‹ Les sonnets de Pétrarque (volume 2)Chapitre 104 sur 155 · LAURE EST TOUJOURS PRESENTE A SA PENSEE · texte numérisé non relu

LAURE EST TOUJOURS PRESENTE A SA PENSEE

Pien de quella ineffabile dolce\\a.

O l'ineffable émoi qiïun beau visage éveille ! Combien de traits si purs mes y eux furent charmés j Volontiers depuis lors je les eusse fermés Pour ne pas regarder une moindre merveille.

Laure m'est si présente et le jour et la veille, Mes désirs les plus chers, mes rêves parfumés Sont à son joug cruel si bien accoutumés Qu'il n'est qu'elle ici-bas pour qui je prie et veille.

Dans un vallon perdu, de toutes parts enclos, Solitude qui sied à mes tristes sanglots, Je suis venu chercher la paix délicieuse.

Là je trouve, à défaut de dames et plaisirs, Des rochers, des ruisseaux, de champêtres loisirs, Et surtout du passé l'image gracieuse.

!'! \l>\\r LA VIE DE LAURE. 20!

Le début de ce sonnet fait allusion à la petite scène décrite dans le précédent et si bien dépoétisée par l'abbé de Sade.

L'idée du second quatrain se retrouve dans un passage des dialogues avec saint Augustin.

« P. S'il n'y a de remède pour moi que d'aimer une autre femme, c'est fait de moi, je suis mort. Mon cœur est plein de Laure ; il ne peut s'attacher à un autre objet. Mes yeux accoutumés à la voir trouvent affreux tout ce qui n'est pas elle. — Saint A. Il faut donc vous chercher des remèdes externes. Pouvez-vous fuir, vous éloigner des lieux où est la cause de votre mal ? — P. Quoique les liens qui m'y attachent soient bien forts, je sens cependant que je puis m'en arracher. — Saint A. Si cela est, j'augure bien de votre guérison ; U n'y a que le changement de lieu qui puisse l'opérer. Vous n'êtes pas en sûreté dans le pays que vous habitez; tout y renouvelle vos plaies : la présence des objets, le souvenir des choses passées, le temps, les lieux ; vous le disiez vous-même dans vos sonnets » (Mém., II, p. 124.)

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