ADVIENT QUELQUE FAVEUR DES YEUX DE LAURE
O dolci sguardi, o parolette accorte.
O regards bien -aimés! u chants délicieux! Dois-je encor vous revoir, dois-je encor vous entendre? Et vous, ô cheveux blonds, pour capter mon cœur tendre Fere^-vous voltiger vos anneaux gracieux?
O visage charmant qui promettais les deux, Et qui m'appris combien il est cruel d'attendre; Doux artifice, et vous, pièges qu'Amour sait tendre, Rendez-moi vos attraits quoique fallacieux !
Vain désir! le destin à présent m'importune. Si par hasard m arrive une bonne fortune, Si pour moi les beaux y eux brillent moins durement,
Mes rêves de bonheur tout aussitôt s'arrêtent : Voici que des coursiers ou des barques s'apprêtent, Et qu'il me faut partir au plus heureux moment.
« rance. Quelques femmes se sont mal trouvées d'être « trop belles. Laure est plus belle, plus chaste que les « autres. Peut-être Dieu a-t-il voulu l'enlever à la « terre, pour la placer dans le ciel ! Si cela est, mes « plaisirs et mes tourments vont finir avec ma vie. « Cruel départ ! pourquoi m'éloigner d'elle, si je devois « la perdre sitôt? Ma course est finie au milieu de ma « carrière. » [Sonnet CCXVI.] (Mém., t. II, p. 387 et 446.)
Ces imitations ne comprennent pas le sonnet CCXV; l'abbé de Sade l'a traduit en vers.
Gesualdo a commencé son commentaire du sonnet CCXI par les lignes suivantes sur la dernière entrevue :
« Stimiamo che qaando il Poeta di Proven^a si parti per venir e in Italia, et per non riveder mai più la cara sua donna, perche morte vi s'interpose, prima che si partisse, andasse a vederla, si corne havea lin costume nel suo dipartire; onde dimostra qui, che trovatala tra l'altre donne, non con la usata leggiadria, ne col volto lieto, ma grave e pensosa corne colei che benche non fosse anchore inferma, era già per cadere ne l'ultima infermitate, tanto dolce pietate gliene strinse il cuor e tanto dubbio del futur 0 maie di lei e suo, che partitosi, ovunque si fosse, la rivedea, quale lasciata l'havea : E continoamente notte e giorno, e vegghiando, e dormendo era in paura, ch' ella non venisse finalmente a morte. » (F. 265.)
Pétrarque était d'autant plus frappé de son presser) -