AUTRE INVECTIVE CONTRE LES MIROIRS
L'oro e le perle, e ifior vermigli e i blanchi.
Les perles, les rubis, Vor et les beaux calices Des fleurs que les frimas n'osent pas dessécher, Tout cela rfest qu épine et ne peut me toucher, Car je ne prise pas les vulgaires délices.
Aussi me s jour s, mes ans passent dans les supplices; L'infortune, il est vrai, saura m'en retrancher. Mais j'en accuse moins votre cœur de rocher Que ces flatteurs de verre et leurs surfaces lisses.
N'ont-ils pas imposé silence à mon seigneur? Que vous aurait-il dit pour moi, pour mon bonheur, En voyant au miroir vos airs de complaisance :}
Dans les eaux de Vabime instruments fabriqués,
A l'éternel oubli monstres qui provoque^,
C'est de vous que mes maux ont dû prendre naissance
« Parlons sérieusement, continue l'abbé de Sade : Laure par sa conduite ne donna point de prise aux soupçons jaloux. Son amant et son mari avoient tort s'ils connoissoient d'autre jalousie que celle qui est inséparable de l'amour. Rien de plus innocent, de plus simple que la vie qu'elle menoit. Toujours renfermée dans sa maison, uniquement occupée de l'éducation de ses enfants, des soins de son ménage, elle ne sortoit que pour remplir quelques devoirs de société, ou pour s'assembler avec ses amies avec qui elle faisoit quelquefois des parties de promenade. » (Mém., II, p. 485.)
Narcisse, dont la métamorphose est rappelée dans le sonnet précédent, a souvent inspiré les poètes. Voici un joli sixain extrait de la Guirlande de Julie par Habert :
Epris de l'amour de moi-même, De berger que j etois, je devins une fleur.
Faites profit de mon malheur, Vous que le ciel orna d'une beauté suprême ;
Et pour en éviter les coups, Puisqu'il faut que tout aime, aimez d'autres que vous.
Au neuvième vers, traduit exactement : Questi poser silen^io alsignor mio, seigneur est synonyme d'Amour.