dieu les maintienne en liberté! et que, lorsqu'il reçut la couronne des mains du sénateur, le peuple maroua sa joie et son approbation par les cris répétés de : Vive le Capitole et le poëte ! [Mém., Il, p. 2.)

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