‹ Les sonnets de Pétrarque (volume 2)Chapitre 108 sur 155 · A ANTONIO 1;E BECCARI · texte numérisé non relu

A ANTONIO 1;E BECCARI

Quelle pietose rime, in ch'io m'accorsi.

Ces vers dont j'ai goûté la pieuse harmonie, Dictés par votre cœur et par votre génie, M'ont tellement touché, lorsque je les ai lus, Que je dois apaiser vos regrets super/lus.

Rassurez-vous ,• la mort, que ma lèvre eût bénie, N'a pas voulu finir ma trop longue agonie. Seulement les chagrins qui me sont dévolus M'ont conduit au séjour de ceux qui ne sont plus.

Et du funèbre enclos je passais la barrière,

Quand une sombre voix me retint en arrière :

« Au nombre des vivants reste encor pour souffrir. »

Du terme suis-je prêt, suis -je loin? Je V ignore. Quoi qu'il en soit, merci de ce chant qui m'honore ! A plus digne que moi vous aurie\ pu l'offrir.

PENDAN l LA VIE DE 1 Ai KM .

« Pendant le séjour que tit Pétrarque à Naples. dit l'abbé de Sade, le bruit de sa mort se répandit dans cette partie de l'Italie qui est entre l'Apennin et les Alpes ; on le pleura même à Venise. Antoine de Beccari(ou de Bertajo, suivant Quadrio) , médecin de Ferrare, bon homme à qui on ne pouvoit reprocher que d'avoir l'esprit un peu léger, plus de goût que de talent pour la poésie, se pressa un peu trop de faire en vers la pompe funèbre de Pétrarque... Son poème est allégorique : il représente un deuil formé par plusieurs dames qui ont à leur suite un cortège assez nombreux.

« La Grammaire paroît la première... la Rhétorique vient ensuite... Après cela paroît une suite d'historiens... Et Eutrope les mains jointes et la face couverte. Suivent les neuf Muses déchirant leurs habits, arrachant leurs cheveux... Ensuite on voit la Philosophie en manteau noir, . . onze poètes portant le cercueil. . . Minerve termine la pompe, apportant du ciel la couronne de Pétrarque qu'elle avoit en garde... » (Mém., II, p. 178.)

Pétrarque remercia Beccari de ses bonnes intentions et loua ses vers par politesse.

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