‹ Les sonnets de PétrarqueChapitre 61 sur 113 · TRISTESSE ET REGRETS · texte numérisé non relu

TRISTESSE ET REGRETS

Ne per sereno ciel ir vaghe stelle.

Ni sur les flots calmés le sillon des vaisseaux, Ni l'astre dans la nuit poursuivant sa carrière, Ni le chevauchement d'une troupe guerrière, Ni la biche qui fuit parmi les arbrisseaux ;

Ni les récits d'amour sous les nobles arceaux, Ni le ciel exauçant une ardente prière, Ni les dames jouant dans la verte clairière Et mêlant leur voix douce à celle des ruisseaux j

Ni rien au monde enfin au cœur ne peut m'' atteindre, Tant celle que je pleure en mourant sut éteindre La flamme du désir qu'en ses yeux j'allumais.

Vivre m'est un supplice, et je n'ai qu'une envie, C'est de bientôt rejoindre en quittant cette vie Celle que j'aurais dû ne connaître jamais.

Lamartine a consacré les lignes suivantes au sonnet qui précède et à celui-ci :

« La consonnance ou la dissonance déchirante des chants du rossignol avec les gémissements muets du cœur blessé pendant les nuits d'insomnie est admirablement éprouvée dans quelques vers d'un des sonnets sans doute écrits dans un des retours de Vaucluse.

« Ce rossignol qui sanglote si mélodieusement, « peut-être sur la perte de ses petits ou de la chère « compagne de son nid, remplit l'air, le ciel et la val- « lce de notes si attendries et si tronquées par ses souci pirs qu'il semble accompagner toute la nuit mes pro- « près lamentations et me remémorer ma dure des- « tinée. »

« Dans un des sonnets qui suivent (celui ci-contre), les plus splendides visions de la terre lui reviennent en mémoire, mais pour pâlir et se décolorer dans la nuit actuelle de son âme. « (Cours fam., VI, 85.)

Virgile s'est aussi servi de la plainte du rossignol dans une comparaison :

Qualis populea mcerens Philomela sub umbra Amissos queritur fœtus...

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