‹ Les sonnets de Pétrarque (volume 2)Chapitre 111 sur 155 · IL SAIT LA CAUSE ET NON LE KEMEDE DU MAL · texte numérisé non relu

IL SAIT LA CAUSE ET NON LE KEMEDE DU MAL

Amor, Fortuna, c la mia mente schiva

Ensemble Amour, Fortune et mon âme constante De l'ennui du présent, du regret du passé M'accablent tellement, qu'à demi terrassé, M' endormir dans la tombe est le bien qui me tente.

Amour ronge ma vie à tous hasards flottante ,• Sans me porter secours Fortune m'a laissé $ Et mon âme s'irrite. Ainsi, toujours blessé, Il faut continuer une lutte attristante.

Et je ne compte pas sur des jours plus heureux ; Plus mon supplice dure et plus il est affreux j Et déjà ma carrière est à moitié remplie.

Mon espérance, hélas ! qui s'échappe en chemin, Comme un verre se brise en tombant de ma main, Et de tous mes penser s la chaîne se délie.

p] NDANT LA VIL DE LAURE. 2 I 7

Avant son adieu à Laure, Pétrarque croyait toucher à sa liberté, car il disait au cardinal : « J'étois retenu par l'habitude, par mon attachement pour vous, par mon amour pour Laure. Mais tout change avec le temps; mes cheveux, en changeant de couleur, m'avertissent qu'il faut que je change de vie et de façon de penser. L'amour ne convient plus à mon âge. Mon ami Azon m'a fait connoître les avantages de notre patrie. L'air y est plus pur, l'eau plus claire, les rieurs plus belles; les roses y ont plus de parfum, les fruits et les légumes plus de goût. Il est temps enfin que j'aille y jouir de la liberté et prendre soin de la sépulture de mon père. » C'est ainsi que Pétrarque s'exprimait, d'après l'abbé de Sade, dans son églogue intitulée Divortium. (Mém., II, p. 221.)

On voit par ce sonnet que l'adieu et l'éloignement ravivèrent sa blessure au lieu de la guérir. Sa passion lui inspira tant de regrets que le cadre du sonnet ne lui suffisait plus. Les canzone s'accumulent dans cette partie du recueil. A celles mentionnées dans la note préliminaire de cette série, se trouvent jointes la XVe dans laquelle il dit qu'il voit partout l'image de Laure, et la XVIIe qu'il consacre aux peines de l'absence.

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