‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 15 sur 113 · PANEGYRIQUE DE LAURE · texte numérisé non relu

PANEGYRIQUE DE LAURE

Tra quantanque leggiadre donne e belle.

Quelque belles que soient les dames rassemblées, Quand parait celle-ci, plus gracieuse encor, Leur vif éclat pâlit devant un tel trésor, Comme devant le jour les étoiles troublées.

Et ces prédictions me semblent révélées : Tant que Laure vivra, nous aurons l'âge d'or; Ensuite les fléaux reprendront leur essor, Et l'amour s'enfuira des âmes désolées.

Si le soleil cessait d'éclairer l'univers, La terre de sourire avec ses galons verts Et la mer d'agiter son écumante lame;

Si l'homme était privé de langage et d'abri,

Le monde en vérité serait moins assombri

Que si, clos pour jamais, cesy eux perdaient leur flamme

Il est convenu que les sonnets de Pétrarque ne sont pas sans défaut. MM. Lafond débutent par cette concession dans l'intéressant extrait que je leur emprunte:

« Sans doute, il y a, quelquefois, du mauvais goût, de l'obscurité et des concetti blâmables dans les sonnets de Pétrarque ; mais ces défauts étaient ceux de son temps; sans doute, le poëte parle un peu trop souvent de la glace ou de la flamme qu'il ressent tour à tour; mais cette comparaison n'est-elle pas quelquefois vraie? Nous en appelons à tous ceux qui ont le bonheur ou le malheur de s'en souvenir ou de l'éprouver. Puis, combien ces défauts, qui déparent quelques sonnets, sont rachetés par la grâce, la tendresse et la délicate énergie de cette poésie enchanteresse, sous laquelle il nous semble voir circuler la passion la plus vive et la plus vraie, comme on voit circuler un sang pur sous une peau transparente. Cette belle langue italienne devient un véritable instrument de musique entre les mains de Pétrarque; il s'accompagnait de son luth en composant ses sonnets ; il en composait en même temps l'air et les paroles, et des rapsodes errants allaient les chanter par toute l'Italie. » (Dante. Pétrarque..., p. 1 13.)

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