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Perch' io t'abbia guardato di men\ogna.
Toi que j 'ai de mensonge et de propos futile Gardée, ingrate langue, enfuyant V air des cours. Loin de me faire honneur par de nobles discours, Tu ne sais m'attirer que le sourire hostile.
Quand pour dire merci tu me serais utile, C'est alors que surtout me manque ton concours >• Tu ne trouves alors que des mots froids et courts, Comme un homme qui rêve ou sans esprit fertile.
Tristes larmes ! et vous, mes compagnes des nuits, Quand je veux être seul vous double^ mes ennuis ,■ Et vous ne coule\ plus quand je suis devant elle.
Et vous, soupirs, si prompts à réveiller mes maux, Vous vous glisse^ à peine entre deux ou trois mots ,• Mes traits témoignent seuls de ma peine mortelle.
« Un jour, dit l'abbé de Sade, Pétrarque, plus hardi qu'à l'ordinaire, entreprit d'entretenir Laure de sa flamme et de sa souffrance au milieu des rigueurs dont elle l'accabloit, il vouloit lui reprocher la façon dont elle traitoit l'amant le plus fidèle et le plus discret; mais à peine eut-il ouvert la bouche que Laure, connoissant à son air ce qu'il vouloit dire, le quitta sur le champ, et lui défendit de paroître jamais devant elle. » (Mém., I, p. 298.)
L'abbé de Sade a vu cette défense dans la quatrième ballade, dont voici la traduction :
« Bien qu'à tort elle me prive de ce qui m'a séduit, dans mon ferme vouloir je reste inébranlable. — Dans les cheveux d'or elle a caché le lacs avec lequel m'étreint Amour, et des beaux yeux elle a fait jaillir le froid regard qui m'a percé le cœur... — Hélas! de ces blonds cheveux m'a été ravie la douce vue, et, changés pour moi, ces deux flambeaux honnêtes et charmants m'attristent par leur fuite... »