‹ Les sonnets de Pétrarque (volume 2)Chapitre 17 sur 155 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

cru tenir l'objet de leur rêve; mais les Laures de leur

invention se sont toutes évanouies l'une après l'autre.

Il en est jusqu'à cinq que je pourrais citer :

i° Laure de Chiabau, fille du seigneur de Cabrières, découverte en 1 620 par Velutello ;

20 Laure des Baux, de la maison d'Orange, découverte en 1 8 1 9 par l'abbé Castaing de Pusignan ;

3° Laure de Sade, sœur d'Hugues de Sade, découverte en 1841 par PAnglo-Français Bruce-Whyte. Cet écrivain ne s'est pas soucié de l'honneur de Pétrarque; mais un moraliste, nous le verrons dans un instant, s'est emparé de sa Laure et veut la ressusciter. C'est pourquoi nous lui donnons rang ici.

40 Laure Isnard, fille d'un coseigneur de Lagnes, découverte en 1842 par M. d'Olivier- Vitalis ;

5° Laure d'Ancezune, fille du seigneur de Lagnes, découverte en 1873 par M. Louis de Baudelon (l'abbé André).

Cette dernière est déjà oubliée. Dans une publication de 1875, Fête de Pétrarque en Provence, l'auteur anonyme de l'Introduction revient à la Laure n° 3. Il dit que le doute qui existait entre Laure de Sade, sœur d'Hugues de Sade, et Laure de Noves, sa femme, «paraît décidément tranché dans le sens le plus digne de la gloire du poète, » c'est-à-dire, suivant lui, dans le sens du célibat de Laure, et il renvoie le lecteur à Y Histoire des Langues romanes, de Bruce-Whyte.

Est-il possible qu'un ami de Pétrarque invoque une telle autorité? Le chapitre consacré dans ce livre à Pétrarque et à Laure est un abominable pamphlet. Ce Bruce-Whyte, torturant à plaisir le texte du Canqoniere, fait du chaste Pétrarque un séducteur vulgaire et de Laure une fille très-légère, qui ne refuse rien à son amant1. A propos des mots crebris PTBS (couches fréquentes), il va jusqu'à dire que, même en supposant

1 Hist. des langues romanes, t. III, p. 356 et 36o.

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