‹ Les sonnets de Pétrarque (volume 2)Chapitre 50 sur 155 · POUR LAURE GRAVEMENT MALADE · texte numérisé non relu

POUR LAURE GRAVEMENT MALADE

Quest' anima gentil, che si diparte.

Si cette âme d'élite abandonne la Terre, Et que dans Vautre vie elle aille avant le temps, Dieu la fera placer y cette fleur du printemps, Dans le plus beau séjour du monde planétaire.

Si V étoile de Mars est ce lieu de mystère, Les rayons du Soleil seront moins éclatants, Quand les anges viendront, en nuages flottants, Subir de sa beauté le charme involontaire.

Si le globe suivant devient son paradis,

Les trois premiers dans l'ombre erreront engourdis ;

Qu alors le quatrième à toute gloire aspire !

Quant au cinquième cercle, on ne peut l'habiter. Mais jusqu'à Jupiter si Dieu la fait monter, Cet astre éclipsera tout le céleste empire.

PENDANT LA VIF. DF. LAURE. 5q

a Ce sonnet si alambiqué. dit avec raison l'abbé de Sade, si peu propre à exprimer la douleur d'un amant qui craint de perdre tout ce qu'il aime, porte sur une vision de Platon, et avant lui de Pythagore. Ces philosophes croyoient que les âmes heureuses et pures, après avoir brisé leurs liens terrestres, alloient se placer dans quelque étoile.... (V. le sonnet CCXLVI II.)

« La ville d'Avignon essuya cette année ( 1 3 3 4) une espèce de fléau fort singulier. La chaleur et la sécheresse y furent excessives, au point que les personnes de tout âge et de tout sexe y changèrent de peau comme les serpents. Celle du visage, du col et des mains tomboit par écailles. La populace, saisie par une espèce de frénésie, couroit les rues, nue jusqu'au nombril, armée de fouets dont elle se déchiroit les épaules, demandant à grands cris la pluie et la fin de cette horrible calamité... La complexion de Laure était trop délicate pour qu'elle pût soutenir une si grande intempérie de l'air... Elle fut attaquée d'une maladie violente... » (Mém., I, p. 236.)

f>0 LES SONNETS DE PETRARQUE

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