IL FAIT PARTAGERA L'AMOUR. SON ADMIRATION POUR LAURE
Amor ed io si pien di maravigiia.
Nous regardions ma dame avec étonnement : Pour l'Amour et pour moi c'était une féerie. Quel prodige, en effet ! Soit qu elle parle ou tie, Elle est inimitable et plaît infiniment.
Du beau calme des cils s'échappe par moment Un vif éclair auquel la douceur se marie, Et pour Vâme qui cherche une route fleurie Un guide plus certain n'est pas au firmament .
Quel plaisir de la voir s'asseoir sur la pelouse ! De son candide sein Véglantine est jalouse Quand sa main la dérobe aux buissons verdoyants.
Quel spectacle enchanteur quand, seule et recueillie, Un beau matin de mai, d'un doigt blanc elle lie Dans un cercle de fleurs ses cheveux ondoyants l
« Pétrarque, dit l'abbé de Sade, nous apprend que Laure quelquefois, pour relever l'éclat de sa belle che velure,, y mêloit des perles, des pierreries et des fleurs. Souvent elle laissoit flotter ses cheveux et cela lui seyoit bien. Ils étoient flottants la première fois que Pétrarque la vit. Quelquefois elle les renouoit avec une grâce, une élégance qui étoit admirée de tout le monde.
« Suivant l'usage de ce temps-là, elle portoit ordinairement une couronne d'or ou d'argent. On voit par le sonnet [ci-contre] qu'elle y substituoit quelquefois une guirlande de fleurs qu'elle cueilloit elle-même dans les champs, quand elle alloit se promener dans la belle saison. » {Mém., II, p. 462.)
L'abbé de Sade ajoute en note que Paul de Sade, dans son testament, déclare avoir reçu pour sa cou-N ronne dotale vingt florins d'or. Du Cange cite dans son Glossaire un statut de 1283 qui défendait aux bourgeoises de porter couronne d'or ne d'argent.