‹ Les sonnets de Pétrarque (volume 2)Chapitre 60 sur 155 · CALME DU CIEL AU RETOUR DE LAURE · texte numérisé non relu

CALME DU CIEL AU RETOUR DE LAURE

Ma poi che 7 dolce riso umile e piano.

Mais depuis que vos yeux et votre beau visage Reparaissent ici plus charmants que jamais, C'est en vain que Vulcain essaierait désormais D'allumer ses fourneaux comme un triste présage.

De ses traits Jupiter ne veut plus faire usage. DansVa\ur sont baignés les plus altiers sommais, Et sous tes chauds regards, Apollon, tu promets De rajeunir bientôt le morne paysage.

Des bords de l'occident souffle un air embaumé

Qui parsème de fleurs le ga\on ranimé,

Qui permet aux vaisseaux de voguer sans alarmes.

De tous côtés s'en vont les astres malfaisants, Dispersés à l'aspect de vos traits séduisants, Pour lesquels ont coulé naguère tant de larmes.

Pétrarque chante le retour de Laure, à peu près comme il a chanté son absence. Il semble qu'Eustachio Manfredi se soit inspiré de ces deux sonnets pour célébrer les yeux de sa Phyllis. Son sonnet, dont voici la traduction, peut être cité comme le nec plus ultra du genre madrigal.

L'aube allait des monts bleus dessiner le contour. Jetais avec Phyllis assis au pied d'un frêne; J'écoutais ses accents doux dans la nuit sereine, Et du jour, pour la voir, j'implorais le retour.

De peur de réveiller les échos d'alentour, Tout bas je lui disais : Ma jeune souveraine, Tu verras comme belle est l'aurore, la reine Devant qui pâlira chaque étoile à son tour.

Ensuite tu verras le soleil qui dans l'ombre Fera rentrer l'aurore et les astres sans nombre, Tant est puissant l'éclat de son rayon vermeil !

Mais tu ne verras pas ce qui sera sans voiles Pour moi seul : tes beaux yeux qui feront du soleil Ce qu'il fait de l'aurore et des blanches étoiles !

8o LES SONNETS DE PETRARQUE

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