IL SE COMPARE AU PAPILLON
Son animait al monda di si altéra.
Il est des animaux dont la vue impassible Peut fixer le soleil avec impunité.
Il en est quelques-uns nés pour l'obscurité : Un rayon blesserait leur paupière sensible.
D'autres enfin qu'entraîne un désir inflexible
S' "approchent de la flamme avec témérité.
Au nombre de ceux-ci je dois être cité,
Moi qui cours à ma perte en cherchant l'impossible .
Car je n'ai pas la force, après tant de tourments, De soutenir l'éclat de vos regards charmants, Ni de fuir le danger que sans profit j'assume.
Ainsi, quoique mesyeux soient faibles et discrets. Le désir me conduit à contempler vos traits; Je poursuis follement le feu qui me consume.
PJ NDAN I LA VIE DE LAURE. 41
L'allusion, laite en ce sonnet à l'imprudence des papillons, me permet de rappeler la fin de celui dont les aventures ont été racontées par sa gouvernante avec la plume de Stahl et le crayon de Granville.
« L'insensé ne m'écoutait plus ; il avait aperçu la vive lueur d'un bec de gaz qu'on venait d'allumer, et, séduit par cet éclat trompeur, enivré par l'éblouissante lumière, je le vis tournoyer un moment autour d'elle, puis tomber...
« — Hélas! me dit-il, ma pauvre mie, soutiens-moi. cette belle flamme m'a tué, je le sens, ma brûlure est mortelle; il faut mourir, et mourir brûlé!..
« — Détrompe-toi, lui dis-je; on croit mourir, mais on ne meurt pas. La mort n'est qu'un passage à une autre vie.
« Et je lui exposai les consolantes doctrines de Py-" thagore et de son disciple Archytas sur la transformation successive des êtres, et, à l'appui, je lui rappelai qu'il avait été déjà chenille, chrysalide et papillon. » (Vie privée et publique des Animaux, 1867, p. 97. — Voir le sonnet CX.)