A SENNUCCIO DEL BENE, EN EXALTANT LA BEAUTE DE LAURE
Ne cosi bello il sol giammai levarsi.
Le soleil luit au ciel de ses plus beaux rayons, Lorsqu'il sort triomphant de la brume neigeuse; Et Dieu dessine, après une pluie orageuse, L'arc le mieux nuancé par ses mille crayons.
Lors du trouble ingénu dont nous nous effrayons, Ainsi brilla le teint de la dame ombrageuse Ou de Fange (ma voix n'est pas trop louangeuse) Le plus candide et pur qu'ici-bas nous ayons.
Puis Amour fit sur moi tourner d'un air si tendre Les beaux yeux, que dès lors je ne puis rien attendre De tout autre regard, quelque charme qu'il ait.
Sennuccio,je le vis, je vis le trait qu'il lance, Si prêt à me percer que j'en tremble en silence ,- Et pourtant ce danger me fascine et me plaît.
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A mesure que Pétrarque avançait en âge, la pensée de Dieu se mêlait davantage à son amour. Voici ce qu'il disait dans la sextine V placée avant le sonnet CXI :
« Les forêts, les rochers, les champs, les fleuves et les coteaux, tout ce qui est créé subit l'action du temps ; tout se transforme : aussi je demande pardon à ces feuillages (ceux du laurier), si, après maintes années révolues dans le ciel, je me suis préparé à fuir leurs rameaux englués, sitôt que j'ai commencé à voir la lumière.
■ Je fus tellement séduit d'abord par leur brillant aspect, que je gravis avec plaisir de très-grandes hauteurs pour atteindre ces bien-aimés rameaux. A présent la vie courte et le lieu et le temps m'enseignent un autre chemin, celui qui conduit au ciel, celui où l'on recueille des fruits, et non pas seulement des rieurs et des feuillages.
a Un autre amour, d'autres ombrages, une autre lumière et une autre route sur d'autres sommets pour m'élever à Dieu, voilà ce que je cherche (il en est temps), et aussi de nouveaux rameaux. »