IL EXALTE LE BOURG OU NAQUIT LAURE
Quel clï in finit a providen\a, cd arte.
Celui qui créa tout avec ordre et mystère, Qui tira du néant ce globe spacieux, Ces astres suspendus à la voûte des deux. Tout ce qui vit dans Veau, dans l'air et sur la terre ;
Quand il vint accomplir son œuvre humanitaire;
Quand il régénéra ce monde vicieux^
Il fit ouvrir le ciel, séjour délicieux,
Aux pêcheurs Pierre et Jean, hommes de vie austère.
De sa naissance à Rome il ne fit pas honneur; Mais à rhum b le Judée il donna ce bonheur : Grandir l'humilité plut toujours à son âme.
Et voilà qu'en un bourg un soleil nous est né, Si beau que la nature et ce lieu fortuné Sont fiers d'avoir vu naître une si belle dame.
Les mots picciol borgo du texte italien ont favorisé l'opinion qui fait naître Laure au village de Cabrière. Mais cette expression peu précise de borgo peut s'entendre aussi bien d'un faubourg d'Avignon et d'Avignon même. L'abbé de Sade, dans une dissertation copieuse (note VI), s'est appuyé non-seulement sur cette interprétation, mais aussi sur plusieurs passages des œuvres de Pétrarque et surtout sur le sonnet trouvé dans le tombeau de Laure pour faire honneur de sa naissance à la ville d'Avignon. Ce sonnet, dont il démontre aussi l'authenticité (note IV), et qui est attribué soit à Pétrarque soit à un de ses amis, ne laisse aucun doute; le premier tercet porte :
Felice pianta in borgo d'Avignone
Nacque e mort... *
On trouvera le texte entier avec traduction dans le commentaire qui commence au sonnet CCXC.