A SES AMIS DE VERONE
Qiianto pik disiose V ali spando.
Plus je tourne vers vous mes ailes désireuses, O douce troupe amie, et plus le sort fatal Oppose à mon essor son caprice brutal, Et méfait égarer sur les routes poudreuses.
Vous ave% pris mes mains dans vos mains généreuses ,• J'ai senti près de vous l'air du pays natal : Mon cœur vous est resté sans nul effort mental ; L'Adige le retient sur ses rives heureuses.
Mais à travers les monts je poursuis mon chemin j Amour m'entraîne encor sous un ciel inhumain , Loin du riant séjour de ceux que je regrette.
Du moins la patience est un soulagement; Car dès longtemps j'éprouve une peine secrète De voir qu'au même lieu nous sommes rarement.
Au lieu de retourner à Parme, qui était bloquée de toutes parts, Pétrarque, en quittant Vérone, reprit le chemin de Vaucluse par la Suisse. « Guillaume de Pastrengo voulut absolument l'accompagner, dit l'abbé de Sade. Ils allèrent coucher à Peschiera, à cinq lieues de Vérone, petite ville placée sur le lac de Garde, à l'endroit où le Menzo en sort. C'est la plus jolie situation qu'on puisse voir. Ils y passèrent la plus grande partie de la nuit à causer ensemble. Le lendemain ils partirent à la pointe du jour ; quand ils furent sur les confins du Véronois et du Bressan, où ils dévoient se séparer, Pétrarque au désespoir sauta au cou de Guillaume, et lui dit en pleurant : « Cher ami, c'est avec « une peine extrême que je me sépare de vous pour re- « tourner dans une terre étrangère : je ne vous reverraf « peut-être plus; mais je vous aimerai toujours. Ni le « temps ni l'éloignemént ne pourront effacer des sen- « timents profondément gravés dans mon cœur. Con- « servez-vous et ne m'oubliez pas. » Guillaume de Pastrengo n'avoit ni la force de parler ni celle de se séparer de cet ami qu'il tenoit toujours embrassé; il fallut que les gens qui le suivoient l'arrachassent de ses bras avec violence. »
C'est en continuant sa route que Pétrarque exprima le regret de quitter ses amis.