‹ Les sonnets de Pétrarque (volume 2)Chapitre 142 sur 155 · LAURE JALOUSE · texte numérisé non relu

LAURE JALOUSE

O invidia, nemica di virtute

O sentiment jaloux, ennemi de vertu, Qui troubles méchamment les 'préludes d'ivresse, Par quel sentier secret, -par quelle insigne adresse Entras- tu dans son sein et le transformas-tu ?

Levant le voile épais dont j'étais revêtu, Tu me montras heureux près d'une au tre maîtresse. Depuis lors ses beaux yeux, sa voix enchanteresse Refusent de charmer mon esprit abattu.

Mais du bien qui m' arrive en vain pleurerait-elle,

En vain elle rirait de ma pâleur mortelle,

Son culte chaste et pur dans mes chants prévaudra

Bien que cent fois le jour elle me brise l'âme, Ses dédains ne pourront diminuer ma flamme; Et, si le cœur me manque, Amour me soutiendra.

PENDANT LA VIE DE LAURE. 3oi

L'abbé de Sade nous a révélé ce qui motivait la jalousie de Laure : voir la note préliminaire de la deuxième série.

Dans le commentaire du sonnet CXXV, j'ai donné un spécimen de la traduction de M. Poulenc. En voici un second; et nombre de sonnets en fourniraient de non moins étranges :

Toi seule mon salut as bien déraciné, Par trop heureux amant en cherchant à me faire, A celle qui longtemps ma bien chaste prière A vu d'un œil serein, maintenant indigné.

Il faut traduire cette traduction pour la comprendre. Voilà ce que M. Poulenc a voulu dire : Toi seule [jalousie) as bien déraciné mon salut , en cherchant à me mon-^ trer amant par trop heureux, aux yeux de celle qui longtemps a vu d'un œil serein, maintenant indigné, ma bien chaste prière.

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