IL EXALTE LA BEAUTÉ ET LA VERTU DE LAURE
In quai parte del ciel, in quale idea.
Quelle sphère du ciel a fourni le modèle
Que la nature a pris pour ces gracieux traits?
Ils semblent ici-bas formés tout exprès
Pour nous montrer d'en haut la puissance immortelle.
Quelle nymphe des bois ou des eaux livre-t-elle Des cheveux d'or si fins aux \éphirs indiscrets P Quel cœur séduit les cœurs avec autant d'attraits, Quoiqu'il soit sans pitié pour le mien trop fidèle !
Celui-là cherche en vain la divine beauté, Qui n'aperçoit jamais tournés de son côté Les yeux de cette dame avec leur douce flamme.
Il ne sait pas comment Amour blesse et guérit, Celui qui ne sait pas comme elle parle et rit, Ni quel soupir suave échappe à sa belle âme.
Lamartine, grand admirateur des sonnets de Pétrarque, et qui leur a consacré deux livraisons de son Cours familier de littérature, tome VI, i858, cite ce sonnet pour compléter son portrait de Laure, lequel portrait ne diffère que par l'expression de celui de Pabbé de Sade, reproduit en regard du sonnet LVII. L'illustre poète de Saint- Point a écrit sa Vie de Pétrarque en effleurant les Mémoires de l'abbé de Sade. Son travail porte malheureusement l'empreinte d'une fâcheuse précipitation. Par exemple il dit page 6 que Pétrarque naquit à Florence et, cinq lignes plus loin, qu'il reçut le jour dans la ville d'Arezzo. Il nous présente le mari de Laure comme incapable de jalousie, page 20, et, page 26, il nous apprend que ce mari est devenu jaloux.
Malgré la rapidité de la composition et de trop fréquents sacrifices à la musique de la phrase, Lamartine a semé quelques fleurs de son imagination sur la vie de Pétrarque et sur la tombe de Laure. Je les cueillerai pour les offrir au lecteur.