EN ENVOYANT DES FRUITS A UN AMI
Quando 7 pianeta che dislingue V ore.
Quand l'astre mesurant les heures fugitives Ramène avec avril les premières chaleurs, — Revêtant Vunivers de nouvelles couleurs, Une vertu descend de ses flammes actives.
Non-seulement alors sur les rives plaintives, Sur les riants coteaux elle sème des fleurs ; Mais encore au dedans du sol mouillé de pleurs Elle va remuer les sèves productives.
De là naissent ces fruits qui te sont présentés. Ainsi celle qui brille à mes yeux enchantés Est vraiment un soleil près de toute autre dame.
Et ses doux feux pourront m'inspirer désormais Des paroles, des vœux, des élans d'amour ; mais C'est fait de mon printemps, de ma jeunesse d'âme.
l'KVDANT LA VIE DE LAURE.
L'abbé de Sade croit que ce sonnet, comme le précédent, s'adresse à l'évêque de Lombez et qu'il s'agit d'un présent de truffes. Voici, sur ce dernier point, comment il justifie son opinion (I, p. 188) :
« Quelques Italiens disent avoir vu écrit de la main de Pétrarque, a la marge de ce sonnet : Tuberorum munus, présent de truffes. Il y en a qui disent que c'étoient des asperges; d'autres des champignons. Tout cela est dit au hazard : j'ai cru devoir préférer les truffes, à cause de la note de Pétrarque. »
On a objecté avec raison que les truffes se récoltent à l'automne et au commencement de l'hiver; mais on a répondu que dans les pays chauds on en trouve toute l'année, surtout des blanches. Cette question, du reste, n'a guère plus d'importance que celle qui fut tranchée par le fameux vers de Berchoux :
Et le turbot fut mis à la sauce piquante.
A ETIENNE COLONNA, EN L INVITANT A LA CAMPAGNE Gloriosa Colonna, in cui s' appoggia.
Glorieuse Colonne, en laquelle repose L'espoir de VItalie et d'un grand nom latin, Toi qu'en vain l'ennemi de tout noble destin Voudrait faire incliner vers le mal qu'il propose!
Ton esprit éminent se trompe s'il suppose Ici palais, théâtre, et nopces et festin. Un if, un pin, un hêtre et l'horizon lointain, Tels sont les seuls attraits dont ce lieu se compose.
De plus, un rossignol qui chante à plein gosier Ses amours et son nid cachés dans un rosier, De volupté rêveuse émeut et remplit l'âme.
Oui, dans cette villa tout me charme et me plaît. Mon bonheur cependant ne peut être complet Sans toi, mon cher seigneur , que l'amitié réclame.
PENDAN I LA Vil Dl l A.URE.
Voir au sujet de la Glorieuse Colonne la note du sonnet V.
m Quelle fut la joie de Pétrarque lorsqu'il vit arriver à Avignon le père de ses maîtres, cet homme célèbre par son courage et ses ressources dans les cruelles extrémités où le réduisit la rage de Boniface VIII, Etienne Colonne, en un mot ! Les troubles de Rome qui continuoient toujours, l'attirèrent cette année (i33i) a la cour du pape, où il vint concerter avec lui les moyens de rétablir la paix dans sa patrie... Pétrarque brûloit de connoître un héros dont il avoit conçu la plus haute idée... Sa présence ne fit qu'accroître l'admiration et le respect de Pétrarque, qui s'insinua dans ses bonnes grâces, au point qu'il en fut bientôt traité comme un de ses propres enfants. » (Mém., I, p. 174.)
Ce héros, que l'on nommait le vieil Etienne, était le père de Jacques, évêque de Lombez, l'ami de Pétrarque et du cardinal Jean, son Mécène.
X (bis)