L ORAGE SE SOULEVE AU DEPART DE LAURE
Quando dal proprio sito si rimove.
Lorsque change de cours cet astre qu 'Apollon Dans son exil aima sous une forme humaine, En son antre Vulcain soupire et se démène Pour raviver les traits qui suivent l'aquilon.
Tantôt tonnant , tantôt lançant neige et grêlon, Jupiter en courroux visite son domaine ; La terre a froid; l'air pleure, et Phébus se promène Sans daigner regarder dans le fond du vallon.
• Alors Saturne et Mars, deux cruelles étoiles, Brisent les avirons et déchirent les voiles Du malheureux marin qui brave leur pouvoir.
Eole déchaîné fait sentir à Neptune,
A Junon comme à nous que tout est infortune.
Quand nous sommes privés du bonheur de vous voir
Laure fut sans doute très-flattée de la perturbation que son absence causait dans le monde éthéré. Mais quelques mots de tendresse et de regrets l'auraient plus touchée que cet étalage astronomique. En pareil cas l'émotion du cœur vaut mieux que la recherche de l'esprit.
Un rimeur burlesque du dix-septième siècle a peint à sa manière les ennuis de l'absence :
Les prés n'ont point tant de brins d'herbeî
Les granges n'ont point tant de gerbes,
La mer n'a point tant de poissons,
Ni la fièvre tant de frissons,
Les palais n'ont point tant de marbres.
Ni les forests tant de pieds d'arbres,
Que j'ai d'ennuis et de tristesse.
Absent de ma chère maîtresse.
Que l'on se figure à la place des points une kyrielle interminable de dictons et quolibets populaires, plus de 25o vers jetés dans le moule des six premiers, et l'on jugera de quelle humeur dut être accueilli le compliment final, si longtemps attendu!